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Dossier : Coronavirus : journal d'un médecin

Coronavirus - Journal d'un médecin : "Facile de renvoyer la faute non pas au masque mais à celui qui le porte"

Le professeur Louis Bernard est infectiologue, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Tours, ancien chef de clinique à Paris. Il livre tous les matins à France Bleu ses pensées sur la crise sanitaire due au coronavirus, à laquelle il est confronté dans son hôpital.

Le gouvernement a autorisé par décret la réouverture des magasins de textiles pour permettre la fabrication de masques,  à Wittenheim, le 27 avril 2020
Le gouvernement a autorisé par décret la réouverture des magasins de textiles pour permettre la fabrication de masques, à Wittenheim, le 27 avril 2020 © Maxppp - Darek SZUSTER/PHOTOPQR/L'ALSACE/

Louis Bernard est en première ligne dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus. Infectiologue, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Tours, ancien chef de clinique à Paris, il livre tous les matins au réveil son témoignage sur la crise sanitaire à laquelle il est confronté. Il revient sur des histoires individuelles*, réfléchit à la gestion de la crise, confie ses questionnements intimes. C'est son journal de bord, à retrouver tous les jours sur francebleu.fr.

Ironie

Nous sommes dans un confinement pour les uns peuplé d’incertitudes, pour d’autres au contraire les certitudes sont la règle.

Il y a quelques années les critiques pleuvaient sur une ministre de la Santé au prétexte qu’elle avait exigé la constitution de stocks massifs de masques. Gabegie de l’argent public, réserves inutiles, tout était bon pour taper sur la ministre. Tous courent vers les sous-sols à la recherche du Saint Graal, devenu brutalement impérissable, sa date de péremption s’envolant vers l’éternel. Même franche rigolade des chantres de la boule de cristal devant les Chinois déguisés en cosmonautes pour soigner les premières victimes du Covid. Aujourd’hui, ces Chinois moqués par certains ne font pas montre d’ironie en fabricant et en nous livrant à domicile avec leurs propres avions des milliers de masques et de respirateurs.

Un bout de tissu sauveur de vie

Dans le même temps, à force de recherches et d’injonctions politiques, le masque chirurgical tant décrié au début de la pandémie est devenu aussi performant, voire plus, que le fameux FFP2. Ce FFP2 revendiqué parfait par les industriels était pourtant la panacée. Des recommandations récentes souligneraient que le FFP2 serait devenu moins performant, protecteur, que le masque chirurgical ! Réponse des moutons de Panurge : vous ne savez pas le mettre correctement. Facile de renvoyer la faute non pas au masque, mais à celui qui le porte.

Covid, tu nous as démasqués, nos yeux, notre nez et notre bouche transpirent nos contradictions

Ruptures, vols, faux stocks, copies dangereuses, fabrications artisanales, explosion des prix, la saga de ce bout de tissu sauveur de vie reste à écrire. Un romancier n’aurait pas pu l’imaginer. Covid, tu nous as démasqués, nos yeux, notre nez et notre bouche transpirent nos contradictions. Avec ou sans masque, les mensonges et les informulés politiques finissent toujours par se voir.

* Les prénoms sont systématiquement modifiés.

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