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Dossier : Coronavirus : journal d'un médecin

Coronavirus - Journal d'un médecin : les assistantes sociales de l'hôpital, héroïnes de l'ombre

Le professeur Louis Bernard est infectiologue, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Tours, ancien chef de clinique à Paris. Il livre tous les matins à France Bleu ses pensées sur la crise sanitaire due au coronavirus, à laquelle il est confronté dans son hôpital.

Les assistantes sociales tendent la main aux hommes et femmes pour qui la vie est une bataille permanente.
Les assistantes sociales tendent la main aux hommes et femmes pour qui la vie est une bataille permanente. © AFP - Laure Boyer/Hans Lucas

Louis Bernard est en première ligne dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus. Infectiologue, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Tours, ancien chef de clinique à Paris, il livre tous les matins au réveil son témoignage sur la crise sanitaire à laquelle il est confronté. Il revient sur des histoires individuelles*, réfléchit à la gestion de la crise, confie ses questionnements intimes. C'est son journal de bord, à retrouver tous les jours sur francebleu.fr.

Madame P., très fatiguée, ne pourra pas retrouver seule le chemin de son appartement

Il est 8h30. Le moment du point quotidien avec les personnels du service. Chaque patient, chaque cas, fait l’objet d’un exposé. L’évolution d’une maladie, d’un traitement, pour permettre d’ajuster, de préciser afin de soigner le mieux possible.  

Oui, Madame P. est bien Covid positif. Madame P. doit sortir aujourd’hui de l’hôpital. Ce n’est pas une simple formalité. Madame P. est âgée. Son fils est confiné en Picardie, interdit de tout déplacement. Madame P., très fatiguée, ne pourra pas retrouver seule le chemin de son appartement. Un troisième étage sans ascenseur.

On ne nous harcèle plus avec cette vision uniquement comptable, administrative qui transforme chaque patient en un dossier bourré de procédures et de normes

Heureusement, cette épidémie fait enfin bouger les lignes. On ne nous harcèle plus avec la fameuse et impitoyable DMS. La durée moyenne de séjour. Ou pire encore, la T2A : la tarification à l’activité. Cette vision uniquement comptable, administrative qui transforme chaque patient en un dossier bourré de procédures et de normes. Il y a la maladie. Il y a le malade. Impossible dans la vraie vie de dissocier les deux. 

Les services sociaux, grands oubliés des discours politiques

Alors, nous appelons les services sociaux. Ce sont les grands oubliés des discours politiques. Marie, l’assistante sociale est directe, simple, efficace : non, vous ne pouvez pas, vous ne devez pas faire sortir Madame P.  Marie, attentive, est un rempart humain. Elle oppose toujours la fraternité à nos exigences techniques, matérielles.

Sans bruit, elles tendent la main aux hommes et femmes pour qui la vie est une bataille permanente

Le service social hospitalier vit dans la discrétion et pourtant, les professionnelles qui y travaillent sont des héroïnes de l’ombre. Sans bruit, elles tendent la main aux hommes et femmes pour qui la vie est une bataille permanente.  

Les malades touchés par le Covid, les grabataires, les oubliés de la société confinés dans leur solitude. Toutes et tous retrouvent un visage, une identité, une âme, lorsque le service social hospitalier les prend en charge. Merci. 

* Les prénoms sont systématiquement modifiés.

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