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Dossier : Coronavirus Covid-19

Covid-19 : comment vont fonctionner "les brigades de cas contacts" en Occitanie ?

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu Hérault

Pour le déconfinement, Edouard Philippe a dit vouloir mettre en place des "brigades de cas contacts" qui devront remonter et casser la chaîne de transmission du Covid-19. Concrètement, des agents de la Sécurité sociale passeront des appels aux personnes identifiées par les médecins généralistes.

Les médecins généralistes en première ligne (illustration)
Les médecins généralistes en première ligne (illustration) © Maxppp - Laurent Martinat

Après les annonces d'Edouard Philippe mardi devant l'Assemblée nationale, c'est le branle-bas de combat pour préparer concrètement le déconfinement. Et l'un des trois critères pour savoir si nos départements seront en rouge ou en vert c'est "la capacité des brigades à remonter efficacement la chaîne de transmission" après la contamination d'une personne au Covid-19, a dit le Premier ministre. Il faudra donc que ces"brigades de cas contact" soient efficaces. France Bleu Occitanie a interrogé plusieurs acteurs pour comprendre comment que cela pouvait fonctionner.

Les généralistes en première ligne

Selon nos informations, derrière ce terme barbare de "brigades de cas contacts", il y a avant tout un dispositif que réclamait les généralistes depuis un moment : à savoir les mettre en première ligne. Le président de l'ordre des médecins du Tarn, le docteur Etienne Moulin, détaille : "les médecins généralistes sont les premiers acteurs. Ils vont identifier les cas et faire la recherche des cas contacts. Puis ils les signalent à l'Assurance maladie. Et c'est une excellente nouvelle car enfin on comprend qu'on a une mine d'or avec ce maillage de médecins généralistes et on va être au plus proche de la population."  Concrètement donc, notre médecin de famille devra détecter les malades et identifier les personnes que ce patient a croisées. Les généralistes seront rémunérés pour ces "enquêtes" mais le montant n'est pas encore fixé.

La Sécu au bout du fil 

Ensuite, la Sécu, la CPAM prendra le relais au niveau départemental. Michel Davila, directeur de la CPAM 31 explique : "le médecin généraliste va remplir les noms et coordonnées dans une application dédiée qui va s'appeler 'contact Covid' et cela remontera dans notre système d'information. Et là nous aurons des gens qui vont appeler ces cas contacts pour casser la chaîne de contamination." 60 à 80 personnes de la CPAM 31 (5.000 en France au total) seront donc au téléphone, sans doute 7 jours sur 7, pour passer ces appels dans les 24 heures maximum après le signalement du médecin. "Les appels devraient durer une vingtaine de minutes selon des premières estimations et l'hypothèse est que chaque malade peut contaminer 20 personnes", précise Michel Davila.

Et que diront ces personnels de l'Assurance maladie (qui pourront être des médecins ou des infirmiers mais aussi des téléconseillers, des administratifs ou des commerciaux) aux personnes à l'autre bout du fil qui auront croisé le malade ? Et bien a priori de rester confiné pendant 14 jours et d'aller se faire tester. Ces mesures restent à préciser (surveillance téléphonique à distance, prise de température ?) mais Edouard Philippe avait indiqué : "L’isolement n’est pas une punition, c’est une mise à l’abri. Il doit donc être expliqué, consenti et accompagné. Notre objectif est de nous reposer largement sur le civisme de chacun. Il reviendra aux préfets de définir les plans d’accompagnement des personnes à isoler. " Par ailleurs, les tests seront remboursés à 100% par la Sécu et il ne devrait pas y avoir besoin d'ordonnances pour ces personnes "contacts" identifiées. Elles devraient aussi recevoir un arrêt de travail.  

"On dit que la Sécu coûte cher mais aujourd'hui on voit l'importance de son rôle et il ne faudra pas l'oublier", souligne Bernard Gil, président de la CPAM de Haute-Garonne.

Et le secret médical ?

Par ailleurs, peut-être pourrait-il y avoir des renforts à d'autres niveaux. Philippe Martin, président du département du Gers a en tout cas proposé son aide : "Nous avons une structure qui s'appelle le numéro vert social et j'ai proposé de mettre à disposition ce numéro et une dizaine d'appelants qui pourraient, avec la réserve civique, faire ce travail de fourmi". Quel sera par ailleurs le rôle des associations, comme la Croix Rouge qu'Edouard Philippe avait citée mardi ? Selon le docteur Moulin, "la Croix rouge ou les CCAS ne seront mobilisés que pour les personnes en grande fragilité"

Dans tous les cas, tout ce dispositif doit être précisé par une nouvelle loi de sécurité sanitaire, qui devra notamment veiller au secret médical. Sur ce point, Michel Davila assure que les personnes contactées ne sauront pas qui est la personne malade. Le Dr Moulin lui n'est pas inquiet sur cette question : "Il faut que ces données soient protégées car l'ARS ne peut pas bénéficier de déclaration de santé mais la Sécu a déjà des fichiers réglementés, c'est prévu par la CNIL, donc tant que ça reste un lien entre médecin et CPAM les choses sont claires et c'est déjà prévu. Oui le généraliste se transforme en enquêteur, mais la plupart du temps il y a une confiance dans le médecin traitant qui expliquera les choses. C'est un travail de conviction en sachant qu'il s'agit de protéger les autres. Mais si quelqu'un ne veut pas parler de ses contacts, on y pourra rien, on n'est pas en Chine, mais j'espère qu'on a une population responsable qui sait qu'elle met en danger d'éventuelles autres personnes qui peuvent mourir en réanimation si on ne donne pas certaines informations..."

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