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COVID-19 : témoignages d'infirmiers du CHU de Rouen qui se voient refuser d'aller aider à Paris

Des infirmiers du CHU de Rouen regrettent de ne pouvoir aller aider leurs collègues de la région parisienne. Leur hiérarchie ne les a pas autorisés à partir en pleine crise sanitaire. De son côté, la Direction des ressources humaines affirme qu'elle n'a pas reçu de telles demandes.

La DRH assure qu'elle est d'accord pour mettre ses agents à disposition des hôpitaux parisiens mais elle dit n'avoir reçu aucune demande.
La DRH assure qu'elle est d'accord pour mettre ses agents à disposition des hôpitaux parisiens mais elle dit n'avoir reçu aucune demande. © Radio France - Macipsa Aït

Infirmier anesthésiste au CHU de Rouen, Nicolas* est parti plusieurs fois depuis le début de la crise sanitaire prêter main forte dans les hôpitaux parisiens. Ce sont des missions de quelques jours, qu'il effectue sur ses temps de repos. Dans la fonction publique hospitalière, le cumul d'emplois est interdit. Nicolas a prévenu "brièvement" sa hiérarchie et "pas la plus élevée". "Des collègues, explique-t-il, ont tenté de faire les choses correctement en informant toutes les strates de la hiérarchie et on leur a gentiment fait comprendre qu'ils devaient rester sur Rouen"

De son côté, la Direction des ressources humaines assure qu'elle est d'accord pour mettre ses agents à disposition des hôpitaux parisiens. Mais elle affirme qu'elle n'a pas eu de demandes de soignants. Le témoignage de Victoria, infirmière également au CHU de Rouen, semble contredire ces propos. Elle aussi voulait partir aider ses collègues parisiens. Elle dit avoir envoyé un mail à la DRH il y a une semaine. Elle attend toujours une réponse. 

D'ici là, Victoria se voit obligée par sa hiérarchie de prendre des  jours de congés car, même si l'activité reste dense dans les unités Covid, l'hôpital de Rouen tourne plus au ralenti. "On est chez nous confinés alors que nous avons les capacités d'aller travailler en réa à Paris. Et on nous met des bâtons dans les roues pour aller aider nos collègues qui, eux, travaillent énormément." 

Nicolas, qui en est à sa quatrième mission à Paris, confirme les unités de réanimation montées avec les moyens du bord et du personnel pas toujours adapté car pas ou plus assez formé à des gestes extrêmement techniques. Il a par exemple travaillé cette semaine avec des étudiantes infirmières qui "ne connaissent pas la réa et qui ont peur", un collègue parti en psychiatrie depuis plusieurs années et un autre à la retraite.

Le CHU de Rouen a eu peur que la vague arrive en Normandie

"Je trouve quand même dommage dans cette crise sanitaire, poursuit Virginia, qu'on ne puisse pas aller aider. Tout en privilégiant bien sûr notre premier poste." Car c'est là en effet l'inquiétude du CHU de Rouen : manquer de bras. Nicolas s'interroge : "Est ce qu'il n'y aurait pas une petite part d'égoïsme? En se disant : on a de la main d'oeuvre, on la garde pour nous si on en a besoin". 

Après l'est de la France et la région parisienne, il n'était pas absurde d'imaginer la Normandie touchée de plein fouet par le coronavirus. La vague n'est finalement pas arrivée mais il se peut, reconnaît la direction, que des cadres au début de la crise aient demandé à leur personnel de ne pas partir prêter main forte ailleurs. Elle rappelle cependant que des patients COVID de région parisienne ont été transférés à Rouen, signe que le CHU fait preuve de solidarité.

En attendant, Nicolas continue de partager son temps entre Rouen et Paris. "La fatigue va probablement s'accumuler mais on se reposera plus tard. Actuellement, il faut s'occuper des patients à l'hôpital", explique l'infirmier anesthésiste.

*Les prénoms ont été changés.

Ecoutez les témoignages d'infirmiers du CHU de Rouen qui se voient refuser de travailler à Paris par leur hiérarchie.

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