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Dossier : Coronavirus

"On veut rentrer" : le cri de détresse d'un couple de Loirétains confiné au Costa Rica à cause du coronavirus

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Orléans, France Bleu

Fabrice et Mireille Farnault, un couple de jeunes retraités de Férolles, dans le Loiret, sont partis en voyage au Costa Rica le 12 mars dernier. Un voyage au paradis qui s'est très vite transformé en cauchemar. Fabrice est malade, peut-être du coronavirus, et ils ne savent pas quand ils vont rentrer

Fabrice et Mireille Farnault, originaires de Férolles dans le Loiret sont coincés dans leur hôtel depuis plus d'une semaine
Fabrice et Mireille Farnault, originaires de Férolles dans le Loiret sont coincés dans leur hôtel depuis plus d'une semaine - Mireille Farnault

Ce que décrit Mireille Farnault, qu'on appelle en pleine nuit pour qu'elle raconte son histoire ("Mais ne vous inquiétez pas, de toute façon on ne dort pas, on passe des nuits blanches, tellement tout ça est stressant"), fait plutôt froid dans le dos. 

"On est confinés dans notre chambre depuis notre arrivée ici à San José (la capitale du Costa Rica), et on n'a pas intérêt à mettre un nez dehors, sinon on se fait ramasser" confie Mireille. "Ils nous mettent nos plateaux repas à la porte, on peut sortir les récupérer seulement quand ils ne sont plus dans le couloir, surtout il ne faut pas les croiser".

Treize touristes français confinés dans le même hôtel

Ceux dont parle Mireille, ce sont les employés de l'hôtel Tryp à San José, où Mireille et ses compagnons de route, les treize membres de deux groupes de touristes français partis découvrir le Costa Rica en mars dernier, sont hébergés et confinés depuis plus d'une semaine, après avoir quitté le dernier lieu de résidence, Tambor, sur la côte Pacifique. 

Ces employés et la direction de l'hôtel sont persuadés que ces Français ont contracté le coronavirus et les soumettent depuis près de 10 jours à un confinement strict : pas question de quitter la chambre d'hôtel. C'est vrai que cinq membres du groupe sont malades, mais aucun n'a été testé. 

Il a de la fièvre, et pas d'appétit, hier il n'a mangé qu'une banane !

Fabrice Farnault en fait partie, de ces malades : "Il a de la fièvre, il ne mange rien", s'inquiète Mireille, sa femme. "Heureusement je suis prévoyante, j'avais emporté quatre boîtes de Doliprane, parce qu'ici c'est 2 dollars le comprimé de 500 grammes !"

Un appel d'un médecin il y a quelques jours 

Mireille dit avoir eu un contact avec l'ambassade de France au Costa Rica, il y a trois jours. Elle a expliqué que son mari était malade, un médecin a rappelé et laissé son numéro de téléphone. 

Mais depuis, "plus rien" dit Mireille : "C'est dur de n'avoir aucune information, on n'a aucun contact, on voudrait juste un coup de fil pour prendre des nouvelles, nous dire qu'on cherche des solutions. Nous vous savez, on veut seulement rentrer. On est français, on veut rentrer, c'est tout !"

Le quai d'Orsay, contacté, a répondu ce jeudi 2 avril par le biais d'un communiqué : "Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, son centre de crise et de soutien, l’ambassade et le consulat de France au Costa Rica sont pleinement mobilisés, en lien avec Air France et les autorités costariciennes, pour faciliter le retour des Français de passage au Costa Rica". 

"Notre ambassade et notre consulat tiennent informés nos compatriotes des solutions de retour qui leur sont apportées. Ils suivent de près la situation de nos ressortissants".

En attendant Mireille et Fabrice Farnault se raccrochent à leurs amis du Loiret, de Férolles notamment, qui prennent des nouvelles régulièrement, aux coups de fil que les membres du groupe se passent entre eux, d'une chambre à l'autre, "on se remonte le moral comme on peut"

Un communiqué de l'agence Leclerc Voyages

Et puis le couple tient grâce aux enfants, qui font tout pour les faire rentrer : "Ma fille appelle l'agence de voyage tous les jours, à Olivet, mais là non plus elle n'a pas de réponse"

Le groupe Leclerc Voyages, contacté, a répondu par un communiqué envoyé à France Bleu Orléans : "L'agence E.Leclerc Voyages d'Olivet, en lien avec le Tour Opérator en charge de l'organisation du voyage, suit attentivement la situation de ses clients qui ont été mis en quatorzaine par les autorités locales. A ce stade, l'organisation du rapatriement dépend de l'ambassade et du Ministère des Affaires étrangères."

Le 12 mars, la veille du départ de ce voyage organisé "à 3.000 euros par tête de pipe" précise Mireille, le couple dit avoir appelé l'agence, pour demander si vraiment il allait être maintenu. On lui a répondu oui, "c'est vrai qu'il n'y avait rien sur le Costa Rica, aucune alerte". Pendant tout le circuit, ensuite, le groupe posait la question à son guide : "On va rentrer plus tôt ?" 

C'était le paradis sur cette plage, c'est devenu un cauchemar

Le guide répondait qu'il n'avait pas de consignes, alors le voyage a continué, jusqu'à la côte Pacifique, "on était au paradis, avec les singes hurleurs et les perroquets, mais déjà comme on était français, tout le monde nous évitait" se souvient Mireille. "Et puis le paradis est devenu un cauchemar".

Un vol Air France "dans 8-10 jours" ?

Damien Régnard, sénateur des Français de l'étranger, a finalement répondu à l'inquiétude de ce couple de Loirétains ce mercredi soir. 

Il dit connaître la situation de ce groupe de touristes, et étudier avec l'ambassade de France les possibilités de retour, pour au total 311 français bloqués au Costa Rica. "On va essayer d'affréter un avion Air France" dit le sénateur : "mais ça ne se fait pas en deux ou trois jours. On parlerait de huit à dix jours pour monter une opération comme ça. Ou alors, on étudie l'option d'un transit au Canada pour repartir en France ensuite."

Attitude inadmissible" de Leclerc Voyages

Le sénateur des Français de l'étranger égratigne fortement l'attitude de Leclerc Voyages : "Il faut que Leclerc Voyages se préoccupe un petit peu de ces quatorze clients français, puisque à ce jour, de leur part, c'est vraiment le "no show" à tous les étages, auprès de notre administration au Costa-Rica, de notre ambassade et des clients. Et ça, je trouve ça particulièrement inadmissible !".

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