Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Covid-19 : interrogations autour de vastes campagnes de dépistage dans le Loiret

-
Par , France Bleu Orléans

La Ferté St Aubin, Chécy, Malesherbes, Neuville-aux-Bois, Pithiviers... Dans plusieurs communes du Loiret, les habitants sont invités à venir subir un dépistage coronavirus. Pour quelle utilité ? Faut-il y voir une pression des laboratoires privés pour utiliser leurs tests ? Eléments de réponse.

La CPTS Beauce-Gâtinais invite toute la population à se faire dépister à Malesherbes, Neuville-aux-Bois, Pithiviers et Janville
La CPTS Beauce-Gâtinais invite toute la population à se faire dépister à Malesherbes, Neuville-aux-Bois, Pithiviers et Janville © Radio France - Romain Berchet

L'image a été largement partagée sur les réseaux sociaux. Ce mercredi 24 juin, de 9h à 17h, chacun est invité à subir un test Covid-19 à Malesherbes.

Le message diffusé par la CPTS Beauce-Gâtinais sur les réseaux sociaux
Le message diffusé par la CPTS Beauce-Gâtinais sur les réseaux sociaux - Capture d'écran

Dépister les asymptomatiques...

A l'origine de cette initiative, la CPTS Beauce-Gâtinais : la communauté professionnelle territoriale de santé que préside le Dr Latifa Miqyass, médecin généraliste à Bazoches-les-Gallerandes. "On a un bassin de 80.000 habitants, et on a prévu d'organiser ce dépistage à Malesherbes, mais aussi à Neuville-aux-Bois le 1er juillet, à Pithiviers les 8 et 11 juillet, et enfin à Janville-Toury. L'idée, c'est de dépister les personnes asymptomatiques, qui sont porteuses du virus sans le savoir, afin de casser d'éventuelles chaînes de contamination."

Latifa Miqyass affirme que "cette initiative a été prise à la suite d'une réunion avec l'ARS, l'Agence régionale de santé, et la CPAM, la Caisse Primaire d'assurance-maladie, qui nous ont dit qu'elles ne voyaient aucune objection à la démarche et qu'au contraire elles nous accompagnaient." Une version que l'ARS nuance : "Nous avons simplement été informés de cette initiative, mais il n'est pas de notre compétence de l'autoriser ou non, explique Chirstophe Lugnot, directeur de cabinet de l'ARS à Orléans. "Ce sont les laboratoires privés du secteur qui ont initié l'opération, assure même Alice Fallourd, de la direction de la CPAM du Loiret, nous ne sommes pas associés à cette démarche."

Ces dépistages massifs auraient dû avoir lieu en février-mars, avant le confinement, quel est l'intérêt aujourd'hui ? - François Blanchecotte, biologiste à Joué-les-Tours.

Sur le fond, certains s'interrogent de la pertinence de ce genre de campagne de  dépistage. "Je trouve cela très décalé dans le temps, commente ainsi François Blanchecotte, biologiste à Joué-les-Tours et président national du syndicat des biologistes. Ces dépistages massifs auraient dû avoir lieu en février-mars, avant le confinement, mais quel est l'intérêt aujourd'hui ? On va chercher un cas positif parmi des milliers de gens ? On n'est même pas sûr qu'il soit réellement contagieux, le rôle des asymptomatiques dans le processus de contagion reste discuté chez les scientifiques... Et pourquoi à cet endroit géographique là et pas à un autre, quelle est la cohérence territoriale ? Sans compter qu'on peut être négatif à l'instant T - c'est une photo polaroid - mais si on a été en contact ou qu'on a des symptômes un peu plus tard, il faudrait recommencer le dépistage..."

... ou écouler les tests des labos ?

L'intérêt n'est donc pas si évident, sauf à permettre ainsi d'écouler le stock impressionnant de tests Covid-19 qu'ont accumulé les laboratoires à la demande du gouvernement, et dont certains risquent d'être bientôt périmés. "C'est un vrai problème, reconnaît François Blanchecotte. Le gouvernement nous avait dit qu'on ferait 1,4 million de tests par semaine : on en est bien loin, le maximum qu'on a pu faire, c'est 350.000 tests par semaine ! Aujourd'hui, les demandes se sont effondrées, et il faut absolument se séparer de ces tests avant qu'ils ne soient périmés, on ne va pas les jeter, quand même ! C'est pourquoi on négocie actuellement avec des laboratoires d'autres pays qui en ont davantage besoin, notamment au Royaume-Uni et au Mexique. Mais de là à se lancer dans des campagnes où l'on teste, pour le plaisir ou presque, des milliers et des milliers de gens, pour moi ça n'a pas de sens."

Il semble bien pourtant que certains laboratoires fassent pression, à l'exemple de Bioalliance à la Ferté St Aubin où une campagne de dépistage a été organisée samedi dernier. "Le laboratoire Bioalliance m'a effectivement contactée, témoigne Constance de Pélichy, la maire de La Ferté St Aubin, pour que la commune communique là-dessus et apporte son soutien logistique à l'opération." Au total, 70 personnes sont venues, encadrées par 2 médecins : les Docteurs Gilles Delaporte et Rémy Guérin, tous deux membres du directoire de... Biolliance. "Nous ne remboursons les test que sur prescription médicale", rappelle Alice Fallourd à la CPAM du Loiret. La CPTS Beauce-Gâtinais, qui précise que "chaque habitant aura un entretien préalable avec un médecin", invite d'ailleurs les habitants à venir avec leur carte vitale... 

Bioalliance finit par répondre

Dans un premier temps, Bioalliance, que nous avions sollicité à Pithiviers, n'avait pas souhaité nous répondre. Puis, suite à la diffusion de ce sujet sur nos ondes, Gilles Meshaka, le PDG de Biolliance a fini par joindre France Bleu Orléans. "Non, on n'a pas de problème de date de péremption de tests qu'on doit écouler, assure-t-il. On fait de l'information et on répond à des questionnements que peuvent avoir des mairies et des structures privées, on ne fait pas pression ! On n'appelle pas les gens en disant : il faut faire ! On explique juste qu'on est en capacité de faire."

Et Gilles Meshaka de décrire comment a été montée l'opération de dépistage qui sera organisée ce jeudi 25 juin à Chécy, sur le parking du Leclerc (de 14h à 19h) : "On travaille déjà avec le centre Leclerc sur d'autres sujets. Philippe Boutron, le patron du Leclerc, est aussi président de l'USO foot, il nous a contactés pour faire réaliser des tests aux joueurs du club pour la reprise de l'entraînement ; et c'est venu dans la discussion : on lui a demandé si une opération comme celle organisée à la Ferté St Aubin pourrait être utile pour la ville de Chécy et il a trouvé cette idée intéressante, c'est tout." La mairie de Chécy - qui a peut-être une idée de ce qui pourrait être utile ou non pour la ville de Chécy - confirme ne pas avoir été associée à la démarche.

"A Chécy, on fera peut-être une cinquantaine de personnes, on n'est pas du tout dans une logique de dépistage massif, insiste Gilles Meshaka (NDLR : le terme "dépistage massif" est en revanche bien utilisé par la CPTS Beauce-Gâtinais). Cela permet de se donner une idée du côté anxiogène d'une population et de la rassurer, de repérer aussi quelques cas positifs et de remonter ensuite à des cas-contacts. On est des professionnels de la santé, on n'est pas des commerciaux. Sil faut jeter des tests à la poubelle parce qu'ils seraient périmés, eh bien ! on les jettera à la poubelle, et on assumera notre perte là-dessus." Bioalliance compte 29 laboratoires et 300 salariés en région Centre Val-de-Loire.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu