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Dossier : Coronavirus Covid-19

TÉMOIGNAGE - Contaminée par le Covid-19 il y a trois mois, "je suis un légume, les symptômes sont toujours là"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Pays de Savoie, France Bleu

Selon les médecins, 5 à 10% des malades contaminés par le coronavirus développent des complications qui peuvent durer plusieurs semaines après la contamination. En Haute-Savoie, une de ces malades raconte son quotidien.

Fatigue, perte de poids, essoufflement... des symptômes qui persistent plusieurs semaines après pour certains malades
Fatigue, perte de poids, essoufflement... des symptômes qui persistent plusieurs semaines après pour certains malades © Maxppp - Maxppp

Fatigue, douleurs pulmonaires, impossibilité de marcher ou de travailler. Depuis le 20 mars dernier, c'est devenu le quotidien d'Annabelle, 37 ans, vivant près d'Annecy*. "Je suis un légume" dit-elle à France Bleu Pays de Savoie. "J'ai perdu 7 kilos, je ne fais plus le ménage, plus à manger. Ce sont des gens qui m'aident au quotidien pour que je puisse vivre, survivre même, et guérir" raconte cette femme, atteinte par le Covid-19 quelques jours après la mise en place du confinement au mois de mars.

"J'ai perdu 7 kilos, je ne fais plus le ménage, plus à manger"- Annabelle

Depuis, Annabelle enchaîne les galères. "C'est des hauts et des bas, même si pour l'instant, il y a plus de bas que de hauts" explique-t-elle. "J'ai vu plusieurs médecins et tous pensent que c'est le Covid. J'avais un antécédent chirurgical à niveau du nez, donc le premier test PCR que j'ai fait était négatif" raconte Annabelle.

Certains patients ont du mal à se remettre du coronavirus. Un phénomène observé et connu des médecins.

"Toute la vie quotidienne est devenue compliquée. Ça se résume au strict nécessaire" continue la jeune femme. "Au début, les symptômes étaient très forts. Puis j'ai eu des antibiotiques qui ont un peu calmé les douleurs" poursuit-elle. Avant qu'elle ne rechute.

"On fait 200 mètres à pied et on a le cœur qui bat à 160 et on marche à trois kilomètres heure" 

"J'ai été hospitalisée deux fois. On m'a fait faire tout un tas de tests sanguins pour écarter d'autres maladies" explique Annabelle. "J'ai alors fait un deuxième test PCR, négatif à nouveau. Les médecins se voulaient rassurants, mais les symptômes étaient toujours là" continue-t-elle. "On m'a donc fait faire un test sérologique et il en est ressorti que j'avais les anticorps, mais dans un nombre très faible, donc que je n'étais pas immunisée au virus" nous dit Annabelle.

Communiquer pour montrer qu'ils ne sont pas seuls

Annabelle a décidé de parler pour montrer qu'elle n'est pas la seule dans ce cas. "Il y a beaucoup de gens qui ont des complications, qui sont seuls et qui ont des médecins qui ne prennent pas forcément en compte tous les symptômes" dit-elle.

"Ces gens là sont renvoyés chez eux. On leur dit que c'est dans leur tête, qu'ils sont dépressifs", regrette Annabelle. Elle prend la parole avant tout pour que d'autres se reconnaissent en elle et continuent de se battre contre la maladie.

"Ça va finir par guérir" 

Des malades comme Annabelle, le Dr Olivier Rogeaux,  du service des maladies infectieuses au Centre Hospitalier Métropole Savoie à Chambéry, en a vus. "Je dirais que ça touche entre 5 à 10% des malades, plutôt des gens de moins de 50 ans, mais je n'ai aucune certitude scientifique pour l'affirmer. C'est seulement ce qui ressort de nos observations" explique Olivier Rogeaux. "Il y a des similitudes avec d'autres maladies comme la mononucléose infectieuse ou le chikungunya" note-t-il.

"On découvre de nouvelles choses régulièrement et on ne sait pas tout sur cette nouvelle maladie, ça c'est certain" - Dr Olivier Rogeaux, infectiologue au CH de Chambéry

"Il ne faut pas tout mettre sur le dos du Covid par contre. D'abord vérifier que la personne a bien été contaminée" prévient-il. "On ne parle pas d'une infection chronique, ça va finir par guérir. Mais on sait que la réponse de chaque personne n'est pas similaire" dit-il encore avant de poursuivre : "certains ont encore des fatigues handicapantes qui peuvent durer quelques semaines". 

Selon l'infectiologue, qui n'aime pas le terme de "symptômes post-Covid", ces complications ont deux explications médicales :

  • "Soit une sur-réponse inflammatoire et immunitaire de l'organisme" détaille le Dr Rogeaux. C'est à dire que le corps se sent encore en danger et se défend.
  • "Soit c'est tout l'inverse avec une réponse insuffisante et où les symptômes peuvent réapparaître après des périodes d'améliorations et de rechutes" précise le médecin. Cette explication correspond à la situation décrite par Annabelle, qui n'a pas produit assez d'anticorps pour se défendre face au coronavirus.

Au CH de Chambéry, il n'y a plus aucun patient atteint par le Covid-19 encore hospitalisé, "seulement des soins de suite" précise Olivier Rogeaux. "On découvre de nouvelles choses régulièrement et on ne sait pas tout sur cette nouvelle maladie, ça c'est certain" reconnaît l'infectiologue.

C'est pourquoi les malades dans le cas d'Annabelle ont encore besoin d'un suivi poussé, même plusieurs mois après avoir été contaminés.  Ce suivi aidera aussi les médecins à découvrir toutes les facettes de ce nouveau virus.

**_______________________________________________\   ***_Par peur d'être reconnue, elle préfère rester anonyme. Annabelle est un prénom d'emprunt.

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