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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : l'hydroxychloroquine et la chloroquine pas efficaces et même néfastes selon une étude

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Une vaste étude parue ce vendredi et menée sur près de 15.000 malades alerte sur la chloroquine et son dérivé l'hydroxychloroquine. Ces molécules ne sont pas efficaces contre le Covid-19 chez les malades hospitalisés et augmentent même le risque de décès et d'arythmie cardiaque, prévient l'étude.

Les patients ont reçu quatre combinaisons différentes à base de chloroquine et d'hydroxychloroquine (photo d'illustration).
Les patients ont reçu quatre combinaisons différentes à base de chloroquine et d'hydroxychloroquine (photo d'illustration). © AFP - NARINDER NANU

Menée sur près de 15.000 malades, il s'agit de la "première étude à large échelle" à montrer une "preuve statistique robuste" que ces deux traitements qui font couler tant d'encre, "ne bénéficient pas aux patients du Covid-19", déclare dans un communiqué le Dr Mandeep Mehra, auteur principal de l'étude publiée ce vendredi dans la prestigieuse revue médicale The Lancet.

Ni la chloroquine, ni son dérivé l'hydroxychloroquine ne se montrent efficaces contre le Covid-19 chez les malades hospitalisés, et ces molécules augmentent même le risque de décès et d'arythmie cardiaque, prévient l'étude qui recommande de ne pas les prescrire en dehors des essais cliniques.

Analyse des données d'environ 96.000 patients infectés par le virus

Les patients ont reçu quatre combinaisons différentes à base de chloroquine (un anti-paludéen) et d'hydroxychloroquine (prescrit contre la polyarthrite rhumatoïde par exemple) : les traitements étaient soit administrés seuls, soit associés à un antibiotique de la famille des macrolides. 

L'étude a analysé des données d'environ 96.000 patients infectés par le virus SARS-CoV-2 admis dans 671 hôpitaux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, sortis ou décédés depuis. Environ 15.000 d'entre eux ont reçu l'une des quatre combinaisons (chloroquine seule ou associée à l'antibiotique, hydroxychloroquine seule ou associée à ce même antibiotique), puis ces quatre groupes ont été comparés aux 81.000 malades du groupe témoin n'ayant pas reçu ce traitement. 

Taux de mortalité bien plus élevé

Résultat, les quatre traitements ont tous été associés à un risque de mortalité bien plus élevé qu'au sein du groupe témoin (qui était de 9,3%) : 16,4% de décès pour la chloroquine seule, 22,2% quand elle était combinée à l'antibiotique; 18% pour l'hydroxychloroquine seule, et 23,8% quand elle était associée au même antibiotique.

Les auteurs estiment ainsi que le risque de mortalité est de 34% à 45% plus élevé chez des patients prenant ces traitements que chez des patients présentant des facteurs de comorbidité, c'est-à-dire de facteurs de risques.

Risque d'arythmie plus élevé

Ils ont aussi découvert de sérieuses arythmies cardiaques graves plus fréquentes chez les patients recevant chloroquine ou hydroxychloroquine, surtout avec la combinaison hydroxycholroquine/macrolide (8% des malades contre 0,3% dans le groupe témoin). 

Le risque d'arythmie serait au final cinq fois plus élevé avec la prise de ces deux molécules, même si le lien de cause à effet n'est pas directement prouvé, expliquent les auteurs qui demandent une confirmation "urgente" via des essais cliniques randomisés (patients choisis par tirage au sort) avant toute conclusion. 

Soulignant que des études préliminaires à petite échelle ont déjà "échoué à identifier des preuves robustes d'un bénéfice" de ces deux traitements, "nous savons maintenant avec notre étude que les chances d'améliorer" l'état des malades du Covid-19 "sont plutôt minces", écrit le Dr Frank Ruschitzka, du centre hospitalier universitaire de Zurich, coauteur.

Le recommandations de l'étude

Alors que plusieurs pays comme le Brésil parient sur l'usage de la chloroquine et de son dérivé, l'étude recommande de ne pas administrer ces traitements en dehors des essais cliniques. L'hydroxychloroquine est actuellement testée dans plusieurs essais cliniques, dont l'essai européen Discovery.

Le ministre de la Santé réagit

En réaction à cette étude, le ministre de la Santé Olivier Véran a demandé samedi au Haut conseil de la santé publique (HCSP) de proposer "sous 48 heures une révision des régles dérogatoires de prescription" de divers traitements comme l'hydroxychloroquine.

Une étude "foireuse" selon le Pr Raoult

"Comment voulez-vous qu'une étude foireuse faite avec les big data (masse de données) change ce que nous avons ?", a réagi le Pr Didier Raoult dans une vidéo postée sur le site de l'établissement de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection à Marseille lundi. "Ici (à l'IHU), il nous est passé 4.000 personnes dans les mains, vous ne croyez pas que je vais changer parce qu'il y a des gens qui font du big data, qui est une espèce de fantaisie complètement délirante qui prend des données dont on ne connait pas la qualité, qui mélange tout, qui mélange des traitements dont on ne connaît pas la dose donnée", a-t-il défendu.

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