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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : épidémiologistes et soignants réclament un confinement strict en Ile-de-France

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Par , France Bleu, France Bleu Paris

Alors que l'épidémie s'emballe en Ile-de-France, plusieurs médecins et épidémiologistes réclament un renforcement des restrictions pour endiguer la propagation du Covid-19. Selon le directeur de l'AP-HP Martin Hirsch, le nombre d'hospitalisations est aussi haut qu'en mars 2020.

Service de réanimation de l'Hôpital Européen Georges Pompidou (AP-HP), submergé par les cas de Covid-19, le 15 mars 2021.
Service de réanimation de l'Hôpital Européen Georges Pompidou (AP-HP), submergé par les cas de Covid-19, le 15 mars 2021. © Maxppp - PHOTOPQR/LE PARISIEN/ARNAUD DUMONTIER

Faut-il renforcer les restrictions et opter pour un confinement plus strict en Ile-de-France ? Plusieurs épidémiologistes et soignants le réclament alors que le nombre de contaminations au Covid-19 et d'hospitalisations augmentent de façon inquiétante dans la région. Selon Santé publique France, le nombre de nouveaux cas diagnostiqués de Covid-19 en une semaine dans la région (le taux d'incidence) est désormais estimé à 548 pour 100.000 habitants en moyenne, bien au-dessus du seuil d'alerte maximale de 250. Début décembre, ce taux était d’environ 100 pour 100.000 habitants. En Seine-Saint-Denis, département le plus touché du pays, il s'élève à 689 cas pour 100.000 habitants, et il atteint 653 cas pour 100.000 habitants dans le Val-d'Oise.

Conséquence, les hôpitaux sont débordés de patients malades du Covid. Actuellement, plus de 6.400 patients sont ainsi pris en charge dans les établissements d’Ile-de-France. "Les chiffres d'hier (mardi) qu'il s'agisse des entrées en réa ou en hospitalisation conventionnelle sont particulièrement élevés. Nous n'avions pas connu un nombre d'entrées aussi haut en 24 h depuis la première vague", a reconnu ce mercredi Martin Hirsch, directeur de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dans un message adressé aux personnels et posté sur le compte Twitter de l'AP-HP. "Je sais que vous supportez la réalité qui est derrière ces chiffres et que c'est particulièrement difficile et éprouvant", écrit-il à l'attention des soignants franciliens, rappelant que "beaucoup expriment le fait qu'ils trouvent la situation plus difficile à vivre qu'au printemps dernier". 

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"Les lits commencent à manquer" 

L'Agence régionale de santé de l'Ile-de-France a demandé mardi aux hôpitaux "d'anticiper la montée en charge du nombre de lits" de soins critiques avec un objectif de 2.200 lits disponibles pour accueillir les malades du Covid-19

Mais certains établissements sont déjà saturés, à l'image de l'hôpital Lariboisière à Paris. "Depuis quelques jours, on voit progresser le nombre d'admissions à une vitesse accélérée (...) On craint évidemment les 10 à 15 jours qui viennent puisque nous sommes déjà à saturation", a témoigné Bruno Mégarbane, chef du service réanimation sur franceinfo. "Nous sommes sollicités pour des transferts de patients et malheureusement nos lits sont déjà occupés. Dans la majorité des cas, nous ne pouvons admettre de nouveaux patients. En fait depuis quelques jours nous sommes à la recherche du lit désespérément libre en Ile-de-France pour pouvoir y placer un patient pour une forme grave de Covid-19. Les lits commencent à manquer." 

Pour contrôler la situation, "les hôpitaux essaient de créer de nouveaux lits de soins intensifs hors des murs", a-t-il expliqué. "Le problème, c'est essentiellement le manque de paramédicaux spécialisés en réanimation, d'où la formation express faite par l'Assistance publique d'étudiants infirmiers pour les gestes de base de la réanimation. Je ne sais pas si cela sera suffisant, mais ce sera une aide précieuse pour les jours à venir."

Dénonçant l'absence de création de lits pérennes depuis un an, Bruno Mégarbane estime qu'il "faudra très probablement passer le cap des 40% de déprogrammation" des opérations, contre 20% actuellement, dans les jours qui viennent.

Un confinement "très strict"

Chef du service de réanimation à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches dans les Hauts-de-Seine, Djillali Annane dresse le même constat. "La situation est très critique", a-t-il déclaré sur franceinfo ce mercredi. "Il n'y a plus quasiment plus de lits disponibles. Les nouveaux lits qu'on essaie d'ouvrir sont pris pratiquement dans l'heure qui suit par un nouveau patient et les sollicitations sont plus nombreuses que les places disponibles". Comme en mars 2020, les soignants sont obligés de "prioriser les patients" admis à l'hôpital et en réanimation a-t-il ajouté. 

Dans son service, les patients sont plus jeunes que lors de la première vague. "Il y a un mois environ, les patients de la tranche d'âge 20-40 ans représentaient un patient sur 20 en réanimation environ, depuis une semaine ils représentent un patient sur dix", a précisé Djillali Annane. "La part dans les formes sévères admises en réanimation des jeunes de la tranche d'âge 20-40 ans est en train d'augmenter et majoritairement", a-t-il insisté appelant à "casser la dynamique épidémique" en revenant à un confinement assez strict, voire très strict. "Les mesures en place aujourd'hui, on le constate objectivement et concrètement, sont insuffisantes pour enrayer la machine virale, il faut prendre des mesures supplémentaires".

D'autres régions pourraient en effet connaître le même sort que l'Ile-de-France dans les semaines qui viennent, "au  fur  à  mesure  que  le  variant  britannique  va  continuer  de  se  propager". La France compte actuellement 4.634 malades du Covid-19 soignés en services de réanimation, se rapprochant du pic de la deuxième vague de l'automne (4.900 le 16 novembre). 

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