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Dossier : Coronavirus Covid-19

Insultes, violences : l'agressivité monte dans les labos d'analyses médicales de Drôme et d'Ardèche

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Par , , France Bleu Drôme Ardèche

En Drôme et en Ardèche, les salariés des laboratoires d'analyses médicales sont épuisés. Les demandes de tests PCR explosent et les incivilités sont de plus en plus nombreuses.

Un laboratoire de dépistage du Covid-19 dans la Drôme.
Un laboratoire de dépistage du Covid-19 dans la Drôme. © Radio France - Nathalie Rodrigues

Les salariés des laboratoires d'analyses médicales sont au bout du rouleau en Drôme et en Ardèche. L'agressivité monte crescendo depuis la rentrée, certains laborantins dénoncent des injures au quotidien, des violences verbales et physiques venant de personnes exaspérées notamment par la longue attente pour réaliser un test PCR. Sur le pont depuis six mois à cause de la crise du coronavirus, les salariés des laboratoires privés craquent aujourd'hui face à la recrudescence des demandes de tests PCR. 

Des agressions verbales ou physiques tous les jours

"Il y a des gens qui se permettent de nous jeter des affaires à la figure ou de pousser les vitres de plexiglas qui nous protègent et forcément des mots complètement désagréables et impolis" explique Marie, technicienne de laboratoire à Unibio dans la Drôme.

"Tous les jours des gens à l'accueil du labo nous engueulent parce qu'il faut faire la queue, le ton monte de plus en plus facilement, de plus en plus rapidement" explique Sabrina qui travaille au laboratoire Cerballiance à Guilherand-Granges. "On ne sait pas comment ça va se passer dans quelques temps, on ne voit pas le bout du tunnel, on va retomber dans la saison des grippes et les tests covid vont aussi continuer à augmenter, on n'est pas sereine du tout" insiste Sabrina.

"Des collègues se sont même fait abîmer leur voiture, des représailles à la sortie du laboratoire"

Les incivilités se multiplient dans les laboratoires de Drôme et d'Ardèche.

Beaucoup de fatigue et un manque de reconnaissance

"On est tous épuisés, on est à bout "explique Annick qui travaille sur la plateforme Unibio de Romans-sur-Isère. "Ça devient très compliqué, il y a des arrêts maladie, les collègues craquent". 

La pression est très grande pour réaliser et analyser les tests le plus rapidement possible. Même en prenant en priorité ceux qui ont une ordonnance, des symptômes et les cas contacts, la demande est très forte et les autres personnes qui souhaitent se faire tester ne comprennent pas les refus. "On fait au moins deux heures de travail en plus chaque jour, on a même plus le temps de faire de vraies pauses déjeuner et nos vies personnelles, nos proches en souffrent beaucoup aussi" explique Carole qui travaille chez Unibio.

"On a la boule au ventre en venant travailler et on est nombreuses à finir la journée en larmes"

Les salariés des laboratoires d'analyse médicale n'en peuvent plus.

"Les établissements publics ne réalisent pas assez de tests"

"Depuis le mois de septembre c'est vraiment très compliqué, on fait appel aux pouvoirs publics pour pouvoir essayer de délester un peu cette activité de prélèvement, le centre hospitalier de Valence ne fait que 80 tests PCR par jour, l'hôpital de Romans n'en réalise pas, _si aucune structure autre se met à tester et analyser, on ira dans le mur_" explique Jean-Hervé Le Bras, un des responsables du réseau Unibio qui regroupe une trentaine de laboratoires en Drôme-Ardèche et dans la vallée du Rhône.

Jean-Hervé Le Bras est un des responsables du réseau Unibio.

[Réponse du centre hospitalier de Valence le 6 octobre 2020 ] La direction du centre hospitalier de Valence se dit très surprise de ces déclarations. "La mission première du laboratoire du CH de Valence est d’assurer les tests PCR pour les patients hospitalisés à l’hôpital de Valence. Ceci est effectif depuis le 17 mars 2020. Il assure toutefois également les tests d’autres hôpitaux du secteur. Dès le 11 mai, en plus de sa mission de service public, le laboratoire du CH de Valence a également mis en place un centre de prélèvement Covid ouvert aux patients externes à l’hôpital. Ce centre permet de réaliser actuellement environ 80 prélèvements par jour qui viennent s’ajouter aux prélèvements cités précédemment. 

Une astreinte dominicale partagée entre l'hôpital et les laboratoires privés

Selon ce communiqué, "le laboratoire du CHV assure avec les laboratoires du bassin valentinois (à savoir CERBALLIANCE et UNIBIO) une astreinte alternée pour assurer une continuité du service rendu les dimanches, chaque entité assurant un dimanche sur 3." L'hôpital de Valence affirme avoir proposé une solution concertée public-privé pour répondre à la problématique d’engorgement des laboratoires. "_Les biologistes de ville ne souhaitent pas à ce stade solliciter le laboratoire de l’hôpital_. Le laboratoire de l’hôpital a enfin passé convention avec le laboratoire départemental, pour que celui-ci puisse le cas échéant venir en appui des besoins d’analyse."

La direction du CHV souligne encore : "Comme pour les laboratoires privés, _la crise Covid a généré une surcharge de travail importante pour le laboratoire du CH de Valence_, à laquelle l’équipe du laboratoire fait face depuis plusieurs mois. L’établissement salue à ce titre l’engagement exemplaire de ses professionnels. Le centre hospitalier se félicite plus globalement, au contraire de cette déclaration isolée, de la coopération public/privé actuellement à l’œuvre, aussi fructueuse que nécessaire pour faire face aux besoins de la population."

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