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Covid-19 : le dépistage massif au Havre, un flop ?

Depuis lundi, les 270.000 habitants de la communauté urbaine du Havre sont invités à se faire massivement dépister afin de mieux comprendre l'épidémie de coronavirus et de mieux tracer les cas positifs. Mais aussi bien dans les centres que dans les entreprises, le dispositif semble faire un flop.

Peu de monde au Magic Mirrors, salle de spectacle du Havre transformée en centre de dépistage massif du Covid-19
Peu de monde au Magic Mirrors, salle de spectacle du Havre transformée en centre de dépistage massif du Covid-19 © Radio France - Amélie Bonté

Il n'y a pas foule au dépistage massif contre le Covid-19 au Havre. L'opération de grande ampleur a commencé lundi, avec la visite d'Olivier Véran, le ministre de la Santé. Une cinquantaine de sites est accessible aux 270.000 habitants de la communauté urbaine. Le dépistage massif se veut plus rapide, avec tests et prélèvements sur place et innovant avec un traçage immédiat des cas positifs et des possibilités d'accompagnement pour l'isolement. Depuis lundi 12.385 personnes se sont fait tester (chiffres communiqués par l'ARS jeudi) avec 162 cas positifs. En nombre de tests, c'est mieux que d'habitude d'après l'Agence Régionale de Santé (ARS) car cela représente l'équivalent de trois semaines de tests sur le territoire. En revanche, c'est peu rapporté à la population, seulement entre 4 et 5% de personnes testées.

Le Magic Mirrors, un centre de dépistage un peu confidentiel

ECOUTEZ Le reportage d'Amélie Bonté au Magic Mirrors transformé en centre de dépistage

Pour savoir que le Magic Mirrors est un centre de dépistage, il faut s'être bien renseigné. Depuis lundi, la salle de spectacle est utilisée pour l'opération de dépistage massif du coronavirus. Mais en passant devant, on a l'impression que le lieu est fermé... l'affiche "point de test covid" n'est pas très visible, d'ailleurs les étudiants-infirmiers ont mis dans la semaine un drap noir avec inscrit en blanc en énorme dessus "Test Covid", le tout accroché aux grilles. Thierry et Valérie, 55 ans tous les deux, attendent leur résultats :

On ne connaissait pas le Magic Mirrors, c'était l'occasion de voir et on faisait des courses juste à côté

Pas grand monde en effet, entre 110 et 140 personnes par jour ici, dans un centre à l'atmosphère, calfeutrée, avec de la musique, plus agréable qu'un gymnase. Mais autre souci pour les Havrais : "On ne peut pas se stationner ici !" raconte Thierry, qui avoue s'être très mal garé pour se faire dépister. Au bout de 15 minutes, le test est négatif pour Thierry ainsi que pour sa femme Valérie : "Super ! c'est rassurant", dit-il avant de quitter la salle de spectacle. 

L'accès au Magic Mirrors pour se faire dépister n'est pas pratique d'après certains Havrais et mal indiqué
L'accès au Magic Mirrors pour se faire dépister n'est pas pratique d'après certains Havrais et mal indiqué © Radio France - Amélie Bonté

La protection civile gère ce centre, Léo Janin, chargé de communication explique que la population qui vient se faire tester est assez diversifiée : 

On a des bureaux à proximité donc un pic sur le midi et les ambassadeurs-santé vont prospecter sur le centre commercial pour informer qu'on peut venir se faire tester ici"

Une population manque cependant à l'appel au Magic Mirrors, ce sont les étudiants... pourtant le lieu est au cœur du campus des Docks mais beaucoup n'ont pas cours en présentiel et donc ne sont pas sur place.

Ici comme dans d'autres centres de dépistages, une partie des 240 élèves-infirmiers aident pour les prélèvements et le traçage des cas contacts
Ici comme dans d'autres centres de dépistages, une partie des 240 élèves-infirmiers aident pour les prélèvements et le traçage des cas contacts © Radio France - Amélie Bonté

Une seule grande entreprise participe au dépistage massif

Dès la communication de cette opération de dépistage massif, les autorités annonçaient la participation de grandes entreprises du bassin Havrais. Sur la zone industrialo-portuaire du Havre on compte 1.200 entreprises, alors qu'en est-il exactement ? 

Il y a quatre grosses entreprises privées, avec un service de santé sur place. Total, 1.500 employés, fait savoir qu'elle ne participe pas. L'usine Renault Sandouville, 1.200 employés, invite ses salariés à se faire tester dans la cinquantaine de lieux prévus par l'opération. Chez Chevron, 700 salariés, pas de tests non plus. Pourquoi ? Parce que d'après les médecins du travail de ces entreprises, proposer des tests aurait été plus risqué pour les salariés. En fait avec les quarts, certains employés ne se croisent jamais... Or des dépistages massifs dans les entreprises auraient créé des brassages de populations et donc potentiellement des contaminations. 

Seule Safran, 1.700 salariés, a accepté. C'est d'ailleurs là que le ministre de la Santé Olivier Véran s'est rendu lundi, avec caméras et micros lors du démarrage de cette campagne de dépistage massif. Mais sur ces 1.700 salariés, très peu sont sur place. Certains sont en télétravail et la grande majorité est au chômage partiel de longue durée car l'activité de l'aéronautique est à l'arrêt. Ces quatre plus grosses entreprises de la zone industrielle du Havre réfléchissent néanmoins à proposer un dépistage, en janvier, après les fêtes.

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