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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : où en sont les recherches de vaccins ?

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Par , France Bleu

42 "candidats vaccins" font actuellement l'objet d'essais cliniques dans le monde selon l'OMS. Deux d'entre eux pourraient être prêts à être autorisés en novembre aux Etats-Unis ont annoncé les sociétés américaines Pfizer et Moderna le 16 octobre. France Bleu fait le point sur les expérimentations.

Capsules  réservées aux vaccins contre la Covid-19 (illustration).
Capsules réservées aux vaccins contre la Covid-19 (illustration). © Maxppp - PHOTOPQR/REPUBLIQUE DU CENTRE/Gaujard Christelle

En Europe, aux Etats-Unis ou encore en Chine, partout dans le monde de nombreux essais cliniques ont été lancés pour trouver un vaccin contre le Covid-19, qui a fait plus d'1,1 million de morts depuis le début de l'épidémie dont plus de 33.500 en France. Combien de vaccins sont-ils à l’essai ? Où en sont les expérimentations ? Quand seront-ils disponibles ?

Combien de vaccins sont-ils à l’essai ?

Mi-octobre, l'OMS recensait 42 "candidats vaccins" faisant l'objet d'essais cliniques sur l'homme à travers le monde soit une trentaine de plus qu'à la mi-juin. Dix en sont au stade le plus avancé, la phase 3, durant laquelle l'efficacité du vaccin est mesurée à grande échelle sur des dizaines de milliers de volontaires répartis sur plusieurs continents précise l'AFP. En France, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale a lancé le 1er octobre une plateforme pour recruter 25.000 personnes afin de tester les différents projets de vaccins. Les essais doivent débuter entre fin-décembre et début 2021.

Parmi les projets les plus avancés, celui de la société américaine Moderna et de l'alliance germano-américaine BioNTech/Pfizer. Les deux groupes prévoient de demander l'autorisation de mise sur le marché de leurs vaccins d'ici fin novembre aux Etats-Unis, soit neuf mois après le premier mort du coronavirus dans le pays. Jamais un vaccin n'a été développé aussi rapidement. Plusieurs laboratoires chinois, un projet européen mené par l'Université d'Oxford (en coopération avec la société AstraZeneca) ou encore le vaccin Spoutnik V, développé par la Russie et son institut de recherche Gamaleïa, en sont aussi à la phase 3.  

Les autres en sont encore à la phase 1 (qui vise avant tout à évaluer la sécurité du produit) ou à la phase 2 (où on explore déjà la question de l'efficacité). Au total, l'OMS comptabilise 156 projets de candidats vaccins en phase pré-clinique d'élaboration.

Quelles sont les techniques utilisées ?

La compétition planétaire favorise l'innovation. Si certaines équipes travaillent sur des types de vaccins classiques qui utilisent un virus "tué" à l'image des vaccins "inactivés" des Chinois Sinovac et Sinopharm, il existe également des vaccins dits "sous-unitaires", à base de protéines (des antigènes) qui déclenchent une réponse immunitaire, sans virus.  

D'autres vaccins, dits "à vecteur viral", utilise comme support un autre virus qu'on transforme et adapte pour combattre le Covid-19 indique l'AFP. C'est la technique innovante choisie par l'université d'Oxford et les Russes, qui utilisent des adénovirus (famille de virus très courants).  

Enfin, certaines recherches sont basées sur des vaccins "à ADN" ou "à ARN", des produits expérimentaux utilisant des morceaux de matériel génétique modifié. C'est le cas de ceux de Moderna et de BioNTech/Pfizer. "Plus on a de candidats avec des techniques différentes, plus on a de chances d'aboutir à un vaccin qui marche et est bien toléré", a expliqué à l'AFP Daniel Floret, vice-président de la Commission technique des vaccinations de la Haute autorité de santé (HAS) française.

Les premiers essais sont-ils concluants ?

Pour l'heure, seuls des résultats préliminaires (phases 1 et/ou 2) issus de recherches menées en Chine, en Russie, aux Etats-Unis et en Europe ont été publiés dans des revues scientifiques. Jugés globalement encourageants, ils montrent que ces vaccins provoquent une bonne réponse immunitaire. Mais de nombreuses inconnues subsistent toujours sur les mécanismes d'immunité. Plusieurs cas de réinfection ont ainsi été signalés dans le monde. Pour l'immunologiste Alain Fischer, interrogé par l'AFP, "il faut que les essais de phase 3 aillent à leur terme et qu'on ne base pas l'analyse sur des résultats intermédiaires, aussi bien sur les questions de tolérance que d'efficacité". Et d’ajouter : "Tout le monde souhaite qu'un vaccin soit disponible dans de bonnes conditions le plus vite possible, mais on ne doit pas confondre vitesse et précipitation : il faut se donner le temps d'une analyse complète, rigoureuse et transparente".

Deux essais de phase 3 ont été suspendus ces dernières semaines pour des raisons de sécurité.  Début septembre, celui d'Oxford/AstraZeneca a été interrompu en raison d'une maladie inexpliquée chez un participant. Il a repris après quelques jours au Royaume-Uni et dans d'autres pays, mais pas aux Etats-Unis. Lundi, le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson, à son tour, a annoncé la suspension de son essai, là encore "en raison d'une maladie inexpliquée". Dans les deux cas, l'essai a été suspendu pour vérifier si ces maladies étaient liées au vaccin ou à autre chose. Une vigilance rassuranteselon les experts. "Cela montre que le processus de surveillance de la sécurité des participants fonctionne bien, ce qui est un motif de confiance", juge le Pr Stephen Evans (London School of Hygiene & Tropical Medicine), cité par l'organisme britannique Science Media Centre (SMC).  

Quand les vaccins seront-ils disponibles ?

À ce jour, aucun vaccin n'a encore reçu d'approbation pour une distribution commerciale à grande échelle. Mais les autorités chinoises ont déjà donné leur feu vert pour des vaccinations d'urgence. Selon un haut responsable gouvernemental, quelque 60.000 personnes ont ainsi été vaccinées dans plusieurs pays dans le cadre de quatre essais cliniques chinois. Le pays ambitionne de produire 610 millions de doses par an de plusieurs vaccins contre le Covid-19 d'ici à la fin de l'année, et plus d'un milliard de doses dès 2021.

Deux laboratoires américains prévoient de demander l'autorisation de mise sur le marché de leurs vaccins d'ici fin novembre aux Etats-Unis et l'Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé le 16 octobre qu'elle pourrait approuver trois vaccins au début de l'année prochaine."Il est difficile de prévoir un calendrier", a toutefois concédé l'EMA. "Il y a les autorisations réglementaires, la production, tout ça qui doit suivre" a rappelé lundi sur la chaîne LCI l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, misant sur le "deuxième semestre 2021 (...) au mieux". Début septembre, l'OMS avait indiqué ne pas s'attendre à une vaccination généralisée avant la mi-2021, ce qui constituerait déjà un exploit, la mise au point d'un vaccin prenant habituellement plusieurs années.  

Reste à savoir si la production de seringues suivra. Pour être sûr d'être en capacité de lancer des campagnes massives d'immunisation dès que des vaccins seront homologués et disponibles, l'Unicef veut stocker et pré-positionner un milliard de seringues d'ici la fin 2021 a annoncé la directrice générale du Fonds des Nations unies pour l'enfance le 19 octobre. L'OMS et  l'Unicef ont également commencé à faire une carte des moyens existants pour assurer la continuité de la chaîne du froid, les vaccins étant sensibles à la chaleur.

Même si les recherches aboutissent en un temps record, il est aujourd’hui compliqué d'évaluer combien de personnes accepteront d'être vaccinées. Selon une étude publiée ce mardi dans la revue Nature Medicine, la défiance des populations à l'égard d'un futur vaccin pourrait faire obstacle à une vaste campagne d'immunisation. 72% des 13.400 personnes interrogées dans 19 pays se disent prêtes à se faire vacciner à la condition qu' "un vaccin démontre son efficacité et son innocuité", tandis que 14% répondent qu'elles refuseraient et autant (14%) se montrent hésitantes. Le taux d'acceptation évolue fortement, avec trois pays sous les 60% : la France (58,8%), la Pologne (56,3) et la Russie (54,8), et trois autres qui dépassent les 80% : la Chine, le Brésil et l'Afrique du sud.

Enfin, en dépit des nombreuses initiatives et du déploiement de moyens considérables raccourcissant les délais de développement et d'approbation, il est possible qu'on ne parvienne jamais à mettre au point un vaccin.

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