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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : les greffes rénales mises entre parenthèses

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

C'est l'une des conséquences de la priorité donnée au traitement du Covid-19 dans les hôpitaux. Face à la vague de patients en réanimation, les greffes de reins et de pancréas ont été reportées à l'après-crise.

Face au manque de lits et au risque de contamination au Covid-19, les greffes rénales ont été reportées - Photo d'illustration
Face au manque de lits et au risque de contamination au Covid-19, les greffes rénales ont été reportées - Photo d'illustration © Maxppp - PHOTOPQR/LA PROVENCE

Dans son point de situation daté du 27 mars, l'agence de la biomédecine l'affirme, il n'y aura pas de greffe de rein pendant la crise du Covid-19. "Il a été décidé de reporter pendant cette période les greffes rénales à une date postérieure à la fin de la période épidémique, dans l’intérêt des patients". Le nombre total de greffes d'organes a même été réduit de moitié, pour permettre d'abord aux hôpitaux de se concentrer sur les cas de contamination au coronavirus, mais aussi d'éviter les transmissions du virus aux greffés, plus fragiles à cause de l'affaiblissement de leurs défenses immunitaires. Les transplantations jugées vitales, comme pour le cœur, les poumons et le foie ont de leur côté été maintenues

Si on m'avait opéré à cette date, je serai encore à l'hôpital, en pleine crise

Plusieurs personnes, atteintes d'insuffisance rénale, ont donc dû se résoudre à reporter leur opération à l'après-épidémie. Lucien a 70 ans, il devait recevoir le rein de sa fille le 19 mars. "L'opération était prévue depuis six mois. On m'a appelé une semaine avant pour me dire qu'on ne pouvait pas prendre le risque de m'hospitaliser. Quand on m'a dit qu'on devait reporter, j'étais un peu déçu, je m'étais préparé. Mais avec un peu de recul, si on m'avait opéré à cette date, je serai encore à l'hôpital, en pleine crise, et ça aurait sans doute été plus effrayant..."

La dialyse pour patienter

La suspension des greffes de rein s'explique aussi par l'existence d'un traitement pour pallier l'insuffisance rénale. "Heureusement en France, on a un traitement de suppléance, la dialyse, qui fonctionne bien et que l'on maîtrise bien" explique la néphrologue et secrétaire générale de la Fondation du Rein Brigitte Lantz. Pour elle, le report des opérations prévues est tout à fait logique. "Dans le cas des transplantions rénales, il y a un respirateur artificiel auprès de chaque lit de soins intensifs. Donc il est évident que, compte tenu de cette épidémie, _il faut laisser ces chambres et ces respirateurs aux malades du Covid-19_". 

Les transplantations sont retardées d'autant qu'il n'y a pas de donneur

Et un autre fait vient s'ajouter depuis le début de l'épidémie : le manque de donneurs décédés. "Puisque l'on est confiné, il n'y a quasiment plus d'accidents de la route. Les transplantations sont donc retardées d'autant qu'il n'y a pas de donneur." Et pas question de prélever des organes sur les personnes décédées du Covid-19 explique Brigitte Lantz _: "_On ne peut pas prendre le risque qu'un organe soit touché par le virus et transplanté ensuite". 

En France, 3641 greffes rénales ont été réalisées l'année dernière, dont 508 à partir d'organes prélevés sur des donneurs vivants. 

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