Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : le point sur la course mondiale aux vaccins

-
Par , France Bleu

Le laboratoire britannique AstraZeneca annonce ce lundi que son vaccin contre la Covid-19 est efficace à 70% en moyenne, voire 90% dans certains cas. L'occasion de faire le point sur la course au vaccin, les attentes et les différentes techniques utilisées.

La course mondiale s'accélère, trois vaccins sont désormais très prometteurs.
La course mondiale s'accélère, trois vaccins sont désormais très prometteurs. © Maxppp - SYLVIE CAMBON

Quand aura-t-on un vaccin sur le marché ? Les laboratoires ont multiplié les annonces ces dix derniers jours. Dernier en date, le britannique AstraZeneca qui indique ce lundi que son vaccin serait efficace à 70% en moyenne, voire à 90% dans certains cas. France Bleu fait le point.

Quelles sont les dernières annonces ?

Les laboratoires américain et allemand Pfizer/BioNTech a fait leurs annonces en premier, le 9 novembre, en indiquant que leur vaccin était efficace à 90%, selon des résultats intermédiaires. Deux jours plus tard, les Russes de l'institut Gamaleïa ont renchéri de 2% (92%) pour leur vaccin Spoutnik V. Puis lundi 16 novembre, c'est la société de biotechnologie américaine Moderna qui a assuré que l'efficacité du sien était de 94,5%

Quelques jours plus tard, mercredi, Pfizer/BioNTech annonce ses résultats complets : résultat  une efficacité de 95%. Ce lundi 23 novembre, le dernier en date est donc le britannique AstraZeneca qui annonce que son vaccin développé avec l'université d'Oxford est efficace à 70% en moyenne, voire à 90% dans certains cas, selon les résultats intermédiaires, ce qui le placerait au même niveau que ceux de Pfizer/BioNTech ou Moderna.

Pourquoi des doutes subsistent ?

Pour autant, si ces annonces suscitent beaucoup d'espoirs, elles ont été faites par communiqués de presse, sans qu'il y ait encore de publication dans une revue scientifique. "La publication complète des données est attendue avec impatience", a souligné une experte britannique, la Dr Penny Ward, citée par l'organisme Science Media Centre. Par exemple, on ne sait pas si ces vaccins empêchent l'infection par le coronavirus, et donc la transmission du Covid-19, ou s'ils réduisent seulement la sévérité de la maladie.
Et surtout, on ne sait pas pendant combien de temps ils protègent, car il n'y a pas le recul suffisant pour le dire : l'efficacité a été calculée seulement une semaine après l'injection de la deuxième et dernière dose du vaccin pour Pfizer/BioNTech, et deux semaines pour Moderna.

Combien de vaccins candidats au total ? 

Dans son dernier point, daté du 12 novembre, l'OMS recense 48 "candidats vaccins" évalués dans des essais cliniques sur l'homme à travers le monde (contre 11 à la mi-juin). Onze en sont au dernier stade, la phase 3, où l'efficacité du vaccin est mesurée à grande échelle sur des dizaines de milliers de volontaires répartis sur plusieurs continents. Parmi ces onze-là, les plus avancés sont donc ceux de Moderna et de Pfizer/BioNTech, le Spoutnik V russe, le vaccin d'AstraZeneca ou encore plusieurs projets de différents laboratoires chinois (Sinovac, Sinopharm ou CanSino). 

Les 37 autres en sont encore à la phase 1 (qui vise avant tout à évaluer la sécurité du produit) ou à la phase 2 (où on explore déjà la question de l'efficacité). En plus des essais déjà entamés, l'OMS comptabilise 164 projets de vaccins en phase pré-clinique.

Onze vaccins sont actuellement en phase 3.
Onze vaccins sont actuellement en phase 3. © Visactu

Quand arrivera le premier vaccin ?

Pfizer a demandé officiellement vendredi dernier une autorisation de commercialisation à l'Agence américaine des médicaments (FDA), Moderna doit suivre d'ici peu. L'agence pourrait autoriser les deux vaccins dans la première quinzaine de décembre, a dit lundi Moncef Slaoui, responsable scientifique de l'opération Warp Speed, montée par Donald Trump pour vacciner la population américaine. Mais pour cela, la FDA devra évaluer en détails les données sur l'efficacité et la sécurité des deux vaccins. 

De son côté, l'Agence européenne du médicament (EMA) a mis sur pied une procédure accélérée, pour concilier vitesse et sécurité : elle examine les données de sécurité et d'efficacité des vaccins au fur et à mesure de leur parution, avant même qu'une demande formelle d'autorisation soit déposée par le fabricant. "Si les données sont solides, nous pourrons donner le feu vert au premier vaccin d'ici la fin de l'année et commencer la distribution _à partir de janvier_", a déclaré le directeur sortant de l'EMA, Guido Rasi, dans un entretien publié samedi par le journal italien Il Sole 24 Ore. Les premières vaccinations en Europe pourraient avoir lieu "au premier trimestre 2021" a aussi estimé la directrice de l'agence européenne en charge des épidémies (ECDC). 

De leur côté, les autorités chinoises ont donné cet été leur feu vert à une utilisation d'urgence de certains de leurs vaccins, comme pour les employés exposés ou ceux se rendant à l'étranger. Résultat, deux vaccins encore en phase de test de la firme chinoise Sinopharm ont déjà été administrés à environ un million de personnes.

Qui sera vacciné en premier ?

Dans un premier temps, tout le monde ne sera pas vacciné tout de suite. "Les quantités de vaccins seront limitées et la priorité sera donnée aux soignants, aux personnes âgées et aux autres catégories à risques", a expliqué le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
"J'espère que cela réduira le nombre de morts et permettra aux systèmes de santé de faire face, mais cela laissera encore beaucoup de champ au virus pour opérer", a-t-il prévenu.
Début septembre, l'OMS avait indiqué ne pas s'attendre à une vaccination généralisée contre la Covid-19 avant la mi-2021.

Quelles sont les techniques utilisées ?

Les laboratoires ont misé sur des méthodes différentes, certaines déjà utilisées, d'autres inédites. Plusieurs équipes travaillent sur des types de vaccins classiques qui utilisent un virus "tué" : ce sont les vaccins "inactivés" (comme ceux des Chinois Sinovac et Sinopharm).
Il y a également des vaccins dits "sous-unitaires", à base de protéines (des antigènes) qui déclenchent une réponse immunitaire, sans virus.

D'autres vaccins, dits "à vecteur viral", sont plus innovants : on prend comme support un autre virus qu'on transforme et adapte pour combattre la Covid-19. C'est la technique choisie par l'Université d'Oxford et les Russes, qui utilisent des adénovirus (famille de virus très courants). Enfin, d'autres projets novateurs sont basés sur des vaccins "à ADN" ou "à ARN", des produits expérimentaux utilisant des morceaux de matériel génétique modifié. C'est le cas de ceux de Moderna et de Pfizer/BioNTech.
"Plus on a de candidats avec des techniques différentes, plus on a de chances d'aboutir à un vaccin qui marche et est bien toléré", a expliqué à l'AFP Daniel Floret, vice-président de la Commission technique des vaccinations de la Haute autorité de santé (HAS) française.

Qu'en dit l'opinion publique ?

L'une des questions qui reste en suspens est de savoir si les gens accepteront de se faire vacciner. Selon une étude parue mi-octobre dans la revue britannique Royal Society Open Science, une part non négligeable de la population de certains pays croit à des théories complotistes sur la Covid-19, qui augmentent la méfiance envers la vaccination.

Selon une enquête menée dans 15 pays, publiée début novembre par le Forum économique mondial, la proportion de personnes prêtes à se faire vacciner a même diminué par rapport au mois d'août. Seulement 73% sont d'accord avec l'affirmation "si un vaccin contre la Covid-19 était disponible, je me ferais vacciner", contre 77% en août. Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting début novembre pour franceinfo et le Figaro, un Français sur deux se dit prêt à se faire vacciner si un vaccin contre le coronavirus était déployé.

Une autre sondage Elabe pour BFMTV plus global sur les vaccins indique que 64% des Français disent avoir confiance dans les vaccins, dont 17% "tout à fait confiance".

Choix de la station

À venir dansDanssecondess