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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : les psychologues du CHU de Rouen face au sentiment d'isolement des patients

Richard Clautiaux est psychologue au CHU de Rouen. Il a expliqué sur notre antenne le besoin de soutien psychologique des patients atteints de coronavirus mais également le soutien des personnels de santé face à cette pathologie qu'on ne connaît pas.

Porte d'entrée d'un espace dédié aux consultations liées au Coronavirus au CHU de Rouen
Porte d'entrée d'un espace dédié aux consultations liées au Coronavirus au CHU de Rouen © Radio France - Macipsa Aït

Pendant la période de crise sanitaire liée au coronavirus, le CHU de Rouen a mobilisé les psychologues de l'établissement pour accompagner et aider les patients et les personnels soignants. "Très vite on a mis en place une prise en charge des soignants via la médecine du travail et du personnel, explique Richard Clautiaux, psychologue au CHU de Rouen. Pour les patients, on a mis en place un mail pour recevoir leur demande et essayer de les accompagner dans les services Covid-19 en sachant qu'il y a déjà des psychologues en place par service."

Etre hospitalisé est souvent déjà angoissant en temps normal pour les malades. La pandémie de coronavirus est aussi source de nouvelles inquiétudes.

Les patients ont peur de ne pas avoir le temps de revoir leurs proches si jamais leur état se dégrade

"A la détresse liée à l'hospitalisation s'ajoutent aujourd'hui la solitude et l'absence de visite, plus pour certains patients dans les unités Covid-19 une angoisse de mort et de séparation. Ils ont peur de ne pas avoir le temps de revoir aussi leurs proches si jamais leur état se dégrade quand ils sont envoyés en réanimation", rapporte Richard Clautiaux.

"A cela s'ajoute la fatigue physique et psychique liées aux troubles respiratoires, qui peuvent entraîner des difficultés pour eux de parler avec les soignants, de parler avec le téléphone. Cela renforce leur sentiment d'isolement", poursuit-il.

Un gros travail d'accompagnement est également fait auprès des personnels soignants. Même s'il s'agit de leur travail, les décès de patients et parfois de collègues en raison du coronavirus les inquiètent.

Pendant la crise, on est tous occupés. Le traumatisme, lui, a toutes les chances d'arriver après coup

"Je vous citerai quatre principales raisons, énumère Richard Clautiaux. Changer de service, aller se confronter à une pathologie qu'on n'a pas l'habitude de prendre en charge n'est pas facile. Cela entraîne beaucoup d'angoisse par anticipation. Ensuite il y a la peur des soignants des unités Covid-19 d'être vecteur du virus pour eux-même et pour leur famille. Il y a aussi un troisième point : la culpabilité des soignants quand les soignants tombent malades. Et puis il y a une forme de culpabilité pour tous ceux qui ne sont pas encore sur le champ de bataille, entre guillemet, qui sont à domicile et qui peuvent ressentir un malaise de ne pas participer à l'oeuvre commune. J'ai des collègues qui m'ont dit : quand mon chef de service m'a renvoyé à la maison, j'ai été un peu dans un néant."

A l'issue de la pandémie du coronavirus, les personnels soignants des centres hospitaliers auront également besoin de soutien, selon lui : "Pendant la crise, on est tous occupés. Le traumatisme, lui, a toutes les chances d'arriver après coup, quand les choses se reposent un petit peu et que pourront émerger toute la décompensation des états de stress aiguës et prolongés qui auront été le pain quotidien des soignants."

"Pas beaucoup de repos psychique"

"Vous savez, quand vous êtes dans un service source de stress professionnel, comme en réanimation ou aux urgences, de temps en temps vous aimez sortir boire un verre à la fin du boulot ou aller au cinéma. Tout cela n'est pas possible en ce moment. Ils se trouvent privés de tous les modes qu'on a pour se détendre et pour retrouver de l'énergie au quotidien", analyse le psychologue. Si en plus en rentrant, ils doivent en plus faire les devoirs des enfants et gérer le stress familial, finalement ils n'ont pas beaucoup de repos psychiques. Ce sont tous ses éléments qui nous inquiètent. C'est pour cela qu'on a mis en place un accompagnement parental." 

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