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Dossier : Coronavirus : journal d'un médecin

Coronavirus - Journal d'un médecin : "Des années de néolibéralisme ont mis notre hôpital public à genoux"

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Par , France Bleu, France Bleu Touraine

Le professeur Louis Bernard est infectiologue, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Tours, ancien chef de clinique à Paris. Il livre tous les matins à France Bleu ses pensées sur la crise sanitaire due au coronavirus, à laquelle il est confronté dans son hôpital.

Unité Covid+ du service réanimation de l'hôpital Nord Franche-Comté à Trévenans, le 16 avril 2020
Unité Covid+ du service réanimation de l'hôpital Nord Franche-Comté à Trévenans, le 16 avril 2020 © Maxppp - Lionel VADAM/PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

Louis Bernard est en première ligne dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus. Infectiologue, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Tours, ancien chef de clinique à Paris, il livre tous les matins au réveil son témoignage sur la crise sanitaire à laquelle il est confronté. Il revient sur des histoires individuelles*, réfléchit à la gestion de la crise, confie ses questionnements intimes. C'est son journal de bord, à retrouver tous les jours sur francebleu.fr.

Le Covid ne nous rend pas amnésique

Des années de néolibéralisme ont mis notre hôpital public à genoux. Hier des centaines d’unités hospitalières en grève, plus de mille chefs de service démissionnaires. Le personnel blanc en colère rouge. Le Covid ne nous rend pas amnésique. Les professions invisibles ou oubliées, aides soignantes, agents de ménage, auxiliaires de vie sont passées sous la lumière crue de cette pandémie. Reconnues, applaudies et pour une fois plus importantes que les traders aux salaires indécents. Ça ne durera pas sauf si les métiers fondamentaux sont enfin revalorisés.

Le déconfinement à venir sonne aussi la reprise d’une activité presque normale à l’hôpital. Il faut reprendre le soin, les soins, attendus chaque jour par nos patients.

L'après Covid reste à écrire

On nous a parlé de changements. Jusqu’ici : rien. Les promesses auront tôt fait d’être englouties dans les abîmes de l’immobilisme. Le avant Covid, on le connaît par cœur. Le pendant Covid, on le subit. Le après Covid reste à écrire. Nous devons créer un « circuit Covid » propre à notre établissement. Comme si cet énième circuit allait suffire à gommer notre mal-être profond scellé dans les murs de nos services. 

Le tsunami Covid n’a pas suffi. Tout est encore à l’avenant. La désorganisation résiste. Les directives contradictoires n’ont pas sombré. L’accalmie se dessine et toutes les mauvaises habitudes refont surface. 

Le tsunami Covid n’a pas suffi, les directives contradictoires n’ont pas sombré

Comment se fait-il que chaque région, chaque agence régionale de santé, chaque hôpital, chaque service soit contraint de réécrire ses procédures aux imperfections mille fois soulignées. Il est vrai que le patient de Dunkerque est forcément différent de celui de Brest. On noie le poisson dans du temps perdu. Nos filets s’alourdiront encore du poids des nouvelles procédures. Ils finiront par se rompre définitivement sur le chemin des extrêmes. 

Covid tu risques de décupler nos colères si ces semaines de folie et de travail acharné ne débouchent que sur un satisfecit adressé à un millefeuille administratif soumis et étatique, renvoyant les soignants inventer un vaccin contre le mépris et l’oubli.

* Les prénoms sont systématiquement modifiés.

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