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Dossier : Coronavirus Covid-19

Déconfinement des écoliers, circulation du coronavirus... Une virologue de Caen répond à vos questions

Astrid Vabret est la responsable du service de virologie du CHU de Caen. Invitée sur France Bleu, elle a répondu aux nombreuses questions des auditeurs autour du coronavirus et de la préparation du déconfinement dans notre pays.

Astrid Vabret, Virologue au CHU de Caen
Astrid Vabret, Virologue au CHU de Caen © Radio France - Francis Gaugain

Après six semaines à la maison, les Normands s'apprêtent à faire face au déconfinement. La cheffe du service de virologie du CHU de Caen, Astrid Vabret, invitée sur France Bleu ce vendredi, a répondu aux nombreuses problématiques et aux nombreuses questions soulevées par cette fin du confinement et au coronavirus. 

Le déconfinement adapté à chaque territoire, est-ce une bonne solution ?

Ces questions politiques sont très difficiles. Il est évident que la circulation du virus a beaucoup diminué avec le confinement, notamment dans nos régions où sa circulation n'était pas maximale, comme dans l'Est de la France et dans la région parisienne. Et de toutes les façons, on ne peut pas rester confiné Ad vitam aeternam.

Est ce que c'est une bonne nouvelle ? Oui, parce que le confinement a des effets également sur la santé des gens. Il faut juste ne pas penser que le virus ne peut pas repartir. Il faut s'attendre éventuellement à une reprise la circulation du virus. Les modalités du déconfinement vont donc prévenir la diffusion du virus, quand celui-ci réapparaîtra dans certains foyers.

Tout le monde devra-il porter un masque ?

Le masque protège mais encore une fois il ne fait pas tout. Il faut correctement le porter. Je vois des gens qui le porte sous le nez. 

Je pense que la période de déconfinement que l'on va vivre jusqu'au 11 mai aura eu comme intérêt que les gens ont conscience de la distanciation et de se laver les mains. Elle aura constitué une période éducative.

Quand on porte correctement son masque et qu'on n'y touche pas toutes les cinq minutes, c'est bon. Quand on sera enrhumé - je pense à l'automne prochain - il faudra juste éviter qu'ils deviennent ce qu'étaient les mouchoirs en tissu.

Les enfants sauront-ils respecter les gestes barrières ?

Les enseignants qui ont l'habitude de prendre en charge ces enfants sauront mieux répondre. J'ai entendu des avis très divers. Je pense que c'est difficile. Après, des crèches et des écoles sont restées ouvertes pour accueillir les enfants des soignants et cela s'est bien passé.

C'est une vrai discussion qu'il doit y avoir entre les responsables des écoles et chaque parent. Il y a effectivement beaucoup de peur mais la peur n'évite pas le danger. Il faut avoir un niveau de conscience que le virus va toujours être là.

Les formes graves chez les enfants sont exceptionnelles. Le risque, c'est que les enfants au retour de l'école infectent les parents . D'où l'importance des mesures barrières.

Le virus peut-il être véhiculé par une climatisation ?

Si vous avez beaucoup de personnes infectées dans un endroit clos comme un tram par exemple, le virus peut effectivement se retrouver à un moment donné dans l'air et les mouvements d'air liés à la ventilation peuvent faire déplacer le virus.

Mais nous seront le 11 mai et nous sortirons de huit semaines de confinement. Les taux de détection du coronavirus ont énormément diminué et il sera recommandé dans les transports de porter un masque correctement.

Le risque va être minime. Il n'y a pas de risque zéro. Il faut que chacun apprécie le risque mais encore une fois, le niveau de circulation du virus ne sera pas le même le 11 mai qu'en mars. C'est un des points positifs du confinement.

Le manque de matériel est-il préjudiciable en cas de 2eme vague ?

Effectivement il y a eu des difficultés d'approvisionnement. Tout le monde le sait. Après, même si vous avez du matériel, vous ne pouvez pas mettre 20 personnes dans un lit de réanimation. Il n'y a pas que le matériel, il y a aussi la capacité des hôpitaux et des ressources humaines.

Aucun pays ne peut encaisser ce nombre de cas. Il faut remédier au manque de matériel, mais il y a une capacitaire limitée dans nos hôpitaux. Il faut être un peu résilient. Bien évidemment, il y aura des progrès à faire mais si on vit avec dans la tête une pandémie constante, on vivra au dessus de nos moyens.

Il faut penser après à un système plus souple pour permettre d'augmenter les lits de réanimations pour les formes les plus graves. Ce que l'on craint de toutes les façons, c'est un débordement de formes graves.

Le coronavirus Covid-19 va-t-il disparaître de la même façon que le SRAS ?

Le coronavirus n'est pas tout à fait le même virus que le SRAS même s'il est de la même famille. Ce qui s'est passé en 2002, c'est que le virus est resté quasiment en Chine. Il n'y a eu qu'un cas en France. L'épidémie a réussi à être jugulée dès le début.

Une épidémie est exponentielle. Vous avez un doublement, un triplement des cas tous les trois jours. Si vous prenez des mesures dès le début, c'est beaucoup moins difficile d'arrêter le virus que quand vous prenez des mesures un peu plus tard. Dans les régions de l'Ouest par exemple, nous avons été confinés au bon moment. 

Le SRAS, c'était 8.000 cas estimés avec 800 morts. Il n'avait probablement pas les mêmes caractéristiques. Le SRAS de 2002 n'avait pas la capacité de se transmettre avant l'apparition des signes cliniques. On avait le temps de le dépister et d'isoler les malades, alors qu'on peut être infecté par le Covid-19 et être contagieux 24 à 48h avant les signes cliniques.

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