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Coronavirus : quatre fois plus de consultations chez un psychologue de Poitiers

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Peur de tomber malade, angoisse de perdre son emploi, de ne plus voir ses proches... L'épidémie de coronavirus a bouleversé nos existences et entraîné à Poitiers "un quadruplement du nombre des consultations" chez un psychologue clinicien. Cependant, certains semblent hermétiques au stress.

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Illustration © Maxppp - Aurélie AUDUREAU

Une vague de dépressions et de suicides est à redouter après le Covid, selon certains médecins et professionnels de la santé mentale. Psychologue clinicien à Poitiers et formateur en neurosciences et gestion du stress depuis vingt ans, Erick Daviaud témoigne d'un "quasi quadruplement du nombre de ses consultations" depuis le déconfinement.

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"J'ai des patients que je n'avais pas avant. Ils sont angoissés parce qu'il se passe quelque chose qu'ils ne comprennent pas. On n'a jamais vu ça, notre génération n'a jamais connu un tel enfermement, n'a jamais connu la répétition chaque soir dans les grands médias du nombre de morts et des indicateurs extrêmement pessimistes, et tout ceci créé un stress existentiel, sur leur santé, sur la mort, sur la peur par rapport à leur proches, à leur emploi, etc."

"C'est Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste français, qui a déclaré récemment que le coronavirus avait fait environ 30.000 morts en France, mais que le nombre de dépressions et de suicides, consécutifs à la peur et l'anxiété que cette maladie a provoquées, sera beaucoup plus conséquent et la crise sera, à ce niveau, majeure", ajoute Erick Daviaud. 

Mais il existe aussi des nostalgiques du confinement ! 

Devant les récents signes de reprise de l'épidémie, la perspective d'un nouveau confinement donne des sueurs froides à certains... mais au contraire, de l'espoir à d'autres. "Ce qui m'a fortement étonné, c'est le nombre de patients qui ont bien vécu le confinement", relate Isabelle Leroux, psychologue clinicienne à Poitiers. 

"Pour ces patients, le confinement a été une libération des obligations sociales"

"On vit dans une société de l'image, très narcissique, où les gens sont en permanence en représentation. Par exemple, des femmes me disaient qu'elles n'étaient plus obligée de se maquiller pendant un certain temps, des choses toutes simples comme ça", explique Isabelle Leroux. 

"J'ai très bien vécu le confinement", raconte ainsi Amélie, une mère de famille, assistante de direction, confinée 55 jours dans sa maison avec son mari et leurs deux enfants. "Le fait de se retrouver ensemble, différemment, on s'est sentis à la fois au travail et en vacances, j'ai trouvé ça agréable et en plus, il faisait beau !"

"Le télétravail aussi a pu libérer certains de mes patients d'un chef qui pouvait les harceler ou simplement les presser un peu, confirme Isabelle Leroux. Les trois quarts de mes patients m'ont dit qu'ils avaient très bien vécu le confinement et que si ça avait pu continuer, cela aurait été parfait !"

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