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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : les cliniques privées réquisitionnées mais sous-exploitées durant la crise sanitaire

Pour soulager l’hôpital public, les cliniques privées ont réduit leurs activités propres pour libérer des lits et accueillir les patients non Covid-19. Finalement leurs lits sont restés la plupart du temps vides, l’hôpital faisant face seul à l'afflux de malades. Du coup, les cliniques vont mal.

La clinique Belledonne à Saint Martin d'Hères, 300 lits, 600 salariés, 150 médecins
La clinique Belledonne à Saint Martin d'Hères, 300 lits, 600 salariés, 150 médecins -

La crise sanitaire due au coronavirus a généré un véritable paradoxe. Pour soulager l’hôpital public, les cliniques privées ont réduit, dès le début de la pandémie, leurs activités propres afin de libérer des lits et accueillir les patients non Covid-19. Mais finalement leurs lits sont restés la plupart du temps vides, l’hôpital public se débrouillant seul. Cela entraîne pour les cliniques un manque à gagner financier qui commence à poser problème.

Ecoutez le reportage de France Bleu isère

À Montélimar, une unité Covid-19 fermée, faute de patients

Ainsi, la clinique Kennedy à Montélimar, dans la Drôme, spécialisée notamment dans la chirurgie de la main, a déprogrammé toutes les opérations non urgentes pour se mettre à la disposition du centre hospitalier de la ville. "Nous avons mis en place une unité Covid-19" explique Sylvie Robin, la directrice. "Notre but était d'y accueillir des patients stabilisés. On avait aussi proposer à l’hôpital de prendre en charge les urgences chirurgicales qu'il ne pourrait absorber. Finalement on aura accueilli une quinzaine de patients Covid-19.

En accord avec l'agence régionale de santé, la clinique a donc décidé de fermer hier soir cette unité Covid-19, tout en expliquant que s'il fallait la rouvrir, elle serait capable de le faire rapidement. "On a fortement réduit notre activité. C'est donc un manque à gagner pour nous. Mais on est tous dans ce cas-là" reconnait Sylvie Robin

À la clinique Belledonne, les lits de réanimation sont vides

Autre exemple à la clinique Belledonne de Saint Martin d'Hères, dans l'agglomération grenobloise. Un bloc opératoire de 8 salles a été fermé pour y installer 11 lits supplémentaires de réanimation. "D'habitude, nous avons huit lits de réanimation, là cela nous en a fait 19. Des patients non Covid-19, venus du CHU de Grenoble, y ont été admis. Certains sont restés 15 jours. "explique Gauthier Escartin, le directeur. Depuis, ces 11 lits supplémentaires de réanimation sont vides, mais pas question de les fermer, au cas où il y ait une deuxième flambée de la pandémie. 

À Challes-les-Eaux, un vaisseau-fantôme

Au Médipole de Savoie, à Challes-les-Eaux, prés de Chambéry, on est passé de 150 à 20 interventions par jour, on s'est organisé pour accueillir les malades venus de l’hôpital public, Mais pour l'instant, pas le moindre patient supplémentaire à l'horizon. On attend, comme dans le désert des Tartares. "Pour nous c'est la double peine" souligne le docteur Emmanuel Ringot, directeur médical de crise "D'une part, et c'est normal, à cause du confinement, on a suspendu les opérations programmées, d'autre part, nos urgences sont vides car les gens ne viennent pas, sans doute de peur d’attraper le Covid-19."

Situation financière délicate pour les cliniques et leurs médecins

Le Médipole de Savoie, c'est 290 lits, 450 salariés et 150 médecins. Bref, une machine bien rodée qui aujourd'hui est quasiment à l’arrêt. "Les rentrées d'argent d'un établissement privé dépendent du nombre d'actes pratiqués" explique le docteur Ringot. "Donc, en ce moment, la clinique gagne moins d'argent. Idem pour les chirurgiens, les anesthésistes libéraux qui y travaillent et qui sont payés à l'acte." La clinique Belledonne, qui comprend une maternité, un service de cardiologie et de cancérologie, a réussi à conserver une certaine activité, mais sur les 20 blocs opératoires, seuls cinq sont utilisés par jour et on est passé de 170 interventions quotidiennes à 40. 

"Ce mois-ci, je n'aurai aucun revenu" - Un praticien de la clinique Belledonne

Ce médecin explique que ce mois-ci, il ne va rien gagner. Gauthier Escartin, le directeur de la clinique Belledonne le confirme : " Certains praticiens n'ont plus de revenus et aucune aide de l'Etat. Notre syndicat, la FHP, a fait savoir au Ministre de la Santé que la communauté libérale chirurgicale était sans ressource du fait de la crise sanitaire."

Négociations en cours avec l'État

L’inquiétude grandit donc au sein des cliniques privées qui pensaient être plus utiles que cela en ces temps de crise sanitaire et qui se retrouve en sous-régime et donc en difficulté financière, à terme. "Un décret est sorti fin mars, pour dire que la perte d'activité serait prise en charge par l'État" explique Terence Vial, adjoint de direction au Médipole de Savoie. "Mais à ce jour, nous avons _aucune information quant aux modalités_. Ne va-t-on considérer que la période du confinement ou également celle du déconfinement. Car on ne va pas relancer la machine comme cela, le 11 mai. Le retour à la normale, s'il a lieu, ne sera pas effectif tout de suite. Si la crise dure trois mois, l’établissement va perdre plusieurs millions d'euros."

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