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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : les premiers résultats d'une étude inédite menée à Perpignan

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Par , France Bleu Roussillon

L'hôpital de Perpignan et Santé Publique France ont mené une étude sérologique inédite dans 3 quartiers de la ville peuplés majoritairement par la communauté gitane. Les premiers résultats, publiés ce lundi, démontrent que le virus a circulé de manière bien plus active dans ces zones qu'ailleurs.

L'étude a été menée à partir de prélèvements sanguins
L'étude a été menée à partir de prélèvements sanguins © Maxppp - Thierry THOREL

C'est une étude inédite en France : pour la première fois, les scientifiques se sont penchés sur la circulation du Covid-19 spécifiquement dans des quartiers comprenant une forte population d'origine gitane. Le centre hospitalier de Perpignan et Santé Publique France étaient aux manettes.

Près d'un habitant sur deux à Saint-Jacques en contact avec le virus

Entre le 30 juin et le 17 juillet dernier, des prélèvements sanguins ont été effectués sur 700 personnes (adultes et enfants de plus de six ans) dans trois quartiers de Perpignan : Saint-Jacques, le Haut-Vernet et du Nouveau Logis (aussi appelé la Cité Bellus). Trois quartiers souvent considérés comme les plus pauvres de la ville.

Ces trois zones, peuplés par environ 10.000 habitants, avaient été au mois de mars dernier un cluster important de malades. "Il nous semblait important de mesurer l’impact du Covid dans cette communauté et de mieux comprendre les modes de transmission" détaille le docteur Hugues Aumaître, chef du service des Maladies Infectieuses et Tropicales (SMIT) de l'hôpital de Perpignan. 

Et les premiers résultats sont sans équivoque : dans la communauté gitane, le virus a circulé bien plus activement qu'ailleurs. Sur l'ensemble des personnes interrogées, 35,4% ont été en contact avec le virus identifié comme étant à l'origine de la pandémie, le SARS-CoV-2. 

Les analyses montrent que dans le quartier Saint-Jacques, composé quasi-essentiellement de membres de la communauté gitane dont beaucoup dans une situation très précaire, c'est près d'un habitant sur deux qui a été en contact avec le virus : 46,7%. Ils étaient 13,9% dans le Haut-Vernet et 17,1% dans le quartier du Nouveau Logis.

Par ailleurs, parmi les personnes détectées comme positives dans les trois quartiers, une sur cinq (21,7%) était asymptomatique. Ce qui est de nature à renforcer la transmission du virus.

Des chiffres largement supérieurs à la moyenne

Comme point de comparaison, l'étude se base sur une autre enquête réalisée au mois de mai dans la Région Occitanie. Le contraste est brutal : le taux de séroprévalence était estimé à 1,9%. 

Pour Damien Mouly, responsable de la cellule Occitanie de Santé Publique France, ces résultats démontrent "la nécessité de poursuivre les efforts vis-à-vis des populations vulnérables dans le but de réduire le risque de contamination, par la mise en place d'actions de prévention ciblées et adaptées à cette population vivant sur un mode communautaire".

La population touchée est plus jeune

Autre point relevé par cette étude qui a mobilisé 80 personnes : dans ces quartiers, le virus est plus présent chez moins de 65 ans. Seuls 14,7% des plus de 65 ans ont été exposé à l'infection. Selon l'enquête, cela laisse supposer "un nombre de contacts avec des personnes malades moins important, un respect des mesures barrières et un isolement plus important de ces personnes qui sont perçues comme plus fragiles par la communauté."

Cependant, cela démontre qu'une large partie de la population considérée comme étant à risque n'a donc pas encore été touchée par la maladie. "Il est plus que jamais nécessaire que la population de ces quartiers maintienne voire accentue le respect des gestes barrières et des mesures de prévention" précise l'étude. 

D'autres résultats attendus pour comprendre 

En parallèle des analyses sanguines, les chercheurs ont mené des interrogatoires auprès des personnes interrogées.

Cela pourrait permettre de comprendre en détail pourquoi le virus circule plus dans ces quartiers très défavorisés, et à l'habitat bien souvent très dégradé. Parmi les questions posées aux participants, plusieurs abordent le logement : combien vivent sous le même toit, dans combien de pièces, et dans quelles conditions. 

Enfin, les questionnaires permettront d'étudier le lien entre les infections, et l'existence de symptômes cliniques. La communauté gitane recense en effet une "forte prévalence de certaines pathologies" (en particulier l'obésité et le diabète) qui sont connues pour aggraver le risque de cas grave de coronavirus. 

Les résultats de ce deuxième volet de l'étude seront présentés d'ici la fin de l'année 2020

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