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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : le quotidien d'une infirmière libérale, entre la volonté de soigner et la peur de tomber malade

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Isère, France Bleu
Saint-Pierre-d'Entremont, France

On parle beaucoup des soignants dans les hôpitaux, en ces temps de Covid19. Voici le quotidien de Manu, une infirmière libérale iséroise qui travaille en secteur de montagne, sans matériel de protection suffisant et avec la peur de contaminer et d'être contaminée.

Manu est infirmière depuis 25 ans. Elle raconte son quotidien.
Manu est infirmière depuis 25 ans. Elle raconte son quotidien. © Maxppp - Vanessa Meyer

Manu a commencé sa carrière à 23 ans, elle en a aujourd'hui 48. Autant dire qu'elle connait son métier d'infirmière sur le bout des doigts. Elle travaille dans le massif de Chartreuse, dans la vallée des Entremonts, une vaste zone à cheval entre l’Isère et la Savoie. 

Quarante patients par jour à visiter, dont un est malade du Covid-19

Dès 5H45, tous les matins, Manu est auprès de son premier patient. Elle en visite une quarantaine chaque jour, beaucoup sont âgés. Elle fait deux tournées quotidiennes, matin et soir. Au volant de sa petite voiture, elle parcourt 150 kilomètres. Elle vient d'apprendre que l'une de ses patientes a le Covid-19, son époux n'a pas les symptômes, mais il est suspect. Or, elle soigne le couple depuis des semaines. Même si elle prend toutes les précautions, Manu a dû mal à encaisser la nouvelle, et la peur est là. 

Manque de matériel de protection

"Ce qui me met en colère, c'est que l'on n'a pas de matériel de protection. C'est sûr, on se lave les mains, cent fois par jour, d'ailleurs elles sont dans un sale état, nos mains. Mais les masques, on les reçoit au compte-goutte. Certains patients nous ont donné des masques FFP2, périmés, mais c'est mieux que rien. Nous, les soignants libéraux, médecins, infirmiers, on est en première ligne. On aurait dû être protégés, dès le début, pour éviter que l’épidémie ne se propage, pour éviter d'engorger les hôpitaux. Or, on n'existe pas. On nous oublie. On ne sait pas si on n'est pas en train d'essaimer le virus de maison en maison." Sa voix tremble, elle ne peut cacher son émotion : "C'est compliqué à gérer !"

La peur de contaminer ou d'être contaminée

Manu a peur aussi de ramener le Covid-19 chez elle, alors que son mari est à risque. "Il y a beaucoup d'angoisse chez nos patients, ils ont besoins de nous en parler. On est comme des éponges à angoisse. _On essaie de les rassurer mais nous aussi on a peur_. L’autre jour, j'ai dû aller chez mon médecin, j'étais épuisée, j'avais une forte tension, j'ai craqué. Cela m'a fait du bien de me confier, après j'ai pu retourner travailler."

Ecoutez le témoignage de Manu, qui visite 40 patients par jour, en zone de montagne

"Après cette crise, on nous oubliera." - Manu, infirmière libérale.

Alors, quand les gens applaudissent le soir à leurs fenêtres, quand des chanteurs connus leurs écrivent des chansons, à eux, les soignants, oui, cela fait du bien. Mais Manu ne se fait pas d'illusion : "On n'est pas des héros, on essaie juste de bien faire notre métier. Aujourd'hui, le gouvernement nous encense...Mais il n'y a pas si longtemps, ils nous ont bien tapé dessus, en réduisant toujours plus nos moyens. Alors quand cette crise sanitaire sera passée, on nous oubliera. Je ne me fais pas d'illusion." Pourtant, malgré sa boule au ventre, Manu va reprendre sa voiture et sa tournée, dès demain. Ses patients l'attendent, ils ont besoin d'elle. C'est juste sa vocation.

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