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INFOGRAPHIE - Coronavirus : une troisième vague est-elle réellement en train de se préparer en France ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

La troisième vague du coronavirus se prépare-t-elle en France ? Des médecins et élus commencent à l'évoquer. Si l'on peut imaginer un rebond après les Fêtes comme aux Etats-Unis après Thanksgiving, il n'y en a aucune preuve dans les courbes actuelles, selon l'épidémiologiste Martin Blachier.

Une troisième vague est-elle réellement en train de se préparer ?
Une troisième vague est-elle réellement en train de se préparer ? © Maxppp - Stéphanie Para

La troisième vague de coronavirus en France, réalité ou fiction ? Plusieurs infectiologues évoquent déjà cette hypothèse pour le début de l'année 2021, alors que la France se déconfine à peine. Qu'en est-il vraiment ?

Dès le 8 décembre, la Fédération hospitalière de France (FHF) alerte sur les risques d'une troisième vague. Selon ses projections, cette troisième vague est déjà dans l'arrière plan de l'évolution des courbes. Cette troisième vague n'est ni "virtuelle" ni une "perspective lointaine" assure le président de la FHF, Frédéric Valletoux. Moins de deux semaines plus tard, elle réitère ses alertes : une étude de la FHF et du CHRU de Nancy publiée le 20 décembre dans le JDD pointe un risque de troisième vague hospitalière dès le 7 janvier. 

Il est tout à fait possible qu'on ait une troisième vague début janvier

Invité de France Bleu Orléans ce mardi matin, Thierry Prazuck, chef du service maladies infectieuses de l'hôpital d'Orléans, estime que le risque de troisième vague de l'épidémie de coronavirus après les fêtes de fin d'année est bien réel : "Il est tout à fait possible qu'on ait une troisième vague début janvier ou mi-janvier, oui, on s'y attend, on s'y prépare", affirme-t-il. "La crainte d'une troisième vague est très présente", confirme Pierre Pribile, le directeur de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté sur franceinfo

"Le pire est devant nous, on le sait, on le voit, a estimé ce lundi sur franceinfo le professeur Djillali Annane, chef du service de réanimation de l'hôpital Raymond Poincaré à Garches. Le brassage et la circulation des personnes va s'accentuer (...) avec Noël et ça va contribuer à amplifier la circulation du virus. Rien ne laisse penser que la situation va s'améliorer, beaucoup laisse penser que ça va s'aggraver."

Dans le Grand Est, où le taux d'incidence a bondi depuis quelques jours, le maire de Reims Arnaud Robinet (LR) propose un reconfinement au niveau territorial ou national dès le 25 décembre, sur France Bleu Champagne-Ardenne. "Les pays voisins de la France reconfinent en ce moment ce qui prouve qu'il n'y a pas de solution miracle", estime-t-il.

Que disent réellement les courbes ?

"A l’échelle nationale, on ne peut pas dire qu’on voit un rebond" de l'épidémie actuellement, tranche Martin Blachier, épidémiologiste spécialiste en santé publique. Certes, "le nombre de cas positifs augmente, mais on fait beaucoup de tests donc cette donnée est assez peu fiable", estime Martin Blachier. Et en effet, quelque 2,35 millions de tests ont été effectués la semaine dernière, soit une hausse de plus de 50% en une semaine, "sans doute en lien avec l'approche des fêtes de fin d'année", a indiqué ce jeudi la Drees, le service statistique des ministères sociaux. La semaine précédente, 1,4 million de tests (PCR et antigéniques) avaient été réalisés.

Selon l'épidémiologiste, les autres courbes sont stables : entrées aux urgences, nouvelles hospitalisations, etc. Il y a même une "légère diminution" du taux de positivité, dû probablement là encore au fait que beaucoup de personnes se font tester avant les fêtes, le "tout venant", quand d'habitude ce sont essentiellement les personnes supposant avoir été exposées au virus qui le font. Le taux de positivité, qui mesure le pourcentage de personnes positives au Covid-19 sur l’ensemble des personnes testées, était de 4,4% ce mardi contre 4,7% la veille, indique Santé publique France (SpF).

A l’échelle nationale, on ne peut pas dire qu’on voit un rebond

Certes, "région par région", "certaines régions" sont plus "dynamiques que d'autres", poursuit-il. Le Grand Est, notamment. Santé publique France (SpF) note un excès de mortalité "très élevé" en Auvergne-Rhône-Alpes. Mais "sur le plan national, on ne peut pas parler d'accentuation". Ceci étant dit, si SpF note en effet un "maintien" du nombre d’hospitalisations à l'échelle nationale, c'est un maintien "à niveau élevé". Donc à risque pour le système hospitalier en cas de rebond.

Les Fêtes vont-elles provoquer un rebond ?

Quant à la possibilité que les fêtes de fin d'année provoquent une nouvelle vague, l'idée est séduisante, mais "en réalité personne n’en sait rien", estime l'épidémiologiste Martin Blachier. "Il n'y a pas eu de travail sérieux sur l’impact des Fêtes, pas de calcul. Tout le monde prend la parole sans travail de modélisation, assène-t-il. On ne connaît pas le comportement des gens, les brassages qu'il va y avoir, les mesures barrière que les gens vont respecter". Ce sont justement ces gestes barrière qui intéressent l'épidémiologiste : "Soit on se relâche et il y aura une troisième vague, soit on tient bon".

Aux Etats-Unis, qui ont encore enregistré 3.254 nouveaux morts ce mercredi, les responsables sanitaires redoutaient effectivement cette flambée à la suite de la grande fête familiale de Thanksgiving, le 26 novembre, quand des millions d'Américains avaient voyagé pour rejoindre leurs proches. "On a vraiment besoin de respecter les gestes barrière à l'intérieur des maisons" à Noël, alertait sur franceinfo l'épidémiologiste Bruno Hoen il y a quelques jours. "Si on se base sur les observations faites après Thanksgiving aux Etats-Unis et au Canada, et compte tenu du niveau actuel de circulation du virus en France, on est obligé de le craindre (un troisième rebond, ndlr)."

"Les exemples de nos cousins américains et canadiens montrent bien que les réunions familiales qui ont lieu à Thanksgiving, à des moments différents dans ces deux pays, ont à chaque fois été suivies de l'augmentation du nombre de cas dans les 10 à 15 jours qui ont suivi les regroupements familiaux. Et compte tenu du niveau actuel de circulation du virus en France, on est obligé de craindre qu'on assistera à une majoration de la circulation virale après les fêtes", estime-t-il.

A noter cependant, selon son confrère Martin Blachier : en cette période de vacances, s'il y a effectivement plus de brassage entre amis et famille, "les gens ne vont pas travailler". "Or, comment les foyers se contaminent entre eux ? Probablement via le travail", analyse-t-il.

Et la nouvelle souche de Covid-19 ?

Emma Hodcroft, épidémiologiste à l'université de Berne, se montre prudente sur une "contagiosité supérieure de 70%" de la nouvelle souche de coronavirus, car les estimations tôt dans le temps peuvent être revues et "qu'on n'en sait pas beaucoup sur comment ce chiffre est sorti", dit-elle.

"On sait que cette souche se balade dans le sud-est du Royaume-Uni et on sait qu'il y une reprise épidémique dans cette zone. On associe les deux, mais il est possible que la reprise ne soit pas due à cette souche", rappelle Martin Blachier.

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