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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : le point sur la polémique autour du vaccin que Sanofi veut livrer "en premier" aux Etats-Unis

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Par , France Bleu

Le géant pharmaceutique français Sanofi a provoqué l'indignation mercredi en annonçant qu'il distribuerait en priorité un éventuel vaccin aux Etats-Unis, car le pays a davantage investi dans la recherche. France Bleu fait le point.

Ancien siège social de Sanofi à Lyon en 2018 (photo d'illustration).
Ancien siège social de Sanofi à Lyon en 2018 (photo d'illustration). © Maxppp - PHOTOPQR/LE PROGRES/Photo Joel PHILIPPON

"Inacceptable", "scandaleux"... Alors que le monde est suspendu à la découverte d'un vaccin susceptible d'enrayer la pandémie de Covid-19, le patron de Sanofi a déclenché une vive polémique en annonçant que la priorité serait donnée aux Etats-Unis, en raison de leur effort financier pour soutenir les recherches du géant pharmaceutique français. Des propos nuancés par la branche France du laboratoire ce jeudi, qui a enjoint l'Europe à se montrer "plus efficace", notamment sur le plan réglementaire, pour bénéficier également d'un éventuel vaccin.

A l'origine de la polémique, les déclarations du patron de Sanofi

Dans un entretien à l'agence Bloomberg (en anglais), le patron de Sanofi, Paul Hudson, a affirmé mercredi que le gouvernement américain aurait "droit aux plus grosses précommandes" de vaccins. Motif ? Les autorités américaines, avec lequel le laboratoire français a conclu mi-février un accord de coopération, ont davantage investi dans le programme de recherche du groupe a justifié Paul Hudson, à la tête du groupe français depuis septembre 2019. 30 millions de dollars ont ainsi été versés par la Barda, l'autorité sanitaire américaine chargée de la recherche biomédicale, ce qui justifierait que les Etats-Unis bénéficient d'une avance de plusieurs jours ou semaines, a-t-il indiqué.

Une éventualité jugée "inacceptable" par la secrétaire d'Etat française à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher. "L'égal accès de tous au vaccin n'est pas négociable" a renchéri le Premier ministre Edouard Philippe, après un échange avec le président du conseil d'administration de Sanofi, Serge Weinberg.

Un avis partagé par des personnalités de tous bords politiques, qui se sont indignées sur les réseaux sociaux. D'autant que Sanofi, qui vient de verser 4 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires, a bénéficié ces dernières années de "110 à 130 millions d'euros" de crédit impôt recherche et du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) selon les syndicats.

Faire pression sur les Européens

Ce jeudi, la branche France du laboratoire s'est efforcée de rassurer tout en enjoignant l'Europe à se montrer "plus efficace" et à investir davantage dans la recherche alors que la France, l'Allemagne et la Commission européenne débattent depuis plusieurs semaines d'éventuels financements publics européens. Selon un document interne relayé par l'agence Reuters, la Commission européenne réfléchit à mobiliser un fonds d'urgence de 2,4 milliards d'euros pour renforcer la capacité des laboratoires pharmaceutiques en Europe. 

"Les efforts déployés ces derniers mois montrent qu'il est nécessaire que ce vaccin soit un bien public mondial, extrait des lois du marché", a réagi l'Elysée ce jeudi en insistant sur l'importance de maintenir "les efforts considérables, multiples, pour arriver à construire autour d'acteurs multilatéraux, une réponse collective et coordonnée" face à la pandémie. Emmanuel Macron a indiqué qu'il recevrait des dirigeants de Sanofi en début de semaine prochaine pour en discuter. 

L'Europe doit-elle s'inquiéter ?

Dans une nouvelle déclaration ce jeudi, le directeur général de Sanofi Paul Hudson s'est dit désolé que ses remarques ait soulevé une telle polémique, tout en appelant l'Europe à "partager les risques" pour produire le vaccin. Sanofi fait pression en ce sens depuis des mois a-t-il reconnu.

Toutefois il est encore trop tôt pour savoir quel pays disposera ou non en priorité d'un éventuel vaccin, qui, selon des experts européens, ne sera pas disponible avant un an au moins. Et Sanofi n'est pas le seul laboratoire positionné : au total, plus de 100 projets sont en lice dans le monde et une dizaine d'essais cliniques sont en cours.

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