Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Covid-19 : les Poitevins sont-ils prêts à accepter un troisième confinement ?

-
Par , France Bleu Poitou

Alors que dans certains pays, les mesures anti-covid: couvre-feu et confinement suscitent de véritables émeutes, en France, le ras-le-bol commence à se faire sentir. Dans le Poitou aussi, les Poitevins ont le moral en berne. Certains sont résignés à un reconfinement, d'autres rejettent l'idée.

A Poitiers, les Poitevins ne sont pas tous prêts à un troisième reconfinement (photo d'illustration)
A Poitiers, les Poitevins ne sont pas tous prêts à un troisième reconfinement (photo d'illustration) © Radio France - Isabelle Rivière

Les Poitevins ne sont pas tous prêts à subir un troisième confinement. Bien que l'Exécutif attende encore la fin des deux semaines d'expérimentation pour se prononcer, le couvre-feu à 18 heures ne semble pas porter ses fruits. Les chiffres de l'épidémie de coronavirus continuent de grimper. Ce qui fait penser que les autorités vont prendre des mesures plus strictes. Le gouvernement prévoit des annonces pour la fin de semaine, Et même si le mot n'est pas prononcé, la plupart des Français s'attendent à un troisième confinement, mais tout le monde n'est pas prêt. Dans le Poitou, certains habitants en ont assez de faire des efforts.

Le confinement, une mesure inique 

Alicia habite à Poitiers, elle travaille dans le milieu du service à la personne et elle le dit, le confinement, elle est contre. Parce qu'elle n'y croit plus, tout simplement. 

"On a déjà testé le confinement deux fois, et ça n'a pas marché. Ca dure deux mois, les chiffres s'améliorent, on déconfine et hop, il faut tout recommencer"

Cette jeune maman en a assez du "stop-and-go", du confinement-déconfinement. Et puis, ce qui est "intolérable" pour elle, c'est cette iniquité. Elle ne comprend pas pourquoi on ferme les restaurants où l'on peut manger à deux à une table alors que devant les magasins, les files d'attente s'allongent les jours de soldes. La Poitevine a peur pour l'économie, peur pour ses enfants scolarisés, peur pour son travail, mais pour elle, le confinement n'est pas une solution. 

Prête à descendre dans la rue 

Sur la place du Maréchal Leclerc, au pied de la mairie de Poitiers, une future tatoueuse et une étudiante en 3e année de psycho, colocataires sur le plateau, boivent un café à emporter, assises sur un banc.

La première en a assez de cette "dictature", elle fait le signe des guillemets avec ses doigts qui pénalise toute une jeunesse. Elle admire le restaurateur niçois qui a ouvert envers et contre les interdictions liées au covid, car elle imagine "ce que ça fait d'être obligé de faire la quête devant son propre restaurant pour récupérer de l'argent et payer ses traites". Un peu provoc mais pas frondeuse, la jeune pictave, 20-25 ans, dit qu'elle respectera le confinement mais qu'elle n'est pas d'accord et que si demain, il y a une manifestation pour pousser un "coup de gueule", elle sera la première à y aller, car "on n'en peut plus, on veut vivre", ponctue-t-elle. 

La deuxième gardait des enfants. C'était son job d'étudiante pour payer ses études. Mais avec le confinement, ses patrons, des restaurateurs, gardent leurs enfants eux-mêmes. Elle n'a plus de petit boulot donc, et ses cours, c'est en distanciel qu'elle les suit. Alors, un troisième confinement, non, elle n'en veut pas. 

"Moi, si je dois sortir, je sortirai"

Un peu plus loin, un groupe de cinq jeunes. Ils ont entre 17 et 20 ans. "En vrai madame, avec le couvre-feu, ça fait longtemps que j'ai pas vu mes potes. Je ressors là, mais ça faisait longtemps que j'étais pas venu ici en ville", explique l'un d'eux, étudiant.Le confinement, il est prêt à le respecter, à condition que ça ne dure pas jusqu'à cet été. A coté, son copain, plus jeune lui, n'est pas d'accord. 

Moi, rien à faire du confinement. Si j'ai une soirée, j'irai. Si je dois sortir, je sortirai. 

La jeune femme qui les accompagne, elle, a déjà eu une amende pour être sortie après le couvre-feu. Elle rentrait du travail et n'avait pas d'attestation sur elle. 135 euros.

"T'as vu ce qu'il s'est passé aux Pays-Bas ?"

Rue Magenta, trois jeunes adultes pressés. L'un d'eux aussi a déjà écopé d'une amende pour rupture du couvre feu. Il interpelle son ami. "T'as vu ce qu'il s'est passé aux Pays-Bas ?"

Là-bas, gros, ils ont voulu mettre un couvre feu et c'est parti en live. nous en France, on est hyper dociles.

Son copain tempère "Y a quand même eu la révolution, chez nous..." Le confinement, ils le respecteront mais cela ne les emballe pas. Avec le couvre-feu, ils ont déjà l'impression de ne plus avoir de vie : travailler et rentrer aussitôt. Avec le confinement qu'est ce que ce sera ?

Les seniors, coupés de tout

Pour les seniors, ce n'est guère mieux. Cette retraitée de 62 ans, trouve le ras-le-bol palpable autour d'elle. Et ça touche tous les types d'âge, explique-t-elle. 

Pour les gens de mon âge, il faut bien comprendre qu'on n'a plus de vie sociale puisque toutes les associations sont arrêtées. Les séniors, on est coupés de tout !

A Poitiers, comme ailleurs en France, on se prépare à un troisième confinement. Mais beaucoup de Poitevins ne croient plus en son efficacité. Beaucoup sont fatigués des efforts demandés depuis plusieurs mois sans succès. Et à mesure que la courbe des contaminations augmente, le moral des Poitevins, lui, baisse. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess