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Dossier : Coronavirus Covid-19

Vaccination contre le coronavirus : pourquoi des rendez-vous sont-ils reportés ?

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Par , France Bleu

Rendez-vous reportés, livraisons retardées... la France, comme d'autres pays européens, peine à tenir ses objectifs en matière de vaccination. Environ 2,5 millions de personnes seront vaccinées fin février et non 4 millions comme initialement annoncé a reconnu le gouvernement jeudi. Explications.

Vaccination contre la Covid-19 dans l'EHPAD de Bouxwiller (Bas-Rhin), le 28 janvier 2021.
Vaccination contre la Covid-19 dans l'EHPAD de Bouxwiller (Bas-Rhin), le 28 janvier 2021. © Maxppp - PHOTOPQR/DNA/Laurent REA

Ce ne sont pas 4 millions de personnes qui seront vaccinées d'ici fin février, comme l'assurait le ministre de la Santé jeudi 21 janvier et encore ce mardi, mais environ 2,5 millions a reconnu le gouvernement jeudi. Depuis 15 jours, plusieurs laboratoires ont en effet annoncé que les livraisons de doses seraient inférieures à ce qui était initialement prévu. Après Pfizer et AstraZeneca, le laboratoire Moderna a indiqué jeudi qu'environ 150.000 doses n'arriveront pas dans les congélateurs en février. Un retard jugé inadmissible par la Commission européenne, qui a enjoint les industriels à tenir leurs promesses. 

Conséquence, ce sont finalement 400.000 nouveaux rendez-vous qui sont ouverts ce vendredi pour recevoir la première injection du vaccin contre le Covid-19, et non 500.000 comme annoncé par le ministre de la Santé en début de semaine. Une situation qui suscite la colère d'une partie des élus locaux, contraints de se réorganiser à la hâte. 

Retards de production

Pourquoi de tels retards de livraisons ? "La production de masse n'est pas à la hauteur de ce qui était attendu", a expliqué jeudi sur franceinfo Sylvie Briand, directrice à l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), chargée des risques épidémiques et pandémiques. "Ce sont des vaccins nouveaux donc les chaînes de production étaient limitées. Les entreprises Pfizer et Moderna avaient fait des investissements depuis quelques mois pour essayer d'augmenter cette production, mais ce n'est évidemment pas suffisant pour l'instant", a-t-elle précisé. "Donc oui, il n'y a certainement pas assez par rapport aux attentes".

Quand l'Union européenne a conclu des contrats avec les différents laboratoires, "on ne savait même pas si les vaccins allaient être acceptés parce que les études, les essais cliniques de phase 3 étaient encore en cours. On ne savait même pas quel serait le premier vaccin à arriver sur le marché, donc il y avait beaucoup d'incertitudes. Il y en a eu beaucoup jusqu'à très récemment" a-t-elle développé. "Maintenant, il y a eu beaucoup d'espoir à cause des premières doses. C'est vrai que la production de masse n'est pas à la hauteur de ce qui était attendu. Beaucoup de pays ont des difficultés, avaient fait des plans de vaccination plus ambitieux et sont obligés de réduire un peu le rythme des vaccinations".

Sylvie Briand se veut toutefois optimiste : "Ces vaccinations continuent quand même. Donc, peut-être qu'on arrivera moins rapidement à la couverture vaccinale qu'on espérait pour les personnes à risque, mais ça va déjà avoir un effet quand même sur la réduction des gens qui vont être hospitalisés et faire des maladies graves."

Rendez-vous reportés et centres provisoirement fermés

Conséquence, dans plusieurs régions et départements, les rendez-vous pour une première injection du vaccin contre le Covid-19 sont reportés, après le 15 février. C'est notamment le cas en Ile-de-France, dans les Hauts-de-France et en Bourgogne-Franche-Comté

Dans certains départements, des centres de vaccination sont même fermés provisoirement en attendant de reconstituer les stocks, comme en Vaucluse ou encore dans le Doubs, suscitant l'inquiétude de ceux qui attendaient leur première injection, à l'image d'André, 70 ans. Son rendez-vous prévu le 1er février à la polyclinique de Besançon a été annulé mardi 26 janvier. "Je suis donc susceptible d'attraper le Covid et puis de développer une forme grave", a-t-il déploré au micro de France Bleu Besançon.

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La suite de la campagne va aussi dépendre des détails de l'autorisation de mise sur le marché du vaccin AstraZeneca alors que la commission de vaccination allemande l'a déconseillé pour les plus de 65 ans. Si l'EMA a les mêmes réticences et que l'avis de la Haute autorité de santé (HAS) en France va dans le même sens, "on peut être amené à une intensification de la vaccination d'autres publics", a expliqué à l'AFP le ministère de la Santé. Mais dans tous les cas, il faudra faire, au mieux, avec 4,6 millions de doses de ce vaccin d'ici à la fin mars, soit moitié moins qu'attendu auparavant, à cause d'une baisse de livraisons de la part du groupe pharmaceutique qui concerne toute l'Union européenne.

Sécuriser les deuxièmes doses

L'objectif est "de garantir l'administration de la seconde injection pour toutes les personnes ayant déjà reçu la première dose en janvier" expliquent les Agences régionales de santé (ARS). L'Agence européenne des médicaments (EMA) a en effet recommandé un intervalle de trois semaines entre les deux injections du vaccin Pfizer/BioNTech.

De son côté, le ministre de la Santé Olivier Véran avait averti la semaine dernière que le mois de février devait permettre "d'assurer le rappel (c'est-à-dire la deuxième injection, NDLR) des personnes primo-vaccinées en janvier" et que le nombre de personnes recevant une première injection en février serait donc "plus faible qu'en janvier". Il a toutefois refusé d'autoriser un report de l'injection de la seconde dose, disant faire "le choix de la sécurité des données validées".

Actuellement les "deuxièmes doses sont pratiquement partout sanctuarisées", a affirmé le professeur François-René Pruvot, président de la conférence des présidents de commissions médicales des CHU français et président de la commission médicale du CHU de Lille ce vendredi sur franceinfo, justifiant à nouveau les décisions prises dans plusieurs régions. "Nous avons une obligation médicale impérative, c’est d'assurer la deuxième vaccination. En faisant le calcul, Il se trouve que pour le week-end, il faut cesser les primo-vaccinations jusqu'à ce que nous soyons de nouveau livrés de stocks de vaccins", a-t-il précisé.

Système D

En première ligne, aux côtés des équipes médicales et des populations, des maires tentent de s'organiser. "C'est un peu révoltant par rapport à tout ce qui a été mis en œuvre", a réagi Dominique Thiébaut, la présidente de l'association des maires de la Somme, auprès de France Bleu Picardie. Elle se refuse toutefois à accabler l'État et l'ARS. "Les élus sont un peu échaudés car ils ont l'impression d'avoir été 'grugés' mais il faut être rassurants, positifs et patients puisque nous n'avons pas le choix."

Sentiment partagé par Patrick Genre, maire de Pontarlier et président de l’Association des maires du Doubs. "Rappeler un par un tous ceux qui ont pris rendez-vous, c'est une charge énorme", a-t-il déploré sur France Bleu Besançon. "On est dans une pagaille monstre et c'est dramatique comme pilotage de cette vaccination"

Dans des courriers adressés au gouvernement, les collectivités locales ont réclamé mardi davantage de "transparence" sur la campagne vaccinale.

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