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Coronavirus : pourquoi le nom de Jean Zay est associé à la lutte contre l'épidémie

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Par , France Bleu Orléans

Jean Zay, ministre du Front Populaire, député du Loiret, fut à l'origine de la création du CNRS. L'an passé, le CNRS a donné le nom de Jean Zay à un "supercalculateur" : une machine à la puissance de calcul énorme, utilisée aujourd'hui pour la recherche d'un vaccin contre le Covid-19.

C'est à Saclay, en région parisienne, que l'Idris-CNRS héberge le supercalculateur Jean Zay
C'est à Saclay, en région parisienne, que l'Idris-CNRS héberge le supercalculateur Jean Zay - Cyril Fresillon - CNRS

Le Centre national de la recherche scientifique a été créé en 1939 sous l'impulsion de Jean Zay. Pour rendre hommage à l'ancien ministre orléanais du Front Populaire (abattu en 1944 par la Milice, et qui repose désormais au Panthéon), le CNRS a donné le nom de Jean Zay à l'un de ses équipements les plus performants : un supercalculateur, acquis l'an passé pour 25 millions d'euros. Une machine aujourd'hui à la pointe de la lutte contre le coronavirus.

La machine Jean Zay équivaut à la puissance cumulée de 35 000 ordinateurs de bureau
La machine Jean Zay équivaut à la puissance cumulée de 35 000 ordinateurs de bureau - Cyril Fresillon - CNRS

Ce supercalculateur pèse 25 tonnes et équivaut à 35 000 ordinateurs de bureau, avec une énorme puissance de calcul, explique Pierre-François Lavallée, directeur de l'Idris - l'Institut du développement et des ressources de l'informatique scientifique, rattaché au CNRS : "La puissance s'élève à 16 "pétaflops", c'est-à-dire _16 millions de milliards d'opérations flottantes par seconde_. Pour donner une idée de ce que ça représente, 16 millions de milliards, c'est le nombre de grains de sable mis côte à côte qu'il serait nécessaire d'aligner pour réaliser un ruban de 10 centimètres de large reliant la terre au soleil ! C'est vraiment phénoménal." Le supercalculateur Jean Zay est ainsi dans le Top 50 mondial des machines ayant la plus forte capacité de calcul.

La modélisation moléculaire au cœur des recherches

Cette puissance de calcul s'avère très utile dans la recherche contre le coronavirus, pour trouver un vaccin ou un traitement. Les chercheurs ont besoin en effet de tester les interactions moléculaires qui permettraient d'affecter le virus ; or ces simulations sont très complexes, car le Covid-19 est composé d'environ 5 millions d'atomes.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, tout ne peut pas se faire in vivo en laboratoire. "C'est extrêmement compliqué de faire les manipulations en laboratoire, et surtout, ça prend énormément de temps, souligne Pierre-François Lavallée. L'avantage du travail virtuel - au sens numérique du terme - c'est qu'on peut tester beaucoup plus de choses ; une fois qu'on a ciblé telle ou telle molécule qui semble avoir un potentiel, alors on peut l'étudier de manière plus détaillée en laboratoire. Mais pour le premier temps de la recherche, la machine Jean Zay, qui combine calcul intensif et intelligence artificielle, est particulièrement bien adaptée aux simulations de dynamique moléculaire."

9 projets utilisent le supercalculateur Jean Zay

Du coup, il a fallu adapter la procédure qui permet aux chercheurs d'accéder au supercalculateur, qui est aussi utilisé par les météorologistes, les astrophysiciens, les biologistes... "Normalement, détaille Pierre-François Lavallée, les ressources sont allouées deux fois par an par un comité qui valide les projets d'un point de vue technique et scientifique, afin de partager les heures disponibles sur la machine. Là, nous avons lancé un appel d'offres spécifique."

Ainsi, en seulement quelques jours, 9 projets ont été retenus : "Cela représente 25 scientifiques qui travaillent directement sur le Covid-19 et qui ont déjà utilisé une dizaine de millions d'heures de calcul sur la machine, sachant qu'ils sont ultra-prioritaires - ils n'ont pas à passer par le système ordinaire de queue et d'attente pour accéder au supercalculateur. Certains projets sont franco-français, mais d'autres sont en collaboration internationale."

80 ans après, Jean Zay contre un nouveau fléau mondial

Parmi ces projets, il y a notamment ceux de l'institut Pasteur, de l'Inserm et bien sûr du CNRS. Incroyable clin d’œil de l'Histoire : 80 ans après, le nom de Jean Zay est de nouveau associé à un combat contre un fléau mondial - hier le fascisme, aujourd’hui le Covid-19

A retrouver : le reportage de France Bleu Orléans, disponible ci-dessous

Le supercalculateur Jean Zay sur France Bleu Orléans

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