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Coronavirus : il faut changer le fonctionnement de l'hôpital public selon les soignants

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L'épidémie de Covid-19 a mis en lumière le rôle essentiel des soignants et de l'hôpital. Mais aussi le manque de moyens et les faibles salaires de certains employés pourtant en première ligne. Le Ségur de la santé qui débute aujourd'hui a pour but d'améliorer la vie des soignants et des malades.

Image d'illustration : les soignants veulent de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Ils veulent aussi être au coeur des décisions prises pour l'hôpital public Image d'illustration : les soignants veulent de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Ils veulent aussi être au coeur des décisions prises pour l'hôpital public
Image d'illustration : les soignants veulent de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Ils veulent aussi être au coeur des décisions prises pour l'hôpital public © Radio France - Léa Dubost

Un plan massif d'investissement pour l'hôpital. C'est ce qu'a promis Emmanuel Macron fin mars. Un plan que le gouvernement souhaite élaborer en s'appuyant sur le personnel soignant. Des représentants de médecins, infirmiers, aide-soignants mais aussi du personnel des Ehpad sont sondés par le ministre de la santé à partir de cet après-midi. Baptisé Ségur de la santé , cette large concertation, par visioconférence, doit déboucher sur des mesures concrètes et rapides, au plus tard mi-juillet. C'est ce qu'a promis Olivier Véran. De la gouvernance de l'hôpital à la rémunération des soignants, le docteur Michel Girard, le chef du pôle ORL de l'hôpital du Mans, attend surtout des actes.      

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Augmenter immédiatement le salaire des infirmières 

La priorité pour Michel Girard "c'est d'augmenter le salaire mensuel des infirmières de 300 euros . Il faut savoir qu'avant même le début de l'épidémie, malgré les efforts de notre direction, il y avait 50 postes d'infirmière vacants à l'hôpital du Mans". A cause du manque d'attractivité du métier et d'une rémunération insuffisante selon le médecin qui parle de cercle vicieux. " Moins il y a d'infirmières, plus leur travail est épuisant, moins elles ont de temps à consacrer aux patients et plus elles sont nombreuses à abandonner. Il faut savoir qu'en France, une infirmière débute à 1500 euros net, c'est 300 euros de moins que la moyenne européenne". 

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Investir dans du matériel performant 

Pour Michel Girard, il faut augmenter le budget des hôpitaux pour investir dans du matériel moderne et performant. " Actuellement, nous avons tout juste les moyens de renouveler le matériel alors qu'il arrive en fin de vie et il reste très peu d'argent pour les équipements innovants. La qualité du matériel, c'est très important pour mieux soigner les malades mais aussi pour attirer les jeunes médecins et les garder à l'hôpital".   

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Repenser le fonctionnement de l'hôpital avec un autre modèle économique

Michel Girard espère surtout que le gouvernement saura tirer les leçons de cette crise sanitaire. " Ce qui a été remarquable pendant cette crise c'est que la main a été prise par les gens de terrain. Le pouvoir a été repris à part égal par les médecins et les directeurs d'établissement alors que la tutelle de l'agence régionale de santé avait plus ou moins disparu". Ce qui selon le chef du pôle ORL de l'hôpital du Mans permet de privilégier les objectifs médicaux par rapport aux objectifs financiers. "La tarification à l'acte mise en place depuis un peu plus de dix ans a imposé d'importants efforts de productivité, qui n'étaient pas tous inutiles au départ mais elle a des effets pervers. Cela induit une multiplication des actes parfois inutiles, cela augmente énormément la pression sur les soignants. Plutôt que multiplier les actes, il faut maintenant s'interroger sur leur pertinence qui est parfois discutable et encourager la qualité".  

Avec la tarification à l'acte, la prévention des risques pour une pathologie donnée rapporte beaucoup moins d'argent que la survenue d'une complication, c'est absurde. Michel Girard, chef du pôle ORL à l'hôpital du Mans

Michel Girard qui pointe les incohérences générées parfois par ce système de financement à l'acte. "Par exemple, avec la tarification à l'acte, la prévention des risques pour une pathologie donnée rapporte beaucoup moins d'argent que la survenue d'une complication, c'est absurde !  La crise du Covid-19  a eu le mérite de replacer les nécessités médicales au premier plan.  Si on s'en était tenu aux considérations financières, on n'aurait pas soigné les cas de Covid graves qui ne sont pas rentables". Michel Girard aimerait que le gouvernement tire les leçons de la crise. " Les annonces, les discours sont agréables à entendre. Il faut voir ce qu'il va en sortir dans la réalité. Je vais rester prudent même si on peut espérer que cet événement grave fasse bouger les choses".      

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