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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : devons-nous finalement tous porter des masques ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Vendredi soir, l'Académie de médecine a recommandé le port du masque pour tous les Français, au moment des sorties durant la période de confinement et lors de sa levée. Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, les autorités avaient un tout autre discours. France Bleu fait le point.

Masque de protection fabriqué à la maison (diy) avec une machine coudre pour se protéger du coronavirus, covid 19. Le 22 mars 2020.
Masque de protection fabriqué à la maison (diy) avec une machine coudre pour se protéger du coronavirus, covid 19. Le 22 mars 2020. © Radio France - Aurélie Lagain

Les autorités ont martelé pendant des semaines que les masques étaient inutiles contre le coronavirus en l'absence de symptômes. Mais le discours officiel est en train de changer radicalement. Ce vendredi soir, l'Académie de médecine a préconisé le port du masque obligatoire pour les sorties pendant la période de confinement. Selon l'institution, "il est établi que des personnes en période d'incubation ou en état de portage asymptomatique excrètent le virus (c'est-à-dire l'évacue dans l'air) et entretiennent la transmission de l'infection". 

Toujours d'après l'Académie, nous devrons continuer à porter ce masque lors de la levée du confinement, dans le cadre du "maintien des mesures barrières actuellement préconisées jusqu'au contrôle de la circulation du virus attesté par l'absence de nouveau cas déclaré pendant une période de 14 jours". Le gouvernement lui-même, via le directeur général de la santé, a encouragé vendredi "le grand public, s'il le souhaite, à porter (...) des masques alternatifs qui sont en cours de production".

Des masques fabriqués à la maison

Les masques chirurgicaux ou FFP2 étant destinés en priorité aux soignants, l'Académie de médecine "recommande le port d'un masque 'grand public', aussi dit alternatif", c'est-à-dire des protections fabriquées à la maison. Elle renvoie ainsi vers des tutoriels sur internet. La Société française des sciences de la stérilisation a notamment mis en ligne un procédé sur Youtube, le site stop-postillons.fr, lancé par des médecins, propose lui aussi de fabriquer soi-même son masque.

Je pense que c'est une sécurité supplémentaire qu'il faut proposer à la population. - Jean-François Matteï, président de l’Académie de médecine sur franceinfo

Aux Etats-Unis, les autorités sanitaires conseillent elles aussi désormais aux habitants de se couvrir le visage quand ils sortent de chez eux. C'est ce qu'a annoncé vendredi Donald Trump lors d'une conférence de presse. La ville de New-York a déjà demandé à ses citoyens de ne pas aller dans la rue sans protection. En Europe de l'Est, le masque est lui obligatoire dans plusieurs pays : la République Tchèque ou encore la Slovénie. 

En Asie, les masques sont omniprésents. Et la situation, notamment en France où l'on ne se couvre pas automatiquement le visage, est vue comme une aberration.

Pourquoi une telle volte-face ?

Depuis le début de la crise, disant s'appuyer sur des données scientifiques, l'Organisation mondiale de la santé et de nombreux dirigeants ont répété que les masques devaient uniquement être utilisés par les soignants, les malades et leur entourage. Mais certains, favorables au port du masque, voyaient dans ce discours un moyen d'éviter d'aggraver la pénurie de protections, d'éviter que les gens se ruent dans les pharmacies.

Interrogé par nos confrères de franceinfo, Jean-François Matteï, président de l’Académie de médecine, va dans ce sens : "Lorsqu'on se trouvait dans une pénurie de masques chirurgicaux, FFP2 et autres, (...) on ne voyait pas comment recommander le port du masque pour la population puisqu’au début de l’épidémie, il n'y avait pas de stocks suffisant dans la durée". Mais désormais, "on a du recul" souligne l'ancien ministre de la Santé. 

Le coronavirus se transmet-il via l'air expiré ?

Aujourd'hui, de nombreuses voix s'élèvent pour expliquer que le coronavirus pourrait être véhiculé via l'air expiré. En France, le 20 mars, des médecins spécialistes expliquaient déjà dans une tribune, que les masques "protègent doublement : ils évitent à ceux qui sont porteurs du virus (souvent sans le savoir) de le transmettre et évitent à ceux qui ne le sont pas de le récupérer". Des soignants de Bergerac ont également demandé aux habitants de porter un masque quand ils sortent dans la rue.

Un conseiller de Donald Trump, Anthony Fauci, spécialiste en immunologie, suspecte lui que "le virus puisse se transmettre quand les gens ne font que parler, plutôt que seulement lorsqu'ils éternuent ou toussent". Pour le moment, ce mode de transmission n'est pas encore prouvé scientifiquement mais cela expliquerait que le Covid-19 soit si contagieux. La revue Nature a également publié une étude en ce sens, elle démontre que le port du masque réduirait la quantité de virus dans l'air expiré des malades (expérience faite avec d'autres coronavirus).

L'Organisation mondiale de la santé, de son côté, campe pour le moment sur ses positions, elle craint que l'usage généralisé du masque donne un "faux sentiment de sécurité" et fasse oublier les mesures-barrières. Mais "l'idée d'utiliser des masques recouvrant les voies respiratoires ou la bouche pour empêcher que la toux ou le reniflement projette la maladie dans l'environnement et vers les autres (...) n'est pas une mauvaise idée en soit", a souligné le docteur Mike Ryan, expert en situations d'urgence à l'OMS.

Selon le président de l'OMS, l'organisation continue de réfléchir à une éventuelle généralisation : "La pandémie évolue, les preuves et nos avis aussi".

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