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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : le CHU de Montpellier se prépare à une hausse brutale du nombre de patients

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Par , France Bleu Hérault

Le CHU de Montpellier se prépare à une progression accélérée du virus, comme chez nos voisins espagnols ou italiens. La mise en oeuvre du plan blanc, niveau 1, avance : réorganisation des services, report des opérations non urgentes, recensement des personnels soignants disponibles...

Les différents services du CHU de Montpellier se préparent à la hausse à venir du nombre de patients atteints du coronavirus.
Les différents services du CHU de Montpellier se préparent à la hausse à venir du nombre de patients atteints du coronavirus. © Radio France - Marie Ciavatti

Au lendemain des annonces du président Macron, les différents services de CHU se disent prêts à faire face à un afflux soudain de patients atteints du Covid-19. A ce jour, trois patients sont en réanimation dans un état grave, 12 sont hospitalisés au service d'infectiologie et 25 autres cas déclarés sont chez eux en confinement suivis à domicile par le service médical via une application. Montpellier n'est pas au seuil épidémique mais, de l'aveu des médecins, il faut s'attendre à court terme à une "vague très forte et brutale". Le CHU a fait le point ce vendredi 13 juin sur la mise en place du niveau un du plan blanc."Il doit nous permettre d'anticiper l'arrivée du virus pour ne pas lui courir après", explique son directeur Thomas Le Ludec. 

Le 15 sature

Une forme d'état d'urgence. "Raison de plus pour ne pas engorger le 15", a rappelé en introduction le directeur. Car depuis trois jours le nombre d'appels explose : 200 dimanche dernier, 473 lundi et plus de 1.000 ce jeudi. Le service est à saturation. "Quand on a pas de symptômes : toux, fièvre, essoufflement ce n'est pas la peine d'appeler le Samu. Si c'est pour avoir des renseignements, appelez le numéro gouvernemental"

"Pour que le 15 fonctionne, ça suppose le civisme de chacun." Thomas Le Ludec, directeur du CHU

Report des activités non urgentes

Le passage au niveau 1 du plan blanc, qui se prépare depuis plusieurs jours, implique notamment le report des opérations non urgentes pour libérer des lits et du personnel. C'est une mesure exceptionnelle mais "pas d'inquiétude, tempère Patrice Taourel président de la commission médicale du CHU. Je voudrais rassurer les gens. _Ces déprogrammationsc'est de l'ordre de 50%_. Lorsqu'il n'y pas de "perte de chance" à faire la même chose deux ou trois mois après. Par exemple, pour un cancer qui vient d'être dépisté, il va être pris en charge tout de suite. Pour une personne qui est en surveillance pour un diabète, faire ses examens de surveillance deux ou trois mois après, c'est pas une difficulté. 

La moitié des opérations reportées, ce n'est pas rien, quand on sait que 45.000 interventions sont pratiquées chaque année au CHU. Les cliniques privées se sont elles aussi engagées à reporter les opérations qui ne sont pas nécessaires. 

"Ces déprogrammations c'est de l'ordre de 50%". Patrice Taourel, président de la commission médicale du CHU

Mobilisation des personnels

Le plan prévoit aussi une mobilisation accrue du personnel. Il s'agit de tenir prêts les effectifs et même de réquisitionner si besoin. "Je dirais pas que c'est comme une guerre, mais presque. C'est une bataille à mener. _Les troupes sont prêtes_. Si on voit que la courbe (des malades) augmente de façon brutale on pourra mobiliser encore plus. On a un recensement du personnel mobilisable : 150 médecins séniors et autant de juniors. Donc 300 uniquement pour le secteur de réanimation", indique le Professeur Samir Jaber, chef du département anesthésie réanimation à Saint Eloi. 

"Si on voit que la courbe (des malades) augmente de façon brutale on pourra mobiliser encore plus". Le Pr Sami Jaber

Il entend faire appel également au personnel parti à la retraite depuis moins de cinq ans. Le but étant de pouvoir faire face même si demain le nombre d'admissions triple.

Un hôpital sur le pied de guerre

Le CHU, enfin, a réorganisé ses services en un temps record. Le service infectiologie de l'hôpital Saint Eloi a été déplacé vers la réanimation à Lapeyronie, afin d'éviter les déplacements des malades... Aux urgences, une deuxième filière d'urgence respiratoire dédiée au Covid-19 a été aménagée, en plus de la filière générale pour éviter de potentielles contaminations. 

"C'est une _réorganisation profonde_, un hôpital sur le pied de guerre, explique Thomas Le Ludec, directeur du CHU. Des situations comme celle là, à ma connaissance...? Il y a les hôpitaux parisiens pendant les attentats... Sinon, en 30 ans de vie hospitalière, c'est la première fois que nous faisons ça à ce rythme. En 48 heures ! Nos professionnels ont réalisé un véritable exploit."

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