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Covid-19 : comment desserrer la pression en maintenant l'épidémie sous contrôle ?

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Le Conseil des ministres qui se réunit ce mercredi devrait évoquer l'amélioration de la situation épidémique et réfléchir à "l'adaptation des règles" en fonction de "l'évolution des situations locales", a laissé entendre Gabriel Attal dimanche. Mais de nombreuses questions restent en suspens.

Port du masque obligatoire dans le centre-ville de Lyon en août 2020 (illustration). Port du masque obligatoire dans le centre-ville de Lyon en août 2020 (illustration).
Port du masque obligatoire dans le centre-ville de Lyon en août 2020 (illustration). © AFP - Sebastien RIEUSSEC / Hans Lucas

Le pass et les restrictions sanitaires vont-ils être adaptés aux contextes régionaux ? Si les chiffres de l'épidémie s'améliorent en France, les autorités doivent encore trouver le bon curseur pour desserrer les restrictions tout en maintenant l'épidémie sous contrôle. Le président Emmanuel Macron s'est dit prêt le 16 septembre à "lever certaines contraintes" dans les "territoires où le virus circule moins vite", sans donner d'échéancier. Dimanche, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a évoqué une "réflexion" pour "adapter les règles" à "l'évolution de la situation locale". Mais lundi 20 septembre, l'entourage du Premier ministre Jean Castex a annoncé qu'un p rojet de loi pour proroger le pass sanitaire au-delà du 15 novembre était "en cours d'élaboration" et "sera présenté le 13 octobre en Conseil des ministres". Les contraintes peuvent-elles être desserrées ? Comment ? Voici ce que l'on sait.

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Que disent les indicateurs ?

Selon les derniers chiffres publiés ce mardi 21 septembre, le nombre de malades atteints du Covid-19 et hospitalisés continue à reculer légèrement, avec 8.594 patients à l'hôpital. Ils étaient plus de 10.000 il y a une semaine. Le taux de positivité, qui mesure la proportion de cas positifs par rapport au nombre de personnes testées, est au plus bas depuis la mi-juillet. Le taux d'incidence est également "très faible" dans une trentaine de départements, avec moins de 50 cas pour 100.000 habitants, a souligné ce week-end le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.  

En métropole, "on a une tendance à la baisse qui est robuste", a confirmé à l'AFP l'épidémiologiste Mircea Sofonea. "On observe depuis plusieurs semaines un plafonnement de la dynamique épidémique et hospitalière".  En Outre-Mer, la situation s'améliore par endroits. Selon l'agence Santé publique France, la semaine dernière la circulation du virus "diminuait toujours en Martinique et en Guadeloupe". Toutefois, malgré des admissions hospitalières en baisse, un excès de mortalité persiste. En Guyane, on observe une "stabilité du taux d'incidence et une augmentation des hospitalisations".   

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Quelle influence de la vaccination ? 

Vendredi, le cap de 50 millions de Français ayant reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid a été franchi. Mais après un coup de fouet survenu cet été avec la mise en place du pass sanitaire, l'emballement est retombé. Le taux de couverture plafonne dans toutes les classes d'âge, notamment les ados et les plus âgés : au-delà de 75 ans, 10% n'ont reçu aucune dose. À l'approche de l'automne, les autorités sanitaires espèrent néanmoins limiter les dégâts avec la "dose de rappel" proposée à 18 millions d'adultes (plus de 65 ans et malades à risque).  Reste que si les vaccins sont très efficaces contre les formes graves de la maladie, ils le sont moins contre la propagation du virus.    

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Les contraintes vont-elles être desserrées ? 

Face à l'amélioration de la situation épidémique, le président Emmanuel Macron et les membres de son gouvernement ont laissé entendre que les restrictions pourraient être assouplies dans les territoires où la situation sanitaire n'inspire pas ou plus d'inquiétudes.

"Imaginez que la vague continue de baisser, ça veut dire qu'on allège les mesures (...) mais on reste aussi capable de remettre en place des outils pour lutter contre l'épidémie. (...) Pour cela, il nous faut une loi qui, dans la durée, (...) nous permette d'utiliser ces outils si la situation l'exige", a défendu le ministre de la Santé Olivier Véran, sur BFMTV quelques heures après que l'entourage du Premier ministre Jean Castex a annoncé qu'un p rojet de loi pour proroger le pass sanitaire au-delà du 15 novembre était "en cours d'élaboration". Il "sera présenté le 13 octobre en Conseil des ministres" a indiqué Matignon.

Le gouvernement réfléchit également à faire évoluer le protocole sanitaire dans les écoles : maintenir ou non le port du masque obligatoire pour les élèves du CP au CM2 ou encore fermer les classes à partir du 3e cas de covid déclaré et non plus dès le 1er, comme c'est le cas actuellement.

Quels allègements sont possibles ?

"Toute la question est de savoir comment relâcher les contraintes en maintenant malgré tout l'épidémie sous contrôle", a résumé Mircea Sofonea auprès de l'AFP. "Il y a évidemment plus d'enjeux à maintenir le pass sanitaire au cœur d'une agglomération, en particulier dans des lieux bondés où l'air ne peut être renouvelé, que dans des territoires ruraux", a-t-elle expliqué.

Dans un récent tweet, l'épidémiologiste Antoine Flahault jugeait qu'"au-dessous de 30 cas pour 100.000 habitants d'une population sur une semaine, on entre en zone verte : passe et gestes barrières sont probablement moins nécessaires, à condition que les autorités sanitaires restent vigilantes et ré-instaurent ces mesures dès le seuil dépassé".   

Risque-t-on un rebond épidémique ?

Selon Mircea Sofonea, dans le contexte actuel, "m_ême s'il y avait un rebond important, cela prendrait un certain temps avant de s'observer en population générale"_. Mais l'arrivée de l'automne pourrait, comme l'an passé, favoriser la circulation du virus d'après l'épidémiologiste interrogée par l'AFP. 

Autre facteur incitant à la prudence : les Français respectent de moins en moins les gestes barrières, recommandés pour limiter la propagation de l'épidémie. Porter le masque en public, saluer sans serrer la main, éviter les embrassades, se laver régulièrement les mains... La proportion des Français qui respectent ces consignes s'érode régulièrement, même s'ils sont toujours majoritaires, indiquait déjà l'enquête CoviPrev publiée le 30 juillet par Santé publique France. Les personnes interrogées sont notamment de moins en moins nombreuses à se laver régulièrement les mains et à éviter de se serrer la main ou de faire la bise, avec une proportion d'à peine plus de moitié début septembre.

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