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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : comment mesure-t-on l'efficacité des vaccins ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

La vaccination contre la Covid-19 est un objectif que le monde touche désormais du doigt, à peine un an après l'apparition de cette pandémie. Les recherches ont été menées à une vitesse inédite. France Bleu fait le point sur l'efficacité des vaccins qui vont être mis sur le marché.

Des questions sur l'efficacité des vaccins
Des questions sur l'efficacité des vaccins © Maxppp - Jean-François FREY

La perspective d'un vaccin protégeant contre la Covid-19 s'est concrétisée ces dernières semaines avec plusieurs annonces de laboratoires concernant l'efficacité de leur vaccin : Pfizer et BioNTech ont dégainé les premiers, suivis par Moderna et AstraZeneca/Université d'Oxford. 

La Haute Autorité de santé (HAS) a recommandé le 30 novembre de mettre en œuvre une stratégie en "cinq phases progressives" et de vacciner d'abord les personnes âgées résidant en Ehpad. Une campagne de vaccination grand public pourrait ensuite être lancée entre "avril et juin" a pour sa part annoncé Emmanuel Macron. Mais qu'en est-il de leur efficacité ? Toutes les inconnues sont loin d'être levées. 

C'est quoi le pourcentage d'efficacité ?

Une efficacité de 94,5%, 95% ou 70% "en moyenne" : tous les laboratoires ont mis en avant l'efficacité de leur vaccin. Mais difficile, dans cette bataille de chiffres, de dire précisément ce qu’il en est de l’efficacité des vaccins. Les données n'ont été dévoilées que par communiqué de presse, sans publication scientifique détaillée. D'ailleurs, pour le médecin Eric Caumes, considérer un retour à une vie plus normale grâce aux vaccins, c'est "très optimiste". "Nous n'avons toujours pas vu les études scientifiques qui rapportent des résultats de ces vaccins", mais uniquement des "communiqués de presse issus des laboratoires pharmaceutiques" précise le chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière. 

Tous ces résultats portent sur le dernier stade des essais cliniques, c’est-à-dire la phase 3.  L'efficacité est mesurée en comparant le nombre de malades dans le groupe de volontaires qui a été vacciné et dans le groupe qui a reçu un placebo. Ces chiffres de l’efficacité sont arrêtés dès qu'un nombre prédéfini de malades du Covid est atteint parmi les volontaires : 170 pour Pfizer/BioNTech, 95 pour Moderna, 131 pour AstraZeneca/Oxford. 

Pfizer/BioNTech se prévaut d'une efficacité de 95% : sur ses 170 malades, 8 venaient du groupe vacciné et 162 du groupe placebo. 

Idem ou presque pour Moderna, avec 94,5% d'efficacité (5 malades dans le groupe vacciné, 90 dans le groupe placebo).  

Concernant le vaccin AstraZeneca et l'Université d'Oxford, les fabricants ont reconnu mercredi 25 novembre une erreur de dosage dans leur essai du vaccin contre la Covid-19. Une erreur qui oblige le laboratoire à réaliser "une étude supplémentaire", a indiqué le directeur général du groupe Pascal Soriot. 

Coronavirus. L’efficacité du vaccin d’AstraZeneca... démontrée suite à une erreur de dosage
Coronavirus. L’efficacité du vaccin d’AstraZeneca... démontrée suite à une erreur de dosage © Visactu

Quelle efficacité à long terme ?

Autre question en suspens, sans doute la plus importante, celle de l'efficacité de ces vaccins à long terme. Visiblement, ces chiffres montrent surtout que ces vaccins réduisent la sévérité de la maladie chez ceux qui les ont reçus. Ce qui est déjà une bonne chose. Beaucoup d’experts estiment en revanche qu’il est difficile de savoir si ça permettra d’éviter les contaminations, un point essentiel pour stopper la pandémie. Pour que l'efficacité soit maximale, il faudrait aussi qu'un maximum de personnes se fassent vacciner. 

On ignore aussi si l'action de ces vaccins est identique chez les populations les plus à risque, à commencer par les personnes âgées, dont le système immunitaire est moins efficace. Elles sont beaucoup plus susceptibles d'avoir une forme grave de Covid-19, et il est donc essentiel qu'un vaccin fonctionne dans ce groupe de population. 

Comment surveille t-on les effets secondaires ?

Pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché (AMM) d’un vaccin, le fabricant doit présenter aux autorités sanitaires les résultats d’essais cliniques de phase 3 prouvant leur efficacité et concluant à une balance bénéfices risques favorable. En d’autres termes, le vaccin peut obtenir le feu vert de l’agence du médicament même s’il induit des effets indésirables chez certaines personnes, dès lors que ceux-ci sont jugés moins dommageables pour la collectivité que le bénéfice induit par la vaccination. C'est ce qui se passe avec les vaccins Pfizer, BioNTech, Moderna et AstraZeneca/Université d'Oxford. 

La décision prise de vacciner la population s’accompagnera comme toujours de la mise en place d’une phase 4 de pharmacovigilance. Des études seront réalisées pour "vérifier qu’à grande échelle et chez des personnes pouvant présenter des affections chroniques, l’innocuité et l’efficacité du vaccin sont assurées, qu’il n’y a pas d’effets indésirables à long terme sur la survenue d’autres maladies". 

Evidemment, compte tenu de la rapidité avec laquelle les vaccins contre la Covid-19 ont été développés, une attention particulière sera portée à leurs effets potentiels à moyen et long terme.  

Les effets secondaires traqués dans des CHU

En temps ordinaire, les laboratoires qui commercialisent les vaccins sont tenus de fournir à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) des rapports périodiques actualisés de sécurité tous les six mois pendant les premières années suivant l’AMM. Dans le cas des vaccins contre la Covid, ce délai est réduit à un mois. 

En parallèle une surveillance sera aussi réalisée par un réseau de trente et un centres régionaux installés au sein de CHU. Ils récupèreront tous les signalements d’effets indésirables ou suspectés de la part de soignants et même de patients.

Outre l'efficacité des vaccins, les autorités devront prendre en compte le prix et les conditions de fabrication, conservation et de distribution. Le vaccin AstraZeneca a pour lui d'être le moins cher (environ 2,50 euros la dose). Ceux de Moderna et de Pfizer/BioNTech, eux, ont un handicap logistique : la technologie qu'ils utilisent nécessite leur stockage sur le long terme à très basse température (-20° Celsius pour le premier, -70°C pour le second).

Le gouvernement présente ce jeudi sa stratégie vaccinale. Elle pourra concerner plusieurs vaccins. L'Union européenne a précommandé aux laboratoires jusqu'à quasiment deux milliards de doses au total, si l'on ajoute les options prises pour des doses supplémentaires. 15% des volumes achetés par l'UE iront à la France.

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