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Coronavirus : une étude pour comprendre la circulation du virus dans le cluster de Perpignan

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Par , France Bleu Roussillon

Une étude hors norme a pris fin ce vendredi à Perpignan, dans le cluster qui a concentré plus de la moitié des décès des suites de la Covid 19. Objectif : estimer combien de personnes ont contracté le virus, et déterminer s'il y a un lien entre conditions de logement et propagation du virus.

Grâce aux tests sérologiques, les chercheurs pourront déterminer quelle proportion de la population a été touchée par le virus
Grâce aux tests sérologiques, les chercheurs pourront déterminer quelle proportion de la population a été touchée par le virus © Radio France - Cécile Bidault

Saint-Jacques, Nouveau-Logis et Haut-Vernet : ces trois quartiers qui ont formé le cluster de Perpignan, au tout début de la vague épidémique en France, ont concentré à eux seuls plus de la moitié des hospitalisations et des décès des suites de la Covid-19.

Pour comprendre ce qui a pu y favoriser la propagation du virus, et estimer combien de personnes y ont été contaminées, une étude hors-normes a eu lieu entre le 30 juin et le 17 juillet. En un peu moins de trois semaines, une équipe d'une trentaine de médiateurs a invité certains habitants de ces trois quartiers à participer à l'enquête menée par l'hôpital de Perpignan et Santé Publique France.

Établir un panel représentatif de la population

Au total, près de 10% de la population de ces quartiers, 750 personnes, aura participé à l'enquête, qui comprend un questionnaire et un test sérologique. Ces personnes ont été choisie de manière complètement aléatoire pour avoir un échantillon de la population aussi représentatif que possible.

Ainsi, Emiliano a reçu en milieu de semaine dernière une visite des médiateurs, venus lui présenter l'étude, le convaincre de son intérêt et l'inviter à passer dans un des cinq sites de test. Le voilà dans le cabinet infirmier de la place du Puig, en plein quartier Saint-Jacques. Première étape : la trentaine de questions du docteur Marie Medus. "On leur demande s'ils ont été malades, s'ils ont été hospitalisés, les symptômes qu'ils ont eus,..."

Des questions sur les conditions de logement également, comme la taille de l'appartement, le nombre d'occupants ou les visites reçues pendant le confinement. "On pense que les personnes ont pu être plus touchées dans ces quartiers à cause de la promiscuité", explique le docteur, qui fait partie des 25 médecins, infirmiers et secrétaires mobilisés par les autorités sanitaires pour mener cette enquête.

Le résultat du test sérologique, "une délivrance"

Enfin des questions relatives à la connaissance de la maladie et des gestes barrières. "Ils sont beaucoup plus au courant des moyens de se protéger, et ils le font beaucoup plus que ce qu'on peut observer dans le reste du département", salue Marie Medus. "Ils ont été personnellement touchés, beaucoup ont eu un proche qui a été hospitalisé ou qui est décédé." Emiliano confirme : son frère est mort le 28 mars dernier, emporté par le virus.

Dans l'entrée du cabinet, quatre personnes, toutes un masque sur le nez, attendent qu'Emiliano ait terminé le questionnaire pour prendre sa place. Lui est emmené dans la salle à côté pour le test sérologique, une prise de sang qui permet de savoir si on a contracté le virus même plusieurs mois en arrière. 

À l'accueil, c'est Gino, l'un des médiateurs, qui remet les résultats de la prise sang, quelques jours après l'examen. "Pour beaucoup, c'est une délivrance, même si le résultat est positif", raconte-t-il. "Ça veut dire qu'ils sont immunisés, alors que jusqu'à maintenant, les gens voyaient les Gitans comme des virus".

Avec cette étude, les autorités sanitaires sauront quelle proportion de la population a contracté le virus. "On va évaluer le niveau de l'immunité collective", explique le Dr Hugues Aumaître, le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de Perpignan, qui mène cette étude. "En cas de reprise de l'épidémie, cela permettra d'adapter les mesures de protection." 

"Dans les endroits où beaucoup de monde a déjà été infecté, peut-être que les règles seront moins strictes que dans les endroits où très peu de cas ont été détectés." - Hugues Aumaître, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de Perpignan

Les premières conclusions de cette étude sont attendues pour la fin de l'été, les résultats définitifs seront connus à la fin de l'année.

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