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Coronavirus : engouement croissant pour les vaccins, les médecins généralistes critiquent le manque de doses

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Par , France Bleu

Alors qu'on disait les Français majoritairement réfractaires à l'idée de se faire vacciner contre le Covid-19, l'opinion semble s'inverser. Mais le nombre de doses disponibles n'augmente pas ce qui génère la frustration des patients et la colère des médecins généralistes.

Des personnes remplissent leur déclaration au centre de vaccination installé dans le Palais des sports de Lyon
Des personnes remplissent leur déclaration au centre de vaccination installé dans le Palais des sports de Lyon © AFP - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Les fameux "Gaulois réfractaires" auraient-ils mis de l'eau dans leur vin ? C'est l'avis du Docteur Jacques Battistoni, président du syndicat MG France, qui tenait une conférence de presse ce jeudi. Selon lui et les nombreux retours des médecins libéraux de France, les Français semblent de plus en plus favorables à la vaccination. 

"Nous le constatons quotidiennement dans nos consultations, les personnes de plus de 75 ans veulent se faire vacciner. Ce sont des personnes épuisées par les restrictions, qui pratiquent une forme d'auto-confinement, qui n'ont plus de relations sociales. Elles n'en peuvent plus et elles ont bien compris que le seul moyen de s'en sortir était la vaccination" explique le président du syndicat des médecins généralistes. 

Pour Jacques Battistoni, c'est donc la peur de voir la situation actuelle s'installer durablement, amplifiée par l'arrivée du variant Britannique du Covid-19, qui permet d'expliquer un changement dans l'opinion. Pour rappel, à la fin du mois de décembre, un sondage montrait que seulement 4 Français sur 10 souhaitaient se faire vacciner, faisant du pays l'un des plus réfractaires au monde. 

Un nouveau sondage publié ce jeudi matin confirme cette nette augmentation des personnes favorables. L'étude réalisée par Elabe pour BFMTV montre que 47% des personnes interrogées ont l'intention de se faire vacciner, et elles deviennent donc majoritaires face à celles qui y sont opposées et celles qui ne le savent pas encore. Ce chiffre est surtout en progression de 9 points par rapport à la semaine dernière. 

Un autre sondage réalisé par Odoxa-Backbone consulting pour franceinfo et Le Figaro montre lui que 56% des personnes interrogées sont désormais favorables. Un "retournement spectaculaire" de l'opinion française selon le président de l'institut de sondage avec une augmentation de 14 points par rapport à la précédente étude parue le 23 décembre dernier. 

C'est ce que confirme Christian Rabaud, infectiologue et président de la commission médicale d'établissements du CHRU de Nancy. Interviewé ce jeudi sur franceinfo, il a indiqué que sur les 19.000 personnes concernées par la vaccination des plus de 75 ans, hors Ehpad, à Nancy, 15.000 ont déjà pris rendez-vous. "Il y a une demande très forte au début, c'est un bon message et c'est bon signe. En tout cas, il y a un réel engouement pour la vaccination", se réjouit-il.

L'autre raison qui permet d'expliquer cette hausse de l'adhésion à la vaccination, c'est "tous les messages que nous envoyons depuis quelques semaines qui commencent à porter leurs fruits. Les personnes constatent également que parmi les millions de personnes vaccinés dans le monde, il n'y eu aucun incident. Ca joue beaucoup sur l'adhésion" explique Jacques Battistoni. 

Les médecins en colère

Alors que cette augmentation du nombre de personnes souhaitant se faire vacciner est une bonne nouvelle pour les professionnels de la santé, ces derniers veulent faire savoir leur colère. Le nombre de doses de vaccins disponibles en France n'augmente pas, contrairement à la demande des personnes.

"On nous a mené en bateau" estime Jacques Battistoni. "Nous avons 50.000 médecins généralistes qui sont prêts à vacciner mais il n'y a pas de vaccins". Le président de MG France exprime sa colère alors que les doses disponibles en France sont majoritairement réservés aux centres hospitaliers. Rien n'est prêt pour les centres de vaccination supervisés par des médecins libéraux, qui pourront procéder aux injections à partir de lundi. 

"Le gouvernement dit aux Français de plus de 75 ans de prendre rendez-vous, mais nous ne savons pas combien de doses nous allons disposer, donc nous ne pouvons pas planifier les créneaux de vaccination" explique-t-il. "On a une cible très vaste avec 6,3 millions de personnes de plus de 75 ans et on a, pour les deux mois qui viennent, un peu plus de 5 millions de doses. Donc, on va devoir programmer progressivement cette vaccination. On ne peut pas vacciner tout le monde tout de suite, dès lundi prochain" poursuit Jacques Battistoni. 

Pour le Docteur, il y a une très forte demande des patients de plus de 75 ans à se faire vacciner. "Il ne se passe pas une consultation sans qu'ils ne nous posent des questions. Quand, où et comment ils pourront avoir le vaccin. Et nous ne savons pas quoi leur répondre. Ces personnes à risque du fait de leur âge ne veulent pas se rendre dans les centres hospitaliers où ils craignent de se faire contaminer. Ils veulent le faire avec leur médecin traitant, dans des centres de proximité" explique Jacques Battistoni. 

Problème alors que la vaccination doit démarrer lundi dans 600 centres en France, Jacques Battistoni affirme que les médecins libéraux "n'ont toujours pas l'agrément" pour "piloter" ces structures.

Le président du syndicat MG France indique que les médecins se disent également prêts à aller vacciner à domicile pour les patients qui ne peuvent se déplacer. Mais les généralistes sont dans le brouillard total concernant les doses qu'ils auront à leur disposition. 

Le gouvernement appelle à la "patience"

En déplacement au CHR de Metz ce jeudi, le Premier ministre Jean Castex a appelé à la "patience", constatant "avec satisfaction que l'adhésion augmente" chez les Français. Depuis ce jeudi, les personnes de plus de 75 ans ne résidant pas en Ehpad peuvent prendre rendez-vous pour se faire vacciner. Le site internet sante.fr qui permet de prendre rendez-vous en ligne était inopérant ce jeudi matin, visiblement victime de son succès avec 8.000 connections par seconde. Un numéro vert national doit être dévoilé ce jeudi soir pour permettre de prendre rendez-vous et d'être redirigé vers un centre local.

"Les choses se mettent en place, mais il faudra aussi être patient, parce qu'évidemment ça va susciter un rush, c'est tout à fait normal", a déclaré le chef du gouvernement à la presse. "C'est une très grosse opération, inédite avec un vaccin qui a des caractéristiques - il faut le conserver à moins 80 degrés ici au CHR de Metz - qui créent des contraintes que chacun comprendra. Mais on va le faire", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre tiendra une conférence de presse ce jeudi à 18h dans laquelle il reviendra sur la campagne de vaccination en France. Il devrait annoncer également l'extension du couvre-feu dès 18h à l'ensemble du territoire. La conférence de presse est à suivre en direct sur France Bleu. 

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