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Dossier : Coronavirus : journal d'un médecin

Coronavirus - Journal d'un médecin : "Mes enfants me manquent"

Le professeur Louis Bernard est infectiologue, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Tours, ancien chef de clinique à Paris. Il livre tous les matins à France Bleu ses pensées sur la crise sanitaire due au coronavirus, à laquelle il est confronté dans son hôpital.

Une ASH (agent des services hospitaliers) réconforte une résidente dans sa chambre (photo d'illustration).
Une ASH (agent des services hospitaliers) réconforte une résidente dans sa chambre (photo d'illustration). © Maxppp - Guillaume BONNEFONT

Louis Bernard est en première ligne dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus. Infectiologue, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Tours, ancien chef de clinique à Paris, il livre tous les matins au réveil son témoignage sur la crise sanitaire à laquelle il est confronté. Il revient sur des histoires individuelles*, réfléchit à la gestion de la crise, confie ses questionnements intimes. C'est son journal de bord, à retrouver tous les jours sur francebleu.fr.

Le Covid nous a séparés

"Mes enfants me manquent. 20 et 21 ans. On dit toujours que c’est le plus bel âge de la vie. Nous, les parents, devrions être présents, attentifs, disponibles. Le Covid nous a séparés. La situation l’impose. Trop dangereux de rester en mode alternatif. Le Covid l’interdit formellement. Il serait fou d’entrer et sortir d’un confinement familial au gré des humeurs ou des occupations de chacune et chacun. Jusqu’ici le virus nous a épargnés mais nous sommes dans le brouillard. Une incertitude permanente, extensive, au cœur de la nuit du Covid.

Au détour d’une phrase, l’inquiétude pointe parfois chez ma fille. Ses questions témoignent de sa vigilance sur ses parents ou sur la pandémie. En 2020, il est presque facile de poursuivre ses études à distance. Mais elle reste seule dans sa chambre, autrefois refuge d’adolescente. Heureusement son ami et des hôtes sympathiques l’ont éloignée transitoirement d’un lazaret sans issue immédiate.

Au détour d’une phrase, l’inquiétude pointe parfois chez ma fille

Toi, mon fils tu tisses tes impatiences au rythme du télétravail. Dans l’attente irritée d’un stage concret, réel, actif, quelque part où la vraie vie existe. Le Covid efface tes envies et tes rêves. Parfois, la colère s’entend au creux d’une interpellation. Pourquoi isoler aussi les jeunes désignés trop facilement coupables alors que nous sommes sans doute moins en danger que nos grands-parents ? Ne pouvait-on pas mettre les plus âgés à l’abri et laisser les jeunes, en bonne santé et solides, s’immuniser collectivement ? Tes remarques sont sans réponse sérieuse pour le moment. Trop d’inconnues.

A travers mes enfants et leurs mots, je n’ai pas de mal à entendre les reproches. Le monde des parents ne fait plus rêver. Destructeur, injuste, pollué, égoïste, et pire que tout, brûlant l’avenir des jeunes. Pourquoi ne pas le faire muter en opportunité ? Il pourrait réconcilier les générations, organiser le vivre ensemble. Ainsi, nous pourrions dissoudre le Covid et dessiner un futur, définitivement humain."

* Les prénoms sont systématiquement modifiés.

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