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Coronavirus : comment vit-on le confinement quand on est handicapé ?

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Par , France Bleu Isère
Saint-Pierre-d'Allevard, Crêts-en-Belledonne, France

Le confinement n'est simple pour personne, mais les personnes en situation de handicap en ressentent encore plus les contraintes. Certaines sont confinées dans des établissements, tandis que d'autres sont rentrées dans leur famille, qui doit s'organiser pour assurer les soins. Reportage en Isère.

Chloé, chez elle, entourée de ses parents
Chloé, chez elle, entourée de ses parents © Radio France - Véronique Pueyo

Chloé, 20 ans, est paralysée et aphasique, c est-à-dire qu'elle ne parle pas, suite à un accident à la naissance. Mais c'est une étudiante brillante, en première année à Sciences Po Grenoble, en Isère. A cause de la fermeture de l'Université et de son foyer médico-social, Chloé est revenue vivre chez ses parents à Saint-Pierre-d'Allevard.

C'est sa mère, Valérie qui s'occupe d'elle. Et elle ne chôme pas : "Nous devons nous adapter et reprendre nos repères toutes les deux, mais je retrouve les gestes que j'ai faits avec Chloé durant vingt ans ! Je retrouve ainsi ma casquette d'aide-soignante, j'ai bien sûr aussi celle de maman et puis j'ai mes deux autres enfants, plus jeunes, à m'occuper pour les devoirs sur internet !"

Difficile d'appliquer les gestes barrières pour les soins d'une personne handicapée

Le père de famille est le seul à sortir pour faire les courses. Valérie et Chloé, elles, respectent scrupuleusement le confinement, de peur d’être contaminées : "Je ne dois pas tomber malade, car sinon, qui s'occuperait de Chloé ? Mais quand on s'occupe d'une personne handicapée, on ne peut pas respecter les gestes barrières. On est très proche d'elle, assez longtemps. Or, nous n'avons pas de masque, de charlotte, de sur-blouse... Et puis, je pense que dans d'autres familles où il y a un enfant handicapé, ce dernier, s'il est jeune ou s'il a un handicap intellectuel, ne comprend pas forcément qu'on doive mettre de la distance."

"J'espère que cette crise nous fera réfléchir sur nos futures priorités en terme de politique publique et de mondialisation" - Chloé

Chloé profite du confinement pour moins travailler et se reposer. Elle regarde des séries sur Netflix. Elle a tenu à rédiger ce message, en tapant sur son clavier avec son menton. Comme Chloé ne peut pas parler, c'est Valérie qui le lit : " Je fréquente souvent les hôpitaux et vois le manque de moyens mais aussi l'investissement du personnel. Alors, je veux prendre ma part du combat, en prenant mon mal en patience et en restant confinée. J'invite tout le monde à faire de même pour que cette crise soit la plus courte possible. J'espère juste que les politiques et les gens n'auront pas la mémoire courte et que cet événement dramatique et inédit servira au moins à réfléchir sur nos futures priorités en terme de politique publique, de mondialisation et d'environnement."

En Isère, actuellement, 449 personnes, porteuses de handicap, vivent seules chez elles. Une équipe de trente personnes de l'APF France Handicap se relaie pour les appeler régulièrement au téléphone. Il faut les rassurer, prendre de leurs nouvelles régulièrement, car le confinement dure et cela en angoisse beaucoup.

Le confinement est anxiogène pour les personnes handicapées

"Pour celles qui ne peuvent pas rester chez elle ou retourner dans leur famille, car leur handicap est trop lourd, il existe une structure d'accueil à Voreppe, ouverte 7 jours sur 7" explique Mattieu Villaret, directeur de la délégation iséroise. de l'Association des Paralysés de France.

Ecoutez le témoignage de Chloé

Le gouvernement a, par ailleurs, mis en place une plateforme nationale d’écoute et de soutien, baptisée Tous mobilisés au 0.805.035.800.

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