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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : "Il faudra se souvenir de nos fonctionnaires", dit le président de la fédération des pompiers

Les fonctionnaires continuent pour la plupart de travailler, malgré le coronavirus. Beaucoup de Français leur manifestent d'ailleurs un soutien appuyé au quotidien. Grégory Allione, président de la fédération des sapeurs-pompiers de France, veut croire que cette reconnaissance durera après la crise.

Grégory Allione, président de la fédération des sapeurs-pompiers de France, était l'invité de France Bleu 100% Sud ce vendredi matin.
Grégory Allione, président de la fédération des sapeurs-pompiers de France, était l'invité de France Bleu 100% Sud ce vendredi matin. © Maxppp - Frédéric Speich

Soignants, pompiers, enseignants, administratifs... Dans cette lutte contre le coronavirus, certains ne se sont pas arrêtés de travailler. Les fonctionnaires, dans leur grande majorité, continuent de faire tourner le pays, alors qu'ils sont parfois directement exposés au virus. Invité de France Bleu 100% Sud vendredi 3 avril, Grégory Allione, président de la fédération des sapeurs-pompiers de France, espère que cette crise changera le regard des Français sur leurs fonctionnaires.

Qu'est-ce que ça vous fait de voir ces milliers de Français applaudir chaque soir les soignants et les pompiers ?

Ça fait vraiment plaisir. Au quotidien, lorsque la vie va bien, les fonctionnaires sont souvent mis à l'index, et on ne se rappelle pas la nécessité de ce fonctionnariat, notamment de nos soignants, nos pompiers, nos policiers. Oui ce sont des fonctionnaires, mais ce sont des fonctionnaires qui ont la nation chevillée aux tripes, avec le sens du lien public, du bien commun. Aujourd'hui, les gens manifestent cet enthousiasme, ce soutien. Mais qu'en sera-t-il après la crise ?

"Il ne faudra plus regarder notre fonctionnement comme un tableau Excel".

Le président de la République a soutenu toutes celles et ceux qui sont en première, deuxième, troisième, voire quatrième ligne. Il ne faut pas oublier aussi les ambulanciers privés, les cliniques, toutes les caissières mobilisées pour faire en sorte que les gens soient alimentés. Il faudra surtout se rappeler dans quelques semaines de ne plus regarder notre fonctionnement façon "Cour des comptes" ou "tableau Excel". On doit regarder les services publics lorsqu'ils sont nécessaires, et les maintenir, les soutenir.

Malgré tout, il y a quand même eu des actes scandaleux, des messages demandant à certains pompiers ou soignants de quitter leur logement, par crainte du coronavirus. Est-ce que vous les prenez aussi en compte ?

Forcément, certains messages égratignent. Mais on sait qu'ils sont finalement l'ouvrage d'un pourcentage infinitésimal d'une population qui continue, dans sa grande majorité, à soutenir celles et ceux qui sont au combat. Donc nous on préfère retenir les messages quotidiens à 20 heures, ces gens qui applaudissent.

J'étais aussi dans une caserne il y a 48 heures et une personne, avec ses enfants, a fait un gâteau et l'a apporté aux pompiers. C'est ça, le message qu'il faut retenir, ceux qui font des pizzas pour les soignants aussi. C'est là qu'on voit que la France est belle parce qu'elle sait aussi être solidaire, et cette solidarité est notre solidité au quotidien.

Ce soutien aux pompiers et aux soignants peut prendre de multiples formes. Que peut-on faire à part applaudir et vous apporter des victuailles ?

Je pense qu'il faut s'engager, il faut avoir le sens du bien commun collectivement, comme lorsqu'on demande aux gens d'enlever la neige sur leur trottoir. L'individualité qui va concourir à la chose publique fera en sorte que l'on sera plus forts tous ensemble. Les sapeurs-pompiers volontaires sont le meilleur exemple de cet engagement, comme les gendarmes, les militaires ou les soignants avec la réserve. Des gens qui travaillent, qui font des études et qui s'engagent pour le bien commun, c'est ça le bel exemple de notre société, d'une France qui s'engage.

"La France est belle parce qu'elle sait aussi être solidaire. Cette solidarité, c'est notre solidité au quotidien".

Alors oui il y a plusieurs formes d'engagement, mais le plus important, c'est l'engagement de chacun pour faire en sorte qu'on soit tous plus résilients. On n'a pas attendu qu'il y ait une "mission résilience" pour comprendre que notre société a besoin de résilience pour faire face aux feux d'espaces naturels, aux inondations, au coronavirus, à tous les drames de notre société. On a besoin de l'engagement de chacun pour contribuer au bien de tous.

Comment font ceux qui sont autour de vous pour rester mobilisés pendant cette crise ?

C'est sûr qu'il y a beaucoup de fatigue. Et encore, nous ne sommes pas forcément les plus sollicités, par rapport à nos collègues qui travaillent en réanimation, dans les hôpitaux. Mais l'ensemble du personnel réagit d'une formidable façon en respectant la distanciation sociale, les gestes barrière. Vous savez, on est dans une communauté, une forme de fraternité, on apprécie de se voir, de se toucher même. Mais dans ces moments-là, on a les comportements qu'il faut. Lorsque l'on ne travaille pas, la plupart d'entre nous restent chez soi, on respecte cela. 

Si vous voulez nous aider vous aussi, restez chez vous. Le coronavirus est un ennemi invisible, pernicieux, vicieux, que l'on ne perçoit pas mais qui fait des dégâts.

Grégory Allione, président de la fédération des sapeurs-pompiers de France, invité de France Bleu 100% Sud

Propos recueillis par Fabien Fourel sur France Bleu 100% Sud, le vendredi 3 avril.

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