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Coronavirus : le nombre d'hospitalisations a quadruplé en une semaine au CHU de Toulouse

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"La vague arrive" c'est en paraphrasant Edouard Philippe que le directeur général du CHU de Toulouse a fait le point ce vendredi sur la situation dans les hôpitaux toulousains. Le bilan, le travail des équipes. Voici tout ce qu'il faut retenir.

Le CHU a enregistré quatre décès liés au Covid-19 Le CHU a enregistré quatre décès liés au Covid-19
Le CHU a enregistré quatre décès liés au Covid-19 © Maxppp - Xavier de Fenoyl

La pression monte au CHU de Toulouse, mais les responsables du centre hospitalier universitaire qui participaient à un point presse ce vendredi insistent : le pic n'est pas atteint et les équipes sont préparées.

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De plus en plus de cas lourds

Numériquement, le nombre de patients atteints du coronavirus hospitalisés à Toulouse est loin d'être alarmant. Quatre personnes sont décédées du virus dans les hôpitaux toulousains selon le CHU qui précise que ce sont toutes des personnes âgées. Ce vendredi, la direction a annoncé 125 malades dont la moitié dans une situation grave : 40 en réanimation et 20 en soins intensifs. Des chiffres à mettre en balance avec celui-ci : plus de 400 lits prêts à accueillir des patients infectés par le Covid-19. 

Malgré tout, le nombre de personnes en réanimation a été multiplié par cinq et celui des hospitalisations par quatre cette semaine. "Nous sommes sur une pente ascendante, commente le professeur Pierre Delobel, chef du service des maladies infectieuses au CHU, on est en deçà de nos capacités mais on reçoit des patients qui ont tous besoin d'oxygène".

On a reçu moins d'appels cette semaine mais nous prenons en charge beaucoup plus de cas de personnes en détresse respiratoire. Vincent Bounes, patron du Samu 31

Vincent Bounes, le patron du Samu 31 confirme : "On a reçu moins d'appels cette semaine - deux fois plus qu'en temps normal mais la semaine dernière c'était quatre fois plus - la différence c'est que nous prenons en charge beaucoup plus de cas de personnes en détresse respiratoire". L'activité des ambulances et du SMUR a plus que doublé. 

Le plus jeune patient a 22 ans. Béatrice Riu-Poulenc_,_ responsable du service anesthésie et réanimation à l'hôpital Purpan

La moyenne d'âge est homogène. "Le pic d'âge est entre 55 et 65 ans, détaille Béatrice Riu-Poulenc, la responsable du service anesthésie et réanimation à l'hôpital Purpan, des personnes qui ne souffrent pas de pathologies lourdes, un peu d'hypertension... Des choses normales pour leur âge. Le plus jeune patient a 22 ans, un autre a 30 ans mais ils ont une comorbidité (ils avaient une santé fragile avant de contracter le Covid, ndlr)"

Maintenir le lien avec les familles

Les visites sont interdites. Seuls les soignants entrent dans les chambres avec des combinaisons et des équipements spéciaux. Comment dans ces conditions maintenir le lien avec les familles? Les hospitaliers cherchent des solutions. L'application Whatsapp pourrait en être une. "Tous les jours le médecin passe un coup de fil à la personne référente pour chaque patient quand il a terminé sa tournée, explique le docteur Béatrice Riu-Poulenc. Il est question d'avoir rapidement deux téléphones par service de réanimation pour pouvoir communiquer en visuel, faire du whatsapp__. Sachant que chez nous, on a 90% de personnes  ventilées ou intubées qui ne peuvent pas communiquer. Les familles sont inquiètes ce que l'on comprend, donc on leur donne des nouvelles".  Les praticiens insistent : les familles peuvent appeler quand elles le veulent. Marc Penaud le directeur général du CHU ajoute : "des entreprises se sont proposées pour fournir des tablettes aux patients moins atteints afin qu'ils communiquent avec leurs proches".

Toulouse entre dans Discovery

A partir de ce samedi 28 mars, le CHU de Toulouse - comme celui de Montpellier - débute sa participation à l'essai clinique européen baptisé Discovery. Il s'agit de tester plusieurs traitements pour trouver un remède au Covid-19. 40 patients dans un état grave ou intermédiaire vont y participer ici, ils sont 800 à l'échelle du continent. 

Le CHU utilise l'hydroxychloroquine (dont on parle beaucoup) mais aussi d'autres molécules. Le professeur Pierre Delobel se veut pragmatique : "On écarte rien, on suit les protocoles et on agit au cas par cas".

La "drôle de guerre"

La "drôle de guerre", c'est comme cela que le directeur général du CHU définit la situation à Toulouse, où l'épidémie a quinze jours de retard par rapport au nord-est de la France. Les lits sont prêts, les opérations non urgentes déprogrammées. Le CHU pourra accueillir les malades des départements de l'ex Midi-Pyrénées et de l'ouest de l'Aude en cas de saturation des autres hôpitaux. En attendant "la vague", des soignants ont été mis au repos, 3700 agents formés pour faire face à l'urgence (internes compris). 

Le CHU de Toulouse est aussi touché par l'épidémie : 55 agents hospitaliers ou médecins sur 15 000 salariés sont en arrêt maladie. Ceux qui ont des symptômes plus légers continuent de travailler "mais ils sont affectés à des tâches où ils ne sont pas en contact avec les patients et avec des protections" souligne Marc Penaud.

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