Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : que sait-on des cas de réinfection ?

-
Par , France Bleu

S'il restent rares, plusieurs cas de réinfection ont été confirmés dans le monde. Des cas qui posent de nombreuses questions sur l'immunité et la recherche d'un futur vaccin.

Dépistage mobile Covid-19, gratuit et sans ordonnance, à Rennes le 4 septembre 2020.
Dépistage mobile Covid-19, gratuit et sans ordonnance, à Rennes le 4 septembre 2020. © Maxppp - PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Philippe Renault

Attraper le Covid-19 une deuxième fois, c'est possible. Selon la revue médicale The Lancet Infectious Diseases, cinq cas ont été confirmés dans le monde jusqu'à présent rapportait l'AFP mardi : à Hong-Kong le 24 août, en Belgique, aux Pays-Bas, en Equateur et dans l'état américain du Nevada. D'autres cas ont été décrits en Corée du Sud ou en Israël, ce qui donne au maximum moins d'une vingtaine de réinfections scientifiquement prouvées. Des chiffres qui semblent peu significatifs mais qui soulèvent de nombreuses questions sur les stratégies vaccinales notamment.

Des conséquences variables pour les patients

Comme de nombreux patients souffrant du Covid-19, beaucoup de ceux qui sont infectés une deuxième fois ne présentent pas de symptômes, ce qui les rend difficiles à repérer. Seule une analyse génétique des prélèvements réalisés à chaque fois, pour vérifier qu'on est bien en présence de deux souches différentes de virus, permet de déterminer qu'il s'agit d'une réinfection.

Le fait que certains patients soient moins malades, voire ne présentent pas de symptômes la deuxième fois qu'ils attrapent le virus, est jugé encourageant par les virologues : cela signifie que leur système immunitaire a appris à se défendre après la première infection. À l'inverse, certains patients ont dû être hospitalisés lors de leur deuxième infection, alors que leur état n'inspirait pas d'inquiétude la première fois. 

Un phénomène inquiétant pour les spécialistes. Cela pourrait venir du fait qu'il "ait été exposé à une dose de virus ("inoculum") très importante la deuxième fois, qui aurait provoqué une réaction plus aiguë", estiment les auteurs d'une étude conduite sur un patient américain. Autres hypothèses : une version du virus plus virulente, ou encore le fait que la seconde infection ait été facilitée par la présence d'anticorps due à la première (cela peut être le cas dans d'autres maladies, comme la dengue). Enfin, des chercheurs néerlandais ont récemment décrit le cas d'une femme de 89 ans décédée après une réinfection. Mais elle souffrait par ailleurs d'un cancer rare et ses défenses immunitaires étaient très affaiblies.

Des interrogations sur les réponses immunitaires

Pourquoi certaines personnes peuvent être réinfectées ? Tout le monde est-il susceptible d'attraper le Covid-19 plusieurs fois, comme le rhume ? À quel point est-on immunisé après une première infection et pour combien de temps ? C'est à toutes ces questions que tentent de répondre les chercheurs. "Ces cas sont très étudiés pour savoir s'ils n'ont pas un petit facteur différent qui pourrait justifier" leur réinfection, a expliqué à l'AFP Frédéric Altare, spécialiste d'immunologie à l'institut de recherche français Inserm.

Mais quelle que soit leur cause, "les réinfections nous montrent que nous ne pouvons pas nous appuyer sur l'immunité acquise par l'infection naturelle pour atteindre une immunité de groupe", selon la Pr Iwasaki, spécialiste de l'immunité à l'université de Yale (Etats-Unis), auteure d'un article dans la revue The Lancet Infectious Diseases. Pour cette spécialiste, "cette stratégie est non seulement mortelle pour de nombreuses personnes mais aussi inefficace". Continuer à prendre des précautions - distanciation physique, port du masque et lavage des mains - est donc indispensable.

Quelles conséquences pour un futur vaccin ?

Le fait que des réinfections soient possibles pourrait enfin "vouloir dire qu'un vaccin ne serait pas totalement protecteur" a prudemment commenté le Pr Brendan Wren (London School of Hygiene & Tropical Medicine), cité par l'organisme britannique Science Media Centre (SMC). "Mais dans la mesure où le nombre de cas est minuscule, cela ne doit pas nous dissuader d'en développer."

"Malgré toutes ces inconnues, la vaccination reste notre meilleur moyen de protection (contre le Covid-19), même s'il s'avère que les vaccins ne procurent pas une immunité à vie et que des rappels sont nécessaires", souligne pour sa part l'Alliance pour les vaccins (Gavi) sur son site internet.

"Le problème avec les anticorps contre les coronavirus, c'est qu'ils déclinent vite et qu'on peut être réinfecté", a précisé à l'AFP Lia van der Hoek, spécialiste de cette famille de virus à l'Université d'Amsterdam. "Il se pourrait donc qu'on ait besoin de répéter la vaccination tout le temps", et qu'à l'instar d'autres maladies, ce coronavirus "reste avec nous jusqu'à la fin de l'humanité".

Choix de la station

À venir dansDanssecondess