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CARTE - Canicule : 15 départements toujours en vigilance rouge, 54 désormais en orange
Dossier : Coronavirus Covid-19

DÉCRYPTAGE - Coronavirus : ces signaux qui indiquent une légère reprise de l'épidémie en France

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Plusieurs indicateurs semblent montrer une nouvelle tendance à l'augmentation de la circulation du coronavirus en France. De nombreux pays du monde ont décrété des mesures de reconfinement. Chez nous, le port du masque sera obligatoire dans les lieux clos dès la semaine prochaine.

Le port du masque sera obligatoire dans les lieux clos la semaine prochaine.
Le port du masque sera obligatoire dans les lieux clos la semaine prochaine. © AFP - GODONG / BSIP

"On ne parle pas d'explosion de cas, mais il y a un frémissement qui appelle à la vigilance", prévient Sophie Vaux, de Santé publique France. Il y a une "nouvelle tendance à l’augmentation de la circulation du virus" en France, note en effet SPF dans son dernier point épidémiologique, le 9 juillet. Sans compter la Guyane et Mayotte, où la situation est inquiétante, en Mayenne, en Ile-de-France, en Nouvelle Aquitaine, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, en Bretagne, notamment, certains indicateurs révèlent un léger regain de l’épidémie de coronavirus. 

Des "signaux faibles de reprise" de l'épidémie de Covid-19 sont signalés dans des hôpitaux parisiens, confirme ce jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran sur France Inter, en appelant à la "vigilance" des Français. Il s'agit d'indicateurs "non pas inquiétants, mais d'attention particulière" de reprise, comme le nombre d'appels à SOS Médecins, au Samu et d'admissions à l'hôpital, a-t-il détaillé.

Quels indicateurs permettent de confirmer cette tendance ?

Certes, la baisse du nombre de malades en réanimation se poursuit. Mais selon Xavier Lescure, médecin spécialiste en maladies infectieuses à l’hôpital Bichat de Paris, invité sur franceinfo, les services hospitaliers en France ont constaté "une petite reprise d'activité avec des Covid-19 aigus", la semaine dernière. "Les médecins généralistes nous disent qu'ils ont une petite réaugmentation du nombre de suspicions", note-t-il également.

Les déclarations de Serge Smadja, secrétaire général de SOS Médecins et médecin généraliste à Paris, vont dans le même sens : "Au pic de l’épidémie (…), nous avions dans notre réseau à peu près 2.500 actes pour suspicion de Covid par jour, rappelle-t-il sur France Inter. Au plus bas du déconfinement, on est tombés à une centaine". Or le 14 juillet, ce chiffre est monté à 583. "C'est important de le souligner car cet indicateur est l'indicateur le plus précoce", estime le médecin. 

Autre fait notable : c’est dans des régions relativement épargnées par le virus que l'augmentation des consultations SOS médecins pour des suspicions de Covid est la plus importante. Serge Smadja cite par exemple les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur, Bretagne et Nouvelle-Aquitaine, soit les régions dans lesquelles les Français se rendent en vacances. En Nouvelle-Aquitaine, 10 clusters sont confirmés par l'ARS ce jeudi.

Autrement dit, note Frédéric Adnet, Professeur de Médecine d'Urgence, et chef du service des urgences de l'hôpital Avicenne et du Samu de Seine-Saint-Denis, sur France Inter, "cette augmentation de cas que l'on voit actuellement, ce n'est pas une deuxième vague, c'est une première vague. Simplement l'épidémie progresse vers l'Ouest et vers le Sud".

Selon les données récoltées par Santé Publique France, début juillet, le nombre de cas d'infection confirmés (+14%) et le taux de nouveaux cas étaient également en augmentation par rapport à la semaine précédente. Par ailleurs, huit nouveaux clusters ont été détectés en France au cours des dernières 24 heures. En tout, 97 foyers épidémiques sont en cours d'investigation.

Autre indicateur : le taux de reproduction effectif. Nom de code : R. Il s’agit du nombre moyen de personnes qu'un malade contamine. Si ce chiffre est inférieur à 1, l’épidémie régresse. S’il est égal à 1, l’épidémie se maintient. A partir du moment où un malade infecte deux autres personnes (R=2) ou plus, on considère que l’épidémie se diffuse. Dernièrement, cet indicateur est légèrement reparti à la hausse en France métropolitaine (R= 1,05). Localement, outre les Pays de la Loire et la Guyane, ce taux de reproduction effectif est supérieur à 1 dans deux autres régions : la Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

SPF classe désormais quatre départements en "situation de vulnérabilité" : en Guyane, Mayotte et en Mayenne, elle est considérée "élevée", "modérée" en Gironde

La situation en Mayenne "problématique"

Ce jeudi 16 juillet, sur France Inter, Olivier Véran a même estimé que la situation en Mayenne est "problématique". Le département, qui compte "sept foyers épidémiques en cours d'investigation" selon l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire, a désormais dépassé le seuil d’alerte, avec 50,76 nouveaux cas pour 100.000 habitants détectés en 7 jours, selon le bulletin du 15 juillet de l'Agence Régionale de Santé des Pays-de-la-Loire. 

Une campagne massive de tests a été lancée dans ce département. Il n'y a "pas d'inquiétude particulière, mais une vigilance constante", assure Benoît James, directeur de crise Covid-19 à l'ARS des Pays de la Loire. 

En Seine-Saint-Denis, le seuil de vigilance, fixé à 10 cas pour 100.000 habitants, a été dépassé sur la semaine du 5 au 11 juillet.

"Nous voyons que certains chiffres commencent à remonter doucement. C'est une alerte. En Ile-de-France aujourd’hui, nous avons une trentaine de clusters actifs", prévient Aurélien Rousseau, directeur de l’ARS d’Ile-de-France, ce lundi 13 juillet sur franceinfo. Si "aucun d'entre eux n’est considéré comme critique" pour le moment, il ne faut pas prendre cette reprise à la légère. "Il est suffisamment tôt pour que collectivement, nous réagissions", affirme-t-il.

Il est suffisamment tôt pour que collectivement, nous réagissions

"On est vraiment à un moment où on a des facteurs susceptibles de favoriser la reprise de l'épidémie et c'est absolument ce qu'on doit éviter", confirme Sophie Vaux, de Santé publique France.

Les indicateurs de suivi de l'épidémie en France au 15 juillet.
Les indicateurs de suivi de l'épidémie en France au 15 juillet. © Visactu -

Quelle réponse ? Les masques et les tests 

Selon Jean Castex, la préparation face à une reprise possible de l'épidémie du coronavirus, "passe nécessairement par le développement du port du masque et une intensification de notre politique de dépistage". Ce jeudi, le Premier ministre a finalement annoncé que l'obligation du port du masque dans les lieux clos allait rentrer en vigueur dès la semaine prochaine. A l'origine, cette mesure devait pourtant devenir obligatoire à partir du 1er août. Trop tard ? 

"Il faut du temps pour s'approprier une nouvelle doctrine, et donc le rendre obligatoire dans un certain délai permet ce travail d'appropriation" par les Français, avait argumenté ce mardi soir le ministre de la Santé Olivier Véran. "D'où viennent les masques, comment s'assurer que les Français en disposent ? Nous devons pouvoir répondre à ces questions, cela nécessite d'avoir quelques jours", a-t-il ajouté, lors d'un point presse à l'issue d'une visite à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (AP-HP).

Au vu des derniers bilans de Santé Publique France et des demandes de plus en plus pressantes des médecins, des maires ou encore des commerçants, l'exécutif a donc accéléré le pas.

Olivier Véran affirme aussi avoir fait envoyer "1,5 million d'ordonnances de diagnostic" dans la région Ile-de-France, et autorisé les techniciens de laboratoires à réaliser des prélèvements pour faire face à la hausse des demandes. "Il y a un grand nombre de Franciliens qui souhaitent partir en vacances et qui veulent se faire tester avant de partir, ce qui veut dire qu'il y a un afflux massif de personnes qui veulent accéder aux laboratoires depuis quelques jours", a souligné M. Véran.

Il y a donc un "besoin de ressources humaines, de bras, pour faire autant de tests PCR (par écouvillons, NDLR) qu'il y a de demandes". L'aéroport de Roissy est notamment capable de réaliser jusqu'à "2.000 personnes par jour", affirme-t-il. Et sur leurs lieux de vacances, les Français, "où qu'ils soient, auront la possibilité de se faire tester", a assuré le ministre, qui préfère "convaincre" à faire des examens que de "contraindre".

Dans certaines communes du littoral Atlantique, le taux de présence du virus est également testé dans les eaux usées. Un bon indicateur de l’évolution de la contamination de la population. Ainsi, sur le bassin d’Arcachon et en en Charente-Maritime, une surveillance de la charge virale à l’entrée et à la sortie de stations d'épuration a été déployée.

Serons-nous reconfinés ? 

Le gouvernement veut absolument éviter un nouveau confinement. "Ce que nous devons par-dessus tout éviter, c'est un retour à des formes strictes et larges de confinement, dont nous connaissons désormais le coût", a affirmé le nouveau Premier ministre Jean Castex ce mercredi 15 juillet, lors de son discours de politique générale. Le gouvernement s'attend à un taux de chômage supérieur à 10% fin 2020 contre 8,1% fin 2019.

Ce jeudi devant le Sénat, Jean Castex a prédit une récession en 2020 de 11%, "la plus sévère" depuis la création des comptes nationaux. "Derrière les données comptables, des drames humains, des territoires meurtris. Tout cela nous devons le prévoir, l'accompagner, le soulager", a-t-il ajouté. "La lutte contre le chômage et la préservation de l'emploi" seront donc "la priorité absolue des 18 prochains mois", a promis le nouveau Premier ministre. Or, un reconfinement aurait des conséquences catastrophiques sur l’emploi et l’économie du pays. 

Ailleurs dans le monde, pourtant, des régions ont choisi de se reconfiner. C’est sur le continent américain que la situation est actuellement la plus inquiétante, avec 137.200 décès aux Etats-Unis et plus de 150.000 en Amérique latine et aux Caraïbes, selon un comptage de l’AFP effectué à partir de chiffres officiels. L'Europe, elle, compte 203.793 décès depuis le début de la pandémie.

Ce lundi, l’Etat de Californie a décidé de durcir les restrictions pour les commerces, généralisant notamment la fermeture des bars, salles de restaurants, cinémas et zoos à tout le territoire. En Argentine, là aussi, les mesures de confinement ont été durcies, à Buenos Aires et sa périphérie, jusqu’à ce vendredi. Bogota, principal foyer de la pandémie en Colombie, a renforcé depuis lundi le confinement, avec des "quarantaines strictes" par zones : 2,5 millions de personnes resteront chez elles à tour de rôle.

Plus près de chez nous, en Europe, la ville de Lérida en Espagne, ainsi que plusieurs communes environnantes de Catalogne, se sont reconfinées, après un bras de fer avec la justice, qui estimait cette décision du gouvernement régional "contraire au droit".

L’Irlande, qui devait rouvrir pleinement ses bars ce lundi, a finalement repoussé la dernière phase du déconfinement au 10 août. Les masques seront dorénavant obligatoires dans les magasins. Des mesures de reconfinement partiel ont aussi été ordonnées dans la région de Lisbonne : 700.000 habitants d'une vingtaine de quartiers devront rester chez eux jusqu’à fin juillet. 

Le 29 juin, le gouvernement britannique avait déjà décidé de reconfiner la ville de Leicester, avec fermeture des magasins non essentiels. Le port du masque sera obligatoire dans tous les magasins en Angleterre à compter du 24 juillet.

En Inde, 10% de la population, soit 126 millions de personnes du Nord-Est du pays, a été reconfinée dans la nuit de mercredi à jeudi, pour deux semaines. L’Algérie, le Maroc, l’Australie, le Vénézuela, la Bolivie, Madagascar, l’Afrique du Sud, Hong Kong, les Philippines, l’Azerbaïdjan, l’Ouzbékistan, la Cisjordanie, Israël, ont tous pris des mesures de reconfinement plus ou moins strictes ces derniers jours. 

Quelles régions ou villes du monde sont reconfinées ?
Quelles régions ou villes du monde sont reconfinées ? © Visactu -

A quoi est due cette reprise ? 

A l’origine de ce rebond, le non-respect des gestes barrière : mesures d'hygiène, distanciation physique, port du masque… "Ce sont essentiellement nos comportements qui conditionnent la reprise épidémique", rappelait Jérôme Salomon dans le Figaro la semaine dernière.

Et même si la circulation virale se maintient à un niveau bas, selon SPF, "à partir du moment où il y a une circulation, même à bas débit, on n’est jamais à l'abri d'une augmentation", admet le docteur Xavier Lescure.

SPF a établi qu'avant mi-avril, près de 7 % de la population de France métropolitaine (6,7% exactement) avaient déjà été infectés par le nouveau coronavirus, soit 4.368.000 personnes. Le Grand-Est (10,98 %) et l'Ile-de-France (10,57 %) regroupaient les proportions de gens déjà infectés les plus élevées et la Corse (0,61 %), les plus faibles, selon ces estimations. Pour le Covid-19, le taux d’immunité collective se situe à 70% de la population touchée, calcule l’Institut Pasteur, qui rappelle de toute façon que "tout cela ne vaudra, bien entendu, que si l’infection naturelle protège, ce qui n’est pour l'instant pas démontré, en particulier pour les sujets qui n’ont été que porteurs."

"Notre risque majeur, ce sont les grands rassemblements dans lesquels des personnes sont contaminées massivement et où ce serait compliqué de remonter les chaînes de contamination", prévient Aurélien Rousseau de l’ARS Ile-de-France. Le week-end dernier, le concert du DJ The Avener a fait polémique à Nice, les images d’une foule rassemblée sur la promenade des Anglais, souvent sans masques, faisant le tour du web. 

D’autant que depuis peu, selon l’Organisation mondiale de la santé, "des preuves émergent" sur une transmission du Covid-19 par l’air. Si les gouttelettes et les contacts par les mains ou les surfaces demeurent les voies de contamination privilégiées, un tel mode de transmission "ne peut être exclu" dit l’OMS, notamment dans "certains endroits fermés, comme les lieux très fréquentés et mal aérés" et lorsque les gens y sont présents "pendant une durée de temps longue". Une nouvelle qui justifie d'autant plus le port du masque dans les lieux clos. 

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