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Dossier : Coronavirus

L'inquiétude des soignants du CHU de Nancy face au coronavirus

Trois patients atteints du coronavirus sont hospitalisés au CHU de Nancy et le développement de l’épidémie pose des questions parmi le personnel soignant. La direction va tenter de répondre aux interrogations en informant les agents de l’hôpital public sur le Covid-19.

Coronavirus : les agents du CHU de Nancy se posent des questions selon les syndicats.
Coronavirus : les agents du CHU de Nancy se posent des questions selon les syndicats. © Radio France - Thierry colin

sLe service des maladies infectieuses et tropicales du CHU de Nancy accueille trois patients, un père, son fils mais aussi sa compagne, victimes du coronavirus, tous trois originaires de l'Aisne et la perspective du développement de l’épidémie du Covid-19 pose des questions parmi le personnel soignant. Les principaux syndicats s'inquiètent : CFDT et CGT attendent des précisions dans un hôpital public à flux tendu depuis des mois avec comme perspectives les suppressions de postes.

On est la première parade, nous sommes les plus exposés

La direction va tenter de répondre aux interrogations en informant les élus du personnel, ce mardi, au cours d’un Chsct extraordinaire (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail). 

Les 8 000 agents de l’hôpital public se voient aussi proposer une réunion d’information sur le Covid-19, ce mercredi en début d’après-midi à la faculté de médecine. Une réunion similaire aura lieu le soir même à 20H30 à la faculté de médecine de Nancy pour informer les professionnels de santé. 

Ce n’est pas de remerciement dont on a besoin, mais de moyens physiques, matériels et humains pour soigner les gens 

Pour les syndicats, les 12 000 salariés du CHU de Nancy ont besoin d’informations précises. Pour Sophie Perrin Phan Dihn, responsable de la CGT au CHU de Nancy «Les agents se posent des questions. On est la première parade, c'est nous qui sommes les plus exposés. On n'a pas du tout de consignes de nous équiper préventivement dans les services classiques. On travaille tellement en flux tendu que le moindre grain de sable qui vient perturber le quotidien du fonctionnement de l'hôpital, c'est la panique et on ne s'en sort pas. 

Face à un afflux massif, l'hôpital n'est pas prêt selon la CGT

Une infirmière qui craint un développement massif de l’épidémie : «L'hôpital n'est pas prêt à accueillir ce genre de chose, vues les restructurations, vues les suppressions de personnel qui ont eu lieu ces derniers mois et qui continuent encore. Le CHU de Nancy n’est pas prêt, à mon avis, pour accueillir ces patients potentiellement atteints.» 

Et l’infirmière d’ajouter, avant de se préparer à manifester contre la réforme des retraites : «Depuis des mois, c'est plutôt du mépris qu'on a en tant que soignant et personnel hospitalier quand on voit le peu de réponse aux revendications des personnels grévistes. Remercier le personnel en leur disant on vous fait confiance, vous êtes de vrais professionnels,  bravo  et merci… Ce n’est pas de remerciements, dont on a besoin. C'est concrètement les moyens physiques, matériels et humains pour soigner les gens. Il est vraiment indispensable que nos conditions de travail s’améliorent.» 

Inquiétude de la lingerie à l'infirmerie

Même besoin d’information du côté de la CFDT, le syndicat majoritaire au CHU de Nancy. Pour Ophélie Opfermann, responsable la CFDT au CHU de Nancy : «Les agents sont inquiets pour leur cas personnel et ils veulent savoir ce qu'ils risquent concrètement au quotidien, que ce soit le soignant ou l’agent logistique qui va prendre en charge le linge ou les poubelles. Une épidémie comme ça, on ne le souhaite pas, mais ça va peut-être justement mettre en évidence les limites des mesures drastiques qui nous ont été imposées, tant en suppressions de personnels qu'en suppressions de lits.  On a des effectifs qui sont énormément contraints dans chaque secteur et il y a pas de marge de manœuvre ». 

Suppression de postes et suspicion de contamination

Pour la responsable CFDT,  «pour l'instant, les patients sont pris en charge uniquement dans le secteur des maladies infectieuses du CHU avec du personnel chevronné dans le domaine des isolements septiques. On veut savoir si le CHU est en capacité, tant sur les moyens humains que sur les moyens en matériel, pour la prise en charge correcte de tous les cas de suspicion de contamination.»

L'inquiétude est aussi exprimée par les étudiants en médecine : l'Intersyndicale nationale des internes rappelle dans un communiqué que «les capacités de réponse dans ces situations de crise sont conditionnées par les moyens dont disposent les structures d'accueil des cas suspects et des malades

CHSCT extraordinaire ce mardi

La direction du CHU de Nancy devrait tenter de rassurer les élus et les syndicats ce mardi avec un CHSCT extraordinaire qui se tient en début d’après-midi à l’hôpital central. Pour l'heure, les personnes avec suspicions de Covid-19 sont toutes accueillies pour des tests au service des maladies infectieuses dans un parcours sécurisé et les patients ne croisent pas d'autres malades, ni de personnel soignant non préparé. 

Le Chu de Nancy vient de recevoir 30 000 masques et assure disposer de suffisamment de solution pour que le personnel puisse se laver les mains.  Un Chu de Nancy, référant avec Strasbourg, peut réaliser 45 tests par jour pour dépister le coronavirus. Pour l'heure l'hôpital public de Nancy n'a effectué qu'une dizaine de tests par jour au Covid-19 et tous se sont avérés négatifs, mises à part les trois personnes hospitalisées.

Le Covid-19 interroge les professionnels de santé du CHU de Brabois.
Le Covid-19 interroge les professionnels de santé du CHU de Brabois. © Radio France - Thierry colin

Sophie Perrin Phan Dihn, responsable de la CGT au CHU de Nancy.

Ecoutez Ophélie Opfermann, responsable la CFDT au CHU de Nancy.

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