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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : "l’après nous inquiète beaucoup", estime le chef de la cellule médico-psychologique de la Marne

Une cellule d’urgence médico-psychologique a été ouverte le 23 mars dernier dans la Marne, pour soutenir les soignants et les familles endeuillées pendant la crise de Covid-19. Elle a déjà pris en charge une vingtaine de patients.

Image d'illustration
Image d'illustration © Maxppp - Aurélie AUDUREAU

A mesure que les hospitalisations Covid diminuent dans les hôpitaux, les soignants montrent un besoin de soutien. C'est le constat à l’Etablissement public de santé mentale de la Marne (EPSM) qui a mis en place, il y a un mois, une cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP) à destination des personnels soignants et des familles endeuillées. 

"Sur le plan psychologique, il y a un sentiment d’impuissance ou d’incapacité. C’est un point commun aux personnes que nous pouvons rencontrer", précise le docteur Fabien Getten, médecin psychiatre référent de cette cellule d’urgence médico-psychologique, invité de France Bleu Champagne Ardenne ce lundi matin. 

Une vingtaine de soignants pris en charge

Deux lignes téléphoniques sont à disposition depuis le 23 mars. Depuis l’ouverture de la cellule d’urgence médico-psychologique, au moins une vingtaine de soignants ont pris contact avec la cellule et c'est surtout depuis une semaine que les appels augmentent. "On sent chez certains soignants beaucoup de réserve à venir vers nous. Les gens sont généralement assez pudiques pour parler de leurs difficultés. Pendant, on à la tête dans le sac et on ne peut pas penser à soi. On pense avant tout à ses patients et après on est peut être plus disponible. Mais malgré tout, on voit certains soignants venir à reculons. Ce n’est pas toujours facile de faire la démarche de contacter la cellule psychologique mais il faut qu’ils s’autorisent à le faire", estime le docteur Fabien Getten.

Dès le début de la crise de Covid 19, certains soignants se sont retrouvés en arrêt de travail, incapables d'exercer leur métier. "Parfois, ça bloque psychologiquement et vous devenez totalement inefficace", dit Fabien Getten. Le fait d’être confronté à la mort ou d’anticiper ce moment peut suffire à provoquer ces blocages. "L’anticipation peut parfois être aussi douloureuse que le temps présent", rajoute le psychiatre.

La cellule fonctionne en moyenne avec une dizaine de volontaires mais elle peut mobiliser jusqu'à 80 professionnels dans le département de la Marne, y compris des psychologues libéraux, pour écouter les soignants qui ont besoin de parler.

Une situation exceptionnelle 

L’épidémie de coronavirus que nous traversons est "quelque chose de tout à fait exceptionnel, qui n’a jamais été vécu et qui va certainement changer notre façon de voir et de travailler à l’avenir dans les hôpitaux", souligne le Docteur Getten, qui est un habitué des cellules de crise, comme lors des attentats de Strasbourg. 

"Ça fait malheureusement partie du travail des soignants d’être parfois confrontés à la mort. Là, ça va au delà de la question de la mort. Il y a aussi la question de l’angoisse provoquée par le virus. Il y a tous ces soignants qui avaient peur de ramener le virus chez eux, de le transmettre à leurs proches. J’ai vu plein de gens dans mon service qui étaient très angoissés de pouvoir attraper le virus et de le ramener à leurs parents qui étaient eux-même  malades. On a dû leur demander de rester chez eux, parce que cette angoisse était telle qu’on ne pouvait pas les faire venir dans le service. Sur ce point, c’est tout à fait nouveau, la configuration est nouvelle". 

Peur d’une deuxième vague ? 

L’idée d’une deuxième vague d’épidémie de Covid-19 inquiète les professionnels de santé et forcément elle est présente chez les soignants qui parlent. "La cellule psychologique va devoir peut-être aussi devoir restée ouverte bien au delà de ce que nous avions prévu. Nous sommes encore beaucoup dans l’incertitude par rapport à cet "après" qui nous inquiète beaucoup plus que la situation actuelle. Généralement, sur le plan psychologique, c’est plutôt dans l’"après" qu’on a tendance à s’effondrer sur le plan de l’humeur et des angoisses", dit le docteur Getten. 

La cellule ouverte au moins jusqu'à fin mai

La cellule d'urgence médico-psychologique de la Marne a mis en place deux lignes téléphoniques, du lundi au vendredi, de 9h à 17h au : 

  • 06.48.58.91.15
  • 06.48.58.91.07

En cas de besoin, un entretien individuel sera assuré sur rendez-vous pour les familles endeuillées, au centre Clairmarais de l'Etablissement public de santé mentale de la Marne, 10 Rue Gaston Boyer à Reims. 

Une cellule d'écoute et de soutien psychologique a également été mise en place pour les professionnels de l'EPSM de la Marne. Elle est constituée d'une dizaine de psychologues de l'établissement, dans les locaux de l'hôpital Lewis-Carole, à Châlons-en-Champagne. Des permanences téléphoniques ont lieu du lundi au vendredi, de 9h à 17h. 

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