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Coronavirus : le cri d'alarme des patients "sacrifiés" par les déprogrammations dans les hôpitaux

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Par , France Bleu

Des associations de patients et de proches de malades s'inquiètent des conséquences des déprogrammations d'opérations dans les hôpitaux en raison du coronavirus. Elles alertent ce mardi 6 avril dans une tribune publiée dans le journal Le Monde.

Un service de dialyse [photo d'illustration].
Un service de dialyse [photo d'illustration]. © Maxppp - PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN

Chaque jour, plus d'un millier de nouveaux malades du coronavirus arrivent dans les hôpitaux et des centaines dans les services de réanimation. La tension est telle que pour pouvoir les accueillir et les soigner, les hôpitaux ont dû procéder à des déprogrammations, c'est-à-dire à reporter des opérations ou des rendez-vous moins urgents. Il y a près de 80 % de déprogrammations dans les hôpitaux en Ile-de-France, 70 % à Rouen ou encore 40 % en Dordogne par exemple pour augmenter les capacités en lits de réanimation. 

Un report des opérations qui n'est pas sans conséquence. "Il y a une perte de chance pour ces patients", souligne ce mardi sur franceinfo Magali Léo, responsable du pôle Plaidoyer à l’association Renaloo, association de patients et de proches agréés, maladies des reins, insuffisance rénale, dialyse, greffe. Renaloo et 26 autres associations de malades à risque de forme grave du Covid-19 ont signé une tribune dans Le Monde car elle s'estiment "absentes des préoccupations des dirigeants" et alertent sur les conséquences dévastatrices de la pandémie. 

De lourdes conséquences physiques et psychologiques

Selon Renaloo, plus d'un millier de transplantations rénales n'ont pas eu lieu en 2020. "On est très inquiets de ce défaut de prise en charge pour les patients qui sont en attente d'une greffe qui est un soin vital, je le rappelle, et qui aujourd'hui, selon le lieu où ils sont inscrits en attente, peuvent être exposés à des suspensions d'activité, indique Magali Léo. C'est le cas dans plusieurs établissements où on a aujourd'hui interrompu, par exemple, la greffe à partir de donneurs vivants. On a donc des patients qui sont en attente, avec un risque de dégradation de leur état de santé, un maintien de ces personnes en dialyse, avec des risques pour leur qualité de vie, pour les chances de la greffe future."

Je m'étais préparé à aller mieux. Et on me retire ça - Alexandre Bouzin, en attente d'une opération

La perte de chance, les douleurs, les angoisses ressortent en effet des témoignages. "Tous ces déprogrammés ce sont des bombes à retardement. Aujourd'hui on parle des morts du Covid mais dans quelques années, on parlera de quels morts ?", interroge Sylvie Courvalet-Jouette, une habitante de l'Eure rencontrée par France Bleu Normandie. Elle parle pour son mari dont la mâchoire est en partie détruite à cause d'un cancer de la langue. Gérard a subi une première greffe en 2018 mais la seconde a été reportée deux fois à cause des confinements. Son état de santé se dégrade et le couple craint aujourd'hui qu'on finisse par lui dire qu'il n'y a plus rien à faire.

Difficile de garder sa joie de vivre quand les rêves d'une vie meilleure s'éloignent de la sorte pour Alexandre Bouzin, un habitant de Saint-Omer, interrogé par France Bleu Nord. Souffrant d'une malformation de la hanche, il aurait dû se faire poser une prothèse mais pour lui aussi, l'opération a été reportée deux fois. "J'espérais retrouver une vie normale", regrette-t-il, "je m'étais préparé à aller mieux. Et on me retire ça". Même s'il comprend qu'il y a plus urgent que lui, "je le vis mal quand même, dit-il. Je fais partie des oubliés." En attendant, il prend des anti-douleurs en permanence.

"Nous pensons que les patients fragiles au regard de leur état de santé sont en effet sacrifiés ou tout au moins oubliés des stratégies de lutte contre contre le Covid-19", explique Magali Léo. 

Renaloo vient de lancer un "observatoire des pertes de chance liées au Covid-19". A travers le recueil de témoignages, il s'agit de se mobiliser "pour que les malades des reins ne soient pas à nouveau des victimes collatérales des annulations, dégradations ou déprogrammations des soins". La Conférence nationale de santé, organisme consultatif auprès du ministre de la Santé, recommande par ailleurs dans un "point de vigilance Covid-19", mis à jour le 16 février, "qu'un accompagnement psychologique et social doit être systématiquement proposé et, si nécessaire, assuré pour les personnes subissant une déprogrammation de soins".

Elargir la vaccination

Renaloo demande aussi d'élargir la vaccination à tous ces patients car tous n'ont pas encore pu être vaccinés : "Il faut d'abord rappeler que si les associations de patients ne s'étaient pas mobilisées depuis le début de cette crise, sans doute, on n'aurait pas reconnu la priorité vaccinale pour les patients avec des risques, avec des comorbidités. Et aujourd'hui, on est encore dans un cas de figure où la vaccination prioritaire de ces personnes n'est pas terminée." Elle rappelle que pour ces personnes, il y a "un risque mortel si elles contractent de la maladie".

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Enfin, l'autre inquiétude est que les patients renoncent à se faire soigner. Car il y a les déprogrammations décidées par le milieu médical mais aussi les "auto-déprogrammations" qui sont le fait des patients eux-mêmes par peur ou par souci de ne pas surcharger l'hôpital, souligne Catherine Simonin, vice-présidente de la Ligue contre le cancer et membre du bureau de France Assos Santé, fédération d'associations de patients. 

Alors que vient de s'achever "Mars bleu", un mois de sensibilisation au dépistage du cancer colorectal (3e cancer le plus fréquent et 2e le plus meurtrier), le généticien Axel Kahn estime que "le plus grave est de ne pas se faire dépister". Il chiffre à 100.000 les retards de diagnostic depuis le début de la crise sanitaire avec pour conséquence une surmortalité par cancer de 13.500 personnes. "Derrière ces chiffres, il y a des douleurs, des détresses. C'est intolérable."

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