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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : Emmanuel Macron promet d'être "au rendez-vous" pour l'hôpital

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Par , France Bleu
France

En réponse aux vives critiques lors d'une visite ce vendredi à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, Emmanuel Macron a promis que l'Etat sera "au rendez-vous" pour l'hôpital. Le Président est aussi revenu sur la réforme du système de santé, concédant avoir "sans doute fait une erreur."

Le Président Emmanuel Macron (photo d'illustration).
Le Président Emmanuel Macron (photo d'illustration). © Maxppp - LUDOVIC MARIN / POOL

"On est désespérées, on ne croit plus en vous." Ce sont les mots d'une infirmière des urgences au chef de l'Etat, qui a passé la matinée à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris ce vendredi. Emmanuel Macron a répondu aux infirmières du service qu'il voulait "mettre fin" à la "paupérisation" des personnels soignants et a promis que l'Etat "sera au rendez-vous."

Accompagné de son ministre de la Santé Olivier Véran dans cet hôpital parisien où il s'était déjà rendu le 27 février au tout début de la crise sanitaire, il a participé à une table ronde avec des médecins, une autre avec des syndicats avant de visiter une unité de dépistage Covid. 

C'est pas 300 euros qu'il faut, c'est bien plus pour garder notre personnel - une infirmière

Partout, il a été interpellé, parfois vivement, sur le manque de moyens de l'hôpital public, les masques manquants ou défaillants. "On veut du flouze, du pèze, de la fraîche, on veut de l'argent. C'est pas 300 euros qu'il faut, c'est bien plus pour garder notre personnel. En réanimation, les deux tiers des effectifs partent", lui a lancé une infirmière des urgences, très remontée. 

Fin mars, Emmanuel Macron avait promis "un plan massif d'investissement et de revalorisation" pour l'hôpital à l'issue de la crise. Et annoncé une prime exceptionnelle de 500 à 1.500 euros, parue vendredi au Journal Officiel. 

"Il y a des collègues, héros de la Nation, qui sont en train de se dire, est-ce qu'elles vont manger, est-ce qu'elles vont payer leur loyer (...) Qu'est-ce que vous allez faire ? Vous allez embaucher ?" lui a demandé une autre infirmière à la Pité-Salpêtrière. "On sera au rendez-vous", a affirmé avec force le chef de l'Etat.

Le Président est revenu sur la réforme du système de santé 

Plus tôt dans la matinée, les médecins avaient déjà longuement témoigné de leurs conditions de travail dégradées. "Monsieur le Président, vous avez suscité un magnifique espoir chez les gens, un retour en arrière ne sera pas accepté", a lancé le Pr Dominique Thabut, cheffe de service hépatologie. "Il faut un choc salarial", a ajouté le Pr Thomas Similowski, chef du service de pneumologie. 

Promettant de "mettre fin à cette paupérisation", le Président est revenu sur la réforme du système de santé engagée il y a deux ans. "On a sans doute fait une erreur dans la stratégie annoncée" car elle ne "portait pas assez de sens" et avait une "ampleur" et un rapport au temps "pas du tout suffisants compte tenu de l'état où était l'hôpital", a-t-il affirmé. 

"J'étais convaincu qu'on était en train de changer les choses" et "c'est très cruel pour moi-même", a-t-il ajouté, jugeant que "c'était une super stratégie mais à faire dix ans plus tôt.

Oui, on va investir - Emmanuel Macron

Mais "je n'ai pas envie non plus qu'on revienne à l'étape d'avant", a souligné Emmanuel Macron, insistant sur l'importance de réorganiser l'hôpital public. C'est pourquoi "oui, on va investir", a promis le chef de l'Etat qui a affirmé avoir "demandé au ministre un travail express" de concertation, qui commencera la semaine prochaine avec les organisations syndicales. 

Les syndicats, il les a rencontrés dans la foulée, lors d'une réunion où la CGT a demandé "300 euros d'augmentation" et la CFDT une "reconnaissance pérenne par la revalorisation de la grille salariale dans tous les métiers". 

"Là on va attendre de voir si le gouvernement tient ses engagements, a averti Azzeidine Aissiou (CGT). Sinon la corde, qui est en train de craquer, elle va péter ! Et dans la rue il n'y aura pas que des blouses blanches, mais tous ceux qui étaient sur les balcons", à applaudir le personnel tous les soirs à 20 heures. 

"Nous entrons dans une dynamique de réforme de notre hôpital public, avec un volet rémunération et carrière, un volet investissement, un volet gouvernance et réforme", a ensuite affirmé Emmanuel Macron, parlant d'un "Ségur" en référence aux concertations lancée en 1968 sous le nom de "Grenelle".

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