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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : le coût de fonctionnement des centres de vaccination inquiète les élus héraultais

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Par , France Bleu Hérault

Des voix s’élèvent dans l’Hérault comme partout en France pour que l'État s'engage à prendre en charge les frais avancés pour le fonctionnement des centres de vaccination. Emmanuelle Ménard a écrit au ministre de la Santé. La facture est salée pour les Biterrois : 1,3 millions d'euros.

Vaccination au Zinga Zanga à Béziers
Vaccination au Zinga Zanga à Béziers - photos, crédit ville de Béziers

De nombreux élus héraultais attendent des garanties du gouvernement pour la prise en charge des centres de vaccination. Mais ils ne sont pas les seuls. Partout en France, les maires ont la même interrogation, ils sont dans l'incertitude d’une prise en charge. D’ailleurs l’AMF, l'Association des maires de France, a interpellé le Gouvernement à ce sujet.

Le département de l’Hérault compte 24 centres de vaccination. Les frais de fonctionnement sont supportés à ce jour par les collectivités. Et la facture est lourde. L’AMF 34 a demandé aux élus de faire remonter les frais supportés. Depuis 15 jours, plusieurs présidents d’intercommunalité ont établi une estimation des coûts générés.

Facture estimée : 49.000 euros par semaine à Béziers

Le montant varie d’une collectivité à une autre. Par exemple, 12.000 euros par semaine à Agde. La facture est quatre fois plus élevée à Béziers. Le centre de vaccination Biterrois a été installé au Zinga Zanga. Il s’agit du plus grand centre de vaccination de l’ouest héraultais. 

Ce centre aménagé selon les recommandations de l’ARS, est en mesure de vacciner 4.000 personnes par semaine. Les quatre premières semaines, 900 injections par semaine ont été réalisées (1.200 vaccinations hebdomadaires depuis le 15 février). Mais dés le mois de mars, le centre devrait monter en puissance. L’Agence Régionale de Santé (ARS) aurait annoncé des dotations de vaccins supplémentaires.

Sur les six premiers mois de l’année, l’estimation des frais avancés est chiffrée à 1,3 millions d’euros par Robert Ménard. Le maire et président de l’agglomération de Béziers attend des garanties de prise en charge.  

''Il n’est pas le seul élu dans le département à s’interroger'' précise le président de l’AMF dans l’Hérault, Frédéric Roig (ancien parlementaire et maire de Pégairolles-de-l'Escalette depuis 2001). 

Nous n’avons aucune garantie du gouvernement à ce jour

"L'inquiétude financière des élus est légitime" dixit Frédéric Roig.

L'attente des élus est prise en compte. Nous aurons une réponse dans les prochaines semaines du Gouvernement sur la possibilité de prendre en charge ou pas, en partie ou la totalité de ces frais de fonctionnement.

"Les collectivités doivent évidemment faire des efforts. Mais il est bien difficile pour elles de supporter l’ensemble des frais avancés. Cette inquiétude, ici ou ailleurs, est légitime d’autant que les communes ont déjà fait des efforts importants depuis un an. Aménagement des écoles avec la mise en place des protocoles sanitaires ou encore la distribution des masques gratuits."

Récemment (le 16 février) la députée de la 6e circonscription de l’Hérault, Emmanuelle Ménard a écrit à Olivier Véran, le ministre de la Santé pour connaitre la position du gouvernement à ce sujet. 

"Depuis une quinzaine de jours, des circulaires ministérielles sont parues pour indiquer aux centres hospitaliers et cliniques de quelle manière l’État allait prendre en charge une partie des frais de gestion générés. Il n’en est rien pour les communes. Elles n’ont reçu aucune information officielle sur les modalités de prise en charge de l’État."

"Ces frais sont lourds pour les collectivités. Si elles n'ont pas de compensation, les budgets seront plombés.

"Des communes vont se retrouver en difficulté pour mener à bien des projet, car l'enveloppe n'a pas été provisionnée."

À ce jour, la députée Emmanuelle Ménard n'a reçu aucun retour du ministre de la Santé.

Emmanuelle Ménard, députée de la 6e circonscription de l'Hérault
Emmanuelle Ménard, députée de la 6e circonscription de l'Hérault © Radio France - Stéfane Pocher

Qu’attendez-vous du Gouvernement ? 

J’attends que l’État prenne en charge les coûts de fonctionnement supportés par les collectivités. C'est quelque chose qui est assez lourd pour une commune. Je connais, évidemment celui de la ville de Béziers, installé dans la salle de spectacle Zinga Zanga. Il s’agit du plus gros centre de vaccination de l’ouest héraultait. Il est capable de vacciner 4.000 personnes par semaine. En réalité, 4000 personnes par semaine parce qu'on n'a pas les doses, mais on est capable de faire plus.

Avec l’arrivée de nouveaux vaccins l’activité va prendre de l’ampleur ?

Oui ça devrait monter crescendo. Mais en réalité, ce n’est pas si évident que ça. On a su ce mardi qu'on recevrait 460 doses de vaccins supplémentaires la semaine prochaine pour pouvoir faire des primo injections. Parce que pour l'instant, en fait, on se contente de faire des secondes injections à ceux qui ont déjà reçu la première. Ces vaccins supplémentaires la semaine prochaine, c'est une bonne nouvelle, mais ce n'est pas suffisant. Ce n'est pas suffisant pour vacciner tout le monde.

Ce centre de vaccination est géré par la commune  de Béziers. Il revient à 49.000 euros par semaine. Il est prévu de vacciner pour l'instant jusqu'en juillet prochain. Ça va faire un coût phénoménal. Plus d'1,3 millions d'euros. C’est colossal.  Et si on devait vacciner au-delà ? Il y a des promesses verbales qui ont été faites par le préfet. Mais il n'y a rien de concrétisé. Et quand on a des réunions téléphoniques avec lui, il réitère ses promesses et à l’ARS.

Le fait que l'Agence régionale de santé le fait aussi en disant ne vous inquiétez pas, ça va être remboursé, ça va être pris en charge par l'État. Sauf que pour le moment, il n’y a aucun calendrier. C’est pour cette raison que j'ai écrit à Olivier Véran, le ministre de la Santé, pour lui demander une confirmation écrite. Vous imaginez bien que 1,3 millions d’euros, cela va impacter le budget de la commune. Ce n'est pas du tout anodin. Si on n'a pas de compensation financière, ça va nous empêcher de faire d'autres choses par ailleurs.

Vous n'êtes pas la seule à réagir, dans l’Hérault, et en France. Vous attendez plus de transparence ? Un engagement clair de l'État ?   

Oui ce n’est pas très clair. On a eu des assurances encore une fois du directeur de l'Agence régionale de santé. Des assurances du préfet qui dit qu'il y aura une prise en charge. Mais il n’y a rien d’écrit. Nous avons besoin de précisions parce qu’on ne sait pas si la prise en charge sera totale, partielle ou si, en réalité, comme on a aucune assurance écrite, comme c'est déjà arrivé pour d'autres cas, d'autres situations, si au bout d'un moment, on va finalement nous dire que l'effort financier est supporté par la commune.

Rien ne dit que nous ne devrons pas continuer cette campagne de vaccination après l’été. J'espère que si on doit le faire, on pourra le faire. Mais 1,3 millions d'euros à débloquer, c’est conséquent. Si on doit les prendre en charge, il faut qu'on puisse les compenser par d'autres recettes ou par une absence de dépenses dans d'autres domaines. Mais il faut qu'on puisse prévoir, l'anticiper.

Ce n'est pas très clair pour les collectivités. En revanche, pour les centres hospitaliers et les cliniques, des circulaires ministérielles ont déjà été publiées ?

Tout à fait. Mais c'est ce qui nous inquiète en réalité. Pourquoi cet engagement pour les hôpitaux et les cliniques, et pourquoi ce manque de clarté pour les communes ? Ce n’est pas clair. Et quand ce n'est pas clair, pas tranché, vous le savez bien, cela signifie qu’il y a aussi des arbitrages budgétaires. Mais nous, on ne veut pas être les perdants de ces arbitrages. Hors de question. Parce que ce n'est pas aux communes de supporter quelque chose qui revient normalement à la charge de l'État.

Les collectivités ne doivent-elles pas faire aussi un effort ?

Mais les collectivités font déjà des efforts dans tous les domaines : pour aller chercher les personnes âgées qui ne sont pas mobiles par exemple, pour les amener se faire vacciner. C’est un coût aussi pour nous, la fourniture des masques, la fourniture des tests et donc on est mis à contribution au niveau de la commune en permanence. Nous avons aussi mis en place les protocoles sanitaire dans les écoles. 

Nous n’avons pas attendu les instructions de l'Éducation nationale pour le faire l'année dernière, au moment de la réouverture des écoles. On ne voulait pas que la santé de nos enfants ou la santé du personnel éducatif soit mise en danger. Donc, on l'a fait et on n'a pas demandé à être remboursé. Après, il y a des prises en charges qui viennent a postériori, permettant de rembourser certains frais engagés par les communes. Mais là, pour les centres de vaccination, on n'a aucune.

Comment avez-vous déterminé ces 1,3 millions d’euros de budget de fonctionnement ? 

Il faut le décomposer en différents coûts. Il y a d'abord, effectivement, le coût de la structure d'accueil. C'est une salle de spectacle qui a été mise à disposition. D'abord, elle est très grande. Il y a des parkings à disposition autour. Mais après, il y a le personnel de santé qui fait les vaccinations. Mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi le personnel qui accueille. Les agents sont mis à disposition par la commune. Il y a tout le matériel  aménagé dans cette salle de spectacle.

Vous savez, il faut des petits box pour pouvoir vacciner. Ce matériel a été mis à disposition par la commune. Et puis il y a la sécurité du centre de vaccination. La sécurité pour les gens qui viennent se faire vacciner. Y compris  la surveillance des doses de vaccins. Tout ça est pris en charge par la commune. Vous additionnez tous les postes (j'en ai peut être oublié), nous atteignons les 49.000 euros par semaine. Ce n'est pas anodin.

Si demain le gouvernement ne prend pas en charge ces dépenses ? 

On va se retrouver en difficulté. On n'arrêtera pas pour autant de vacciner. Nous ne sommes pas complètement inconscients et irresponsables. On veut pouvoir vacciner le maximum de population de Béziers et des alentours. C'est pour cela qu'on demande une réponse claire et rapide. Cela nécessiterait une anticipation pour nous.

Parce que vous imaginez bien que ce coût de 1,3 millions d’euros jusqu'en juillet, qui n'a pas été budgété, il va bien falloir qu'on le trouve ailleurs. Ça veut dire faire des arbitrages budgétaires et couper dans d'autres budgets.

D'autres projets pourraient être impactés ?

Evidemment. Il y a certaines dépenses qu'on ne fait pas actuellement ou qu'on fait à moindres frais. Parce que, évidemment, toute l'activité culturelle de la ville est arrêtée tant qu'on n'a pas le droit de reprendre tout ce qui est théâtre, concerts, spectacles et tout ça. Donc, effectivement, ça fait des coûts en moins pour la Ville. Mais il faut absolument qu'on puisse anticiper. Nous, ce qu'on demande, c'est de l'anticipation.

C'est malheureusement ce qui fait le plus cruellement défaut au gouvernement. On l’a vu dans d’autres situations depuis le début de cette crise sanitaire. Et nous, on ne veut pas que ça puisse nous impacter de façon négative. Donc, on demande une anticipation. Il faut qu'on puisse se retourner assez vite sans plomber, si j'ose dire, le budget de la Ville.

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