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Dossier : Coronavirus

Dépistage, masques, confinement : les réponses d'une virologue normande à vos questions sur le coronavirus

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Cotentin, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Astrid Vabret était ce vendredi matin l'invitée de France Bleu. Masques, durée du confinement, ampleur de la pandémie du coronavirus en Normandie... Cette virologue au CHU de Caen et une des spécialistes du coronavirus en France a répondu aux questions de nos auditeurs.

Astrid Vabret, Virologue au CHU de Caen
Astrid Vabret, Virologue au CHU de Caen © Radio France - Francis Gaugain

Astrid Vabret est virologue au centre hospitalier de Caen et une des spécialistes du coronavirus en France. Alors que le nombre de cas accueillis dans les hôpitaux normands a augmenté de 79% depuis le début de la semaine, Astrid Vabret a répondu aux questions de nos auditeurs ce vendredi 27 mars 2020 sur France Bleu.

Astrid Vabret, virologue au CHU de Caen, répond à vos questions au micro de Thomas Schonheere

Comment expliquer la mort d'une adolescente de 16 ans en région parisienne ?

"Ce cas sort un peu de ce que l'on attend parce que la population jeune n'est pas ciblée comme une population à risque mais il y a toujours des cas exceptionnels. Ils rappellent que tout le monde est concerné même s'il y a des populations plus à risque."

Les hôpitaux normands pourront-ils accueillir tout le monde quand la vague sera là ?

"On a une région encore relativement épargnée si on compare avec les régions de l'Est, du Nord et de la région parisienne. Je pense que les hôpitaux de l'Ouest de la France ont plus de temps pour se préparer. Néanmoins on ne connaît pas l'ampleur de la vague. Le confinement est arrivé à un moment ou les régions de l'Ouest étaient moins touchées. On peut donc espérer une vague un petit peu moins importante mais c'est de l'espoir."

En quoi les tests de dépistage peuvent-ils aider à maîtriser l'épidémie ?

"Il y a deux type de tests : il y a les tests où l'on détecte le virus dans les voies respiratoires et qui permettent de dire si la personne est infectée ou pas. Faire plus de tests veut alors dire repérer plus de gens infectés et prendre des mesures autour de ces personnes. Et puis il y a d'autres tests qui recherchent les anticorps dirigés contre ce virus et qui sont portés par les gens qui ont été infectés même sans le savoir."

"Ces tests permettront de connaître la véritable pénétration du virus dans la population française et nous donner une idée de ce qu'on appelle 'l'immunité de troupeau'. Et plus il y aura de personnes qui auront été infectées et plus on aura une idée de l'avenir et potentiellement d'une seconde vague et de l'ampleur de cette seconde vague. Ces deux tests sont importants et seront appliqués pour manager la sortie du confinement."

Quelle sera la durée du confinement ?

"Le conseil scientifique a parlé de six semaines. Cela me semble raisonnable. Mais la grande question est _comment on sort du confinement et comment on gère correctement cette sortie_. Comment on assure la surveillance à la sortie du confinement et éventuellement des retours à des confinements partiels. C'est une situation un petit peu inédite et il ne faut pas imaginer qu'on a une stratégie qui ne peut pas évoluer."

Faut-il systématiquement porter un masque ? 

"On doit forcément avoir des consignes qui sont en regard du nombre de masques disponibles. On peut avoir un désir que tout le monde porte un masque tout le temps comme font par exemple les Coréens. On est obligé de prendre des décisions en fonction du nombre de masques disponibles et je pense que les recommandations qui sont faites actuellement sont tout à fait pertinentes dans ce cadre-là, c'est à dire _les réserver aux personnels soignants_."

Une personne guérie du coronavirus peut-elle reprendre le travail ?

"Quand on est guéri, oui, on va pouvoir reprendre le travail. Quand on a eu l'infection et qu'on est guéri, notre organisme a acquis une protection. On a éliminé le virus de son organisme. On a gagné la bataille contre le virus. On ne peut pas être réinfecté de suite. La seule chose que l'on ne connait pas c'est la durée de cette protection : huit mois, deux ans, un mois ? On ne sait pas."

Peut-on fabriquer ses propres masques ?

"C'est une bonne idée si la matière utilisée est la bonne. Le tissu notamment, mal utilisé, peut être plus dangereux que protecteur. On peut vouloir faire des masques OK, mais il faut faire des masques protecteurs or _ce n'est pas si évident que cela_. Par exemple pour les masques en tissu, il faut utiliser les bons matériaux et qu'ils s'adaptent aux formes du visage, qu'ils ne grattent.... C'est une question simple mais qui n'est pas si facile à réaliser."

Pendant quel délai risque-t-on d'être contaminé au contact d'un proche malade du coronavirus ?

"Il y a un forcément un risque de transmission. On sait que la période d'incubation (la période séparant la contamination de l'apparition de signes) est de douze à quatorze jours. _Si les personnes n'ont pas développé de signes au bout de quatorze jours_, cela veut dire qu'elles n'ont pas été contaminées ou alors elles ont été contaminées mais ont fait une forme très peu sévère de l'infection voire sans symptômes."

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