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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : l'impossible deuil d'une famille du Territoire de Belfort

Une habitante de Valdoie, dans le Territoire de Belfort, n'a pas pu dire adieu à son mari, décédé la semaine passée du coronavirus. En raison des mesures de protection, l'enterrement s'est déroulé à huis clos. Impossible de faire son deuil nous confie l'épouse du défunt.

photo d'illustration
photo d'illustration © Maxppp - Rémy Perrin / Le Progrès

C'est une douleur qui s'ajoute à la douleur. Perdre un proche est déjà terriblement éprouvant pour les familles. C'est encore plus dur à supporter en pleine pandémie de coronavirus. Les personnes décédées du COVID 19, ou simplement suspectées d'être infectées, sont immédiatement mises en bière par les services de pompes funèbres. Les familles ne sont pas autorisées à leur faire leurs adieux. Les cérémonies se font dans une intimité des plus strictes, avec un nombre extrêmement réduit de personnes. Que ce soit pour l'église, au cimetière ou au crématorium. 

"Nous n'étions que quatre à l'enterrement" - Danièle

Une Valdoyenne (habitante de Valdoie, banlieue de Belfort) vient de perdre son mari, emporté (le 17 mars dernier) en quelques jours par le coronavirus à l'âge de 80 ans (il souffrait de maladie cardiaque). "Nous n'étions que quatre à l'enterrement, mon fils, ma belle-fille, mon petit-fils et moi-même, c'est tout" explique Danièle. 

"Comme il est décédé du COVID-19, la mise en bière a été immédiate, le corps de mon mari a été tout de suite mis dans un sac plastique (sic) et ensuite dans un cercueil plombé que j'ai choisi par internet". 

Danièle nous confie avoir quand même eu l'autorisation d'assister à la mise en caveau du cercueil de son époux au cimetière. Elle n'a fait d'ailleurs publier les bans qu'au lendemain de la bénédiction pour qu'il y ait personne.

"Voir partir son mari après 52 ans de vie commune sans pouvoir l'embrasser, c'est horrible"

Mais pour Danièle, le plus dur, au-delà d'une inhumation en catimini, c'est d'avoir été privée de moments si importants quand on perd un proche "C'est très difficile d'admettre de laisser partir son mari au bout de 52 ans sans pouvoir l'embrasser, le serrer une dernière fois dans ses bras, sans lui dire adieu, et c'est ce qui s'est produit, c'est terrible, terrible !" 

Le témoignage de Danièle qui vient de perdre son mari, décédé du COVID-19

"C'est une douleur encore plus insupportable mais je comprends ces mesures de protection pour des morts du coronavirus"

La Valdoyenne dit ressentir une douleur "encore plus insupportable" mais admet "comprendre les règles imposées" de chaîne funéraire réduite à son minimum et avec un protocole de protection très strict pour les personnes décédées du coronavirus ou même seulement suspectées "Il n'y avait pas d'autres solutions" dit-elle. Danièle compte bien, une fois passé cette crise sanitaire, "rendre un hommage mérité" à son mari, très présent dans le milieu associatif de sa commune, pour qu'enfin sa famille puisse faire son deuil.

Des mises en bière immédiates

Un responsable de pompes funèbres du Territoire de Belfort nous explique en effet que les mises en bière doivent être le plus rapide possible pour une personne décédée du COVID-19 imple"Nous sommes équipés de gants, d'une combinaison, de lunettes, et nous mettons le corps dans une housse avant de le placer dans un cercueil simple". Ce professionnel nous avoue que son activité, comme celle de ses confrères, connaît une augmentation significative avec la pandémie de coronavirus _"Je dirige une petite structure de pompes funèbres, et en général, je suis chargé de 4 à 5 décès par mois, là j'en ai déjà eu 3 en un week-end_" confie-t-il quelque peu dépité "L'ambiance est vraiment très lourde". Et ce n'est certainement, et malheureusement, que le début.

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