Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : les tests sérologiques en cinq questions

-
Par , France Bleu
France

Les tests sérologiques permettent de déterminer si une personne a développé des anticorps contre le coronavirus. Même s'ils ne constituent pas un "certificat d'immunité", ils vont prendre de l'ampleur en France. France Bleu vous explique en quoi ils consistent.

Test sérologique du Covid-19.
Test sérologique du Covid-19. © Maxppp - Alexandre MARCHI

Tester la population pour savoir qui est atteint du coronavirus ou déterminer qui a été exposé au Covid-19, ce sont des démarches et des types d'analyses différents. Si les Français sont devenus presque familiers des tests PCR, les tests sérologiques vont monter en puissance dans les prochains mois. A quoi servent-ils et à quoi ne suffisent-ils pas (encore) ? France Bleu vous répond.

Test sérologique : en quoi ça consiste ?

L’objectif des tests sérologiques, pour le diagnostic du Covid-19, c’est la recherche dans le sang d’anticorps dirigés contre le virus. Ils sont donc réalisés par prise de sang. C’est une indication a posteriori de l’exposition au virus. A ne pas confondre, avec les PCR, les fameux tests réalisés par prélèvement dans la narine, qui permettent de détecter si une personne est atteinte à l’instant T du Covid-19.

De quoi puis-je être sûr (ou pas) ?

Si vous pensez avoir fait une forme “légère” du Covid-19, mais que vous n’avez pas été diagnostiqué quand vous étiez malade, vous espérez peut-être qu’un test sérologique vous permettra de savoir si vous êtes protégés. Autrement dit, la présence d’anticorps garantit-elle une immunité contre le virus ? Malheureusement, comme le rappelle la Haute autorité de santé (HAS) dans cet avis, il n’y a à ce stade pas de certitude sur l’immunité des personnes ayant contracté le coronavirus. 

Les anticorps ne vous dédouanent pas des gestes barrières

Jean Sibilia, doyen de la faculté de médecine de Strasbourg, précise deux choses sur France Bleu Alsace. D'une part, on rencontre des malades qui ont des anticorps, tout en ayant encore des symptômes de la maladie, donc “les anticorps ne semblent pas, chez tout le monde, signifier qu’on est immunisé”. D'autre part, si vous avez des anticorps, “ça ne vous dédouane pas des mesures barrières : vous pouvez porter du virus sur les mains, même si vous n'êtes plus malade et transmettre le virus, déposer le virus partout dans l'espace public ou à la maison”

Un test sérologique positif, c’est une fausse sécurité. Fin avril, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs averti les Etats contre la mise en oeuvre de "passeports immunitaires" sur le nouveau coronavirus, en expliquant qu'il n'y avait “actuellement aucune preuve que les personnes qui se sont remises du Covid-19 et qui ont des anticorps soient prémunies contre une seconde infection”

Je veux faire un test sérologique, c’est possible ?

Le ministre de la santé Olivier Véran a annoncé le 19 mai, suite à une recommandation de la Haute autorité de santé, que les personnels soignants pourraient bénéficier "à compter de la semaine prochaine" de tests sérologiques sur prescription médicale. Cela concerne le personnel soignant "à l'hôpital, en Ehpad, en établissement médico-social" mais "également en ville".

Pour le reste de la population, pas besoin d’ordonnance, puisque le test n’est pas remboursé. Le coût observé est d’une trentaine d’euros. Le résultat est disponible en quelques heures. Il n’y a pas pour autant de ruée, constate Pierre-Adrien Bihl, secrétaire général du Syndicat des jeunes biologistes médicaux, qui exerce au laboratoire Biorhin à Mulhouse. Les personnes qui se présentent individuellement sont jusqu’ici, pour la plupart, des soignants ou bien des responsables d’Ehpad. Dans son laboratoire, depuis début mai, il a fait quatre fois plus de tests PCR que de sérologiques.

Le biologiste a en revanche des mots assez durs pour les élus, dans des villes, départements ou régions, qui ont voulu ou veulent mettre en place des campagnes de dépistage sérologique : “On sort de la réalité médicale pour être dans la communication politique, c’est de la surenchère”. Pierre-Adrien Bihl met en garde contre “des tests anxiolytiques” qui ne sont, en aucun cas, des certificats d'immunité.

Ceci dit, le gouvernement devrait rapidement élargir le champ d’application des tests sérologiques. La fameuse validation est en cours de finalisation. Invité ce mercredi sur franceinfo, le président du syndicat national des biologistes François Blanchecotte, annonce la publication d’un arrêté sur les conditions dans lesquelles les particuliers pourraient faire ces test : “Quand vous aurez subi un prélèvement nasopharyngé et qu'il sera négatif, vous pourrez avoir droit à une sérologie après”

Selon François Blanchecotte, la liste des tests validés et sélectionnés par le Centre national de référence sera publiée par le ministère de la Santé. Les ordonnances -et le remboursement qui en découle- seront réservées à certaines indications prévues dans l’arrêté.

Si on ne peut pas être sûr d’être immunisé, à quoi servent ces tests ?

Les tests sérologiques représentent pour le moment un intérêt épidémiologique, c’est-à-dire une source d’information sur l’étendue de l’épidémie. L'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) par exemple, a lancé une étude EpiCov auprès de 200.000 personnes où une analyse de sang se double d’un questionnaire. Objectif : établir une “cartographie globale et scientifiquement fiable du statut immunitaire de la population” et de son évolution.

Sur un plan individuel, Jean Sibilia doyen de la faculté de médecine de Strasbourg, estime qu’ils seront intéressants pour essayer de “comprendre ce qui s‘est passé chez des sujets qui ont ressenti des symptômes". Retracer la maladie à hauteur d'individu en quelque sorte.

Et les tests sérologiques dits “rapides” ?

C’est une autre forme de test, réalisée à partir d’une goutte de sang prélevée au bout du doigt. Le résultat est rendu directement, en quelques minutes. Il en existe plusieurs sortes, correspondant à des méthodes différentes : des TDR, pour tests diagnostiques rapides, des TROD pour tests rapides d’orientation diagnostique ou encore des autotests.

Les plus simples, les autotests, pourraient en théorie être réalisés simplement chez soi. Mais dans un avis rendu le 28 mai, la HAS met en garde, d’abord sur la fiabilité de ces tests, encore incertaine. Ensuite sur les difficultés d’interprétation du résultat : “Sans accompagnement, le patient prend le risque de tirer des conclusions erronées”. Le test Covid-19 aussi facile d’un test de grossesse, par exemple, ce n’est pas pour aujourd’hui.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu