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Coronavirus : quels sont les deux traitements prometteurs évoqués par le ministre de la Santé ?

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Par , France Bleu

Ce jeudi, lors de la conférence hebdomadaire du gouvernement, le ministre de la Santé a évoqué deux traitements prometteurs pour lutter contre les formes graves du coronavirus. L’un d’eux dispose d’une autorisation temporaire d’utilisation, l’autre est encore en phase d'études cliniques.

Un box de réanimation de l'hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis) le 8 février 2021 (illustration).
Un box de réanimation de l'hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis) le 8 février 2021 (illustration). © AFP - Bertrand Guay

Des "traitements innovants" pour lutter contre les formes graves du coronavirus sont en train de se développer en France, a annoncé jeudi 25 février le ministre de la Santé lors du point hebdomadaire du gouvernement consacré à l’état de l’épidémie de coronavirus en France. "C’est une très bonne nouvelle, en tout cas nous l’espérons", s’est réjoui Olivier Véran. Il s’agit de l’interféron et des anticorps monoclonaux. Si la première molécule est encore au stade des études cliniques, l’autre technique vient d’obtenir une autorisation temporaire d’utilisation.

L'interféron

L’interféron est "un vieux médicament", selon les mots d’Olivier Véran. D’après l’encyclopédie médicale Vidal, il s’agit d’une molécule "produite et sécrétée par les cellules en réponse à des infections virales". Il s'agit donc d'une substance naturellement produite par notre organisme. Cette molécule se fixe à certains récepteurs de nos cellules infectées et déclenchent "une séquence complexe de réactions" dans celles-ci, dont "l’inhibition de la réplication virale", permettant ainsi de lutter contre l’infection puisque la cellule infectée ne se multiplie plus. Ainsi, les interférons provoquent une réaction du système immunitaire qui "neutralise les virus ou élimine les cellules infectées" ce qui permet de résister aux infections.   

Jusqu’ici, l’interféron était principalement utilisé pour le traitement de certains cancers ainsi que pour les hépatites B et C. Si son procédé d’action n’est pas précisément connu des scientifiques, il semble dans ce cadre-là permettre d’éviter la prolifération des cellules tumorales et donc le développement de certaines pathologies.

Dans le cadre de recherches cliniques, cette molécule est donc actuellement en phase de test dans toute la France sur des personnes qui manquent d’interféron, "dans un cadre protocolisé bien précis", a prévenu Olivier Véran. En effet, le manque d’interféron pourrait favoriser les formes graves de la maladie. Comme le développaient dans la revue Science au mois de juillet des équipes de l’AP-HP, de l’Inserm, d’Université de Paris, de l’Institut Pasteur et de l’Institut Imagine, "la déficience en interféron de type I dans le sang pourrait être la marque des formes graves de Covid-19", ce qui selon eux souligne "l’intérêt d’approches thérapeutiques associant l’administration précoce d’interféron avec une thérapie anti-inflammatoire adaptée (…) en prévention d’une forme sévère". Administrer ce médicament à des personnes qui sont susceptibles de développer des formes graves de la maladie pourrait donc limiter leur survenue. "Nous saurons dans quelques semaines si ce traitement est efficace", a précisé le ministre de la Santé.

Les anticorps monoclonaux

Les anticorps monoclonaux font eux l’objet d’une autorisation d’utilisation temporaire, depuis jeudi. Il s’agit uniquement pour l’instant du traitement fabriqué par le laboratoire américain Eli Lilly, à qui la France a commandé 100.000 doses. Déjà utilisé aux Etats-Unis et dans certains pays européens, il s’agit du même type de médicament que celui reçu par Donald Trump au moment où il avait contracté la maladie. Par ailleurs, l'Agence européenne des médicaments a émis vendredi un avis favorable à l'utilisation provisoire de la combinaison de deux anticorps synthétiques de la compagnie américaine Regeneron.

En France, 83 centres hospitaliers ont reçu des milliers de traitement et le gouvernement a commandé des dizaines de milliers de doses d’une génération supérieure du médicament. Elle arriveront d’ici la mi-mars "pour amplifier ces protocoles thérapeutiques et élargir la cible". Deux autres laboratoires, américain et sud-coréen, ont également mis au point des thérapies par anticorps monoclonaux.  

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Les anticorps monoclonaux sont des anticorps de synthèse, c’est-à-dire qu’ils sont fabriqués en laboratoire pour reproduire l’action de certains anticorps qui existent dans notre système immunitaire. Pour cela, on prélève chez un patient déjà touché par le coronavirus un anticorps qu’il a développé contre cette pathologie. On récupère ensuite le "code" de cet anticorps et on le duplique. On dit qu’ils sont "monoclonaux" car ils ne visent qu’un agent infectieux précis. Dans le cas du coronavirus, ils s’attaquent à la protéine S, qui permet au virus de "s’accrocher" à nos cellules et donc entrer dans l’organisme. L’anticorps se dépose sur la cellule virale et l’empêche donc de contaminer nos cellules saines. Ces anticorps sont déjà utilisés depuis une trentaine d’années pour traiter des cancers ou des maladies inflammatoires. 

Ce traitement est utilisé "pour limiter les risques de survenue de formes graves" et selon Olivier Véran il pourrait permettre "probablement une réduction majeure" de ces complications. Son administration est cependant très encadrée : elle ne concerne que les patients de plus de 80 ans qui ont des troubles de l’immunité ou les personnes "dont l’état de santé les expose à des effets graves", comme les patients greffés, immunodéprimés, qui souffrent de myopathie ou de cancer. L’injection du médicament, réalisée par intraveineuse, doit être faite dans un centre hospitalier, dans les cinq jours suivant l’apparition des symptômes, si ceux-ci sont légers ou modérés.   

S’il représente un espoir non négligeable pour limiter les formes graves du coronavirus, le médicament du laboratoire américain fait cependant face à des difficultés concernant les variants du virus. En effet, il "marche bien contre le variant britannique", explique à l’AFP Brigitte Autran, experte en immunologie à Sorbonne Université. "C’est précieux car ce variant va devenir dominant", se réjouit-elle. Cependant, "l’efficacité de ce traitement sur les variants sud-africain et brésilien n’est pas démontré", avertit la Direction générale de la santé (DGS). Les mutations du virus peuvent leur permettre d’échapper à l’action de l’anticorps. Pourtant, "c’est le premier médicament réellement efficace, spécifique du virus, pouru nous aider dans l’arsenal" contre le Covid-19, a jugé vendredi sur franceinfo Hervé Watier. "C’est une vraie lueur d’espoir", estime le professeur d’immunologue du CHU de Tours.

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