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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : pour enrayer la pandémie, la France va t-elle nous pister via nos smartphones ?

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Par , France Bleu

Pour tenter d'enrayer la progression du coronavirus, la France planche sur une stratégie numérique d'identification des personnes ayant été au contact de personnes infectées", en utilisant les technologies numériques. Plusieurs pays ont déjà recours à cette technique.

Les données de géolocalisation récupérées par nos smartphones pour lutter contre la propagation du coronavirus
Les données de géolocalisation récupérées par nos smartphones pour lutter contre la propagation du coronavirus © Maxppp - Leyla Vidal

Le nouveau "Comité analyse recherche et expertise" (CARE), est en place en France depuis mardi. Il réunit 12 chercheurs et médecins pour conseiller le gouvernement sur les traitements et les tests contre le coronavirus.  

En dehors de l'aspect purement sanitaire portant notamment sur les études thérapeutiques, l'objectif de ces scientifiques est aussi de "conseiller le gouvernement pour ce qui concerne les pratiques de 'backtracking' qui permettent d'identifier les personnes en contact avec celles infectées par le virus du COVID-19", explique l'Elysée.  

Il faut dire que tous les pays s'organisent pour tenter de mettre un terme à la pandémie. L'OMS, l'Organisation mondiale de la santé a demandé à tous les pays de "prendre les mesures les plus audacieuses pour arrêter la propagation du virus.  

Collaboration entre Orange et l'Inserm

Orange n'a pas attendu mardi et la création du nouveau comité de chercheurs installé à l'Elysée. L'entreprise travaille depuis quelques jours avec les chercheurs de l'Institut français de la recherche médicale (Inserm) sur l'exploitation de données de géolocalisation anonymisées, pour mieux suivre les mouvements de la population en France pendant la pandémie. Les indicateurs pourront notamment permettre "d'estimer les mobilités par zone pour vérifier l'effectivité des mesures de confinement", précise l'opérateur de Telecom. Il s'agirait alors "d'évaluer la discipline collective, et d'adapter en conséquence, à l'échelon national ou local, les mesures prises". 

Les données de géolocalisation récupérées grâce à nos smartphones "permettront d'améliorer les estimations prévisionnelles épidémiologiques par zone", pour "adapter en temps réel le système de soin aux prévisions de nouveaux cas.

Cédric O, Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances et du ministre de l'Action et des Comptes publics, chargé du Numérique indique que "des  contacts sont en cours" avec les "nombreux pays" comme l'Allemagne, le Royaume-Uni qui ont entrepris de développer des applications numériques destinées à combattre la propagation de l'épidémie". En Italie, les opérateurs télécoms collaborent déjà avec les autorités sanitaires en leur donnant accès aux données de localisation des téléphones portables.  

Qu'en est-il de nos données personnelles ? 

Dans plusieurs autres pays, ces applications sont déjà utilisées , au risque parfois d'être particulièrement intrusives. C'est le cas en Chine, à Taïwan où par exemple les habitants confinés sont surveillés grâce à leur signal GPS et des appels téléphoniques quotidiens. Même chose en Israël où l'Etat hébreux est aidé par les services secrets.

En Russie, des milliers de Moscovites confinés sont catalogués avec leurs adresses, la copie de leurs passeports et leurs numéros de téléphone dans une base de données. Ils sont aussi surveillés par des caméras de surveillance installées dans les transports, dans les rues.  

Selon Orange, en France, tous ces systèmes seront "construits en toute conformité avec la réglementation sur les données personnelles". Le groupe Télecom précise qu'il ne fournirait dans ce cadre "que des données agrégées", ne comportant aucune information sur l'identité, ni même sur l'âge ou le sexe des personnes concernées. 

Le comité européen de la protection des données personnelles (EDPB), qui fédère les Cnil (agences protectrices des données personnelles) des Etats membres, a rappelé lundi que le traitement de telles données anonymisées et agrégées, à des fins notamment de "cartographie" de la population, est autorisé par la réglementation européenne. 

Selon la directive ePrivacy, les données de localisation "peuvent être utilisées par l'opérateur (lorsque) elles sont rendues anonymes, ou bien avec le consentement des individus concernés", et seulement dans ces deux cas de figure, avait-elle indiqué. 

De son côté, la Quadrature du Net, une association qui promeut et défend les libertés sur le net estime que tous les éléments sont déjà en place pour une telle collecte en France. "La loi renseignement de 2015, autorise justement une telle collecte des données" mais "elle n’est censée être tenue qu’à la lutte anti-terrorisme" rappelle l'association.

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