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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : la hausse du nombre de cas chez les jeunes adultes, une bombe à retardement pour la rentrée ?

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Par , , France Bleu

Depuis plusieurs semaines, le nombre de cas positifs au coronavirus augmente en France, principalement chez les jeunes adultes. Cette circulation active du virus chez les plus jeunes fait craindre un phénomène de contagion chez les personnes plus âgées, plus vulnérables.

Sur les bords de la Marne, quelques jeunes profitent des rayons de soleil (photo illustration)
Sur les bords de la Marne, quelques jeunes profitent des rayons de soleil (photo illustration) © AFP - Laurence Kourcia / Hans Luca

Depuis plusieurs semaines, le nombre de nouveaux cas positifs au coronavirus ne cesse d'augmenter. Avec un constat, sans appel, rappelé par le ministre de la Santé Olivier Véran ce dimanche dans une interview accordée au JDD : "Le virus circule quatre fois plus chez les moins de 40 ans que chez les plus de 65 ans".

L'étude de la positivité des tests réalisés en France ces dernières semaines montre en effet que le nombre de tests positifs continue d'augmenter de façon exponentielle, surtout chez les patients de 20 à 39 ans. 23% des tests positifs recensés à la fin du confinement concernaient des malades compris dans cette tranche d'âge (calcul basé sur le nombre moyen quotidien de tests positifs en France sur les 7 derniers jours), aujourd'hui c'est près d'un test sur deux (49%). Dans le même temps, les personnes de plus de 60 ans ne constituent plus aujourd'hui que 12% des tests positifs, contre 47 % mi-mai.

La positivité des tests selon l'âge
La positivité des tests selon l'âge © Visactu

Pas d'incidence immédiate sur le nombre d'hospitalisations

Une dynamique inverse qui s'explique par deux facteurs. Le premier, c'est que le nombre de tests réalisés était moins important au mois de mai qu'à l'heure actuelle. Ils étaient en outre réalisés en priorité sur des patients atteints de formes graves, et donc des populations les plus âgées, plus vulnérables au virus. En testant davantage les plus jeunes, on trouve davantage de cas. Le deuxième facteur, c'est le fait que "la majorité des transmissions se fait désormais dans des situations festives des plus jeunes, où les gestes barrière ne sont pas respectés", selon Olivier Véran.

Cette forte augmentation du nombre de cas chez les plus jeunes, au fil des semaines, n'a pour le moment pas été suivie d'évolution notable du nombre des personnes hospitalisées ou en réanimation. Depuis le pic atteint le 8 avril, avec 7.148 patients en réanimation, ce chiffre n'a cessé de baisser jusqu'à fin juillet et évolue peu depuis (379 en fin de semaine dernière). Plus de cas positifs détectés, donc, mais pas d'impact majeur sur les hôpitaux. Le virus "semble circuler préférentiellement pour l'instant dans des populations peu fragiles, peu sensibles aux formes graves de l'infection : des populations jeunes ou des gens qui n'ont pas de facteur de risque", estimait récemment le virologue Vincent Maréchal sur France 2.

Un effet mécanique difficilement évitable

Mais la situation inquiète. Pour de nombreux médecins, la diffusion vers les populations à risque (âgées ou présentant un facteur de fragilité tels que le diabète ou l'obésité) de l'augmentation de la circulation du virus n'est qu'une question de temps. Le prochain défi va donc consister, lors de la rentrée de septembre, à éviter qu'un trop grand nombre de personnes ne soient contaminées, car comme le montrent les courbes sur notre infographie, l'augmentation des cas positifs pour une tranche d'âge s'accompagne d'une hausse mécanique des cas pour toutes les tranches d'âge.

"Une augmentation" de la proportion de nouveaux cas, certes moins forte que dans d'autres classes d'âge, est d'ailleurs déjà "observée chez les personnes âgées de plus de 65 ans", soulignait Santé Publique France en fin de semaine dernière. Pour Pierre Tattevin, chef du service en maladies infectieuses du CHU de Rennes et président de la SPILF, la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française, "les tranches de population sont un peu artificielles". "On ne peut pas imaginer qu'il y ait une épidémie chez les 20 à 40 ans et que les 40-80 ans ne soient pas touchés", explique-t-il. "Les populations se croisent, donc si on laisse un fort pourcentage des jeunes se contaminer, on va avoir une augmentation aussi chez les plus âgés".

Des mesures ciblées pour la rentrée ?

Même inquiétude du côté du ministère. "Si la circulation du virus s'accélère encore chez les plus jeunes, ils pourraient contaminer les personnes âgées, qui contractent plus souvent des formes plus graves de la maladie", a alerté Olivier Véran. 

Le passage entre les publics se fait déjà. - Olivier Véran

"Il faut à tout prix éviter cette situation qui mettrait en tension notre système sanitaire et serait extrêmement problématique", a martelé le ministre de la Santé, prenant pour exemple le département des Bouches-du-Rhône, "où on a 188 nouveaux cas pour 100.000 personnes de 20 à 40 ans". "Or on constate depuis trois semaines que les tests positifs augmentent chez les seniors", a-t-il fait remarquer. "Le passage entre les publics se fait déjà, et aucun argument scientifique ne vient étayer" la théorie d'un virus "moins dangereux", a rappelé le ministre. "Le Covid qui se propage est le même que celui qui a coûté la vie à 30.000 Français. Seul le profil des malades a changé, plus jeune et donc moins symptomatique".

Un constat qui pousse les autorités à envisager "de nouvelles mesures rapidement" dans ce département, a annoncé Olivier Véran, précisant que le Premier ministre avait tenu une réunion avec les ministres concernés à ce sujet. Le ministre de la Santé a par ailleurs tenu à rassurer sur les capacités d'accueil des hôpitaux, en affirmant que "nous sommes capables d'accueillir jusqu'à 29.000 malades en réanimation", alors qu'il y avait eu au total "17.000 passages en réanimation lors de la vague épidémique du printemps".

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